Cont­rôle tech­nique, centres sous ten­sion

Le Berry Républicain - - La Une - Ber­trand Phi­lippe ber­trand.phi­lippe@cen­tre­france.com

CONTRÔLES. Le nou­veau cont­rôle tech­nique, qui im­po­se­ra no­tam­ment un plus grand nombre de points d’ins­pec­tion, en­tre­ra en vi­gueur le 20 mai.

CHER. Les centres spé­cia­li­sés du Cher sont dé­bor­dés par les nom­breux clients qui sou­haitent pro­fi­ter de l’an­cien cont­rôle, moins contrai­gnant.

À par­tir du di­manche 20 mai, le cont­rôle tech­nique des voi­tures change de for­mule : da­van­tage de points de cont­rôle, contre-vi­sites à faire plus ra­pi­de­ment, coûts plus élevés. Pour ten­ter d’échap­per à la nou­velle ver­sion, les au­to­mo­bi­listes se ruent sur les centres de cont­rôle.

«Les gens veulent des ren­dez­vous qu’on ne peut leur don­ner. Alors ils laissent leur voi­ture dans la cour pour qu’on s’en oc­cupe s’il y a une dé­fec­tion. »

Au centre de cont­rôle tech­nique du bou­le­vard de Ju­ran­ville, à Bourges, Syl­vain tra­duit ce que l’on en­tend dans un peu tous les centres de cont­rôle tech­nique in­ter­ro­gés.

De­puis près d’un mois par­fois, le té­lé­phone n’ar­rête pas de son­ner, des au­to­mo­bi­listes in­quiets veulent des ren­dez­vous le plus vite pos­sible, cer­tains mettent même la pres­sion… alors que les professionnels ne peuvent tra­vailler plus vite que d’ha­bi­tude.

« Un ren­dez-vous pour de­main ? »

Chose éton­nante, la dy­na­mique ini­tiée par l’évo­lu­tion du cont­rôle tech­nique semble ne plus pou­voir s’ar­rê­ter : que les ren­dez­vous soient de­man­dés avant le 20 mai, on peut com­prendre, mais qu’il soit dif­fi­cile d’ob­te­nir un ren­dez­vous la se­maine sui­vante est sur­pre­nant.

Au centre de cont­rôle tech­nique de la rue Jean­Baf­fier à Bourges, Ma­rie Li­ger joue à la fois sur le mode de la ra­pi­di­té et de la course de fond. Lui de­man­der un ren­dez­vous pour au­jourd’hui ou pour de­main lui fait le­ver les yeux au ciel… La jeune femme a eu tel­le­ment de de­mandes ces der­niers temps qu’elle ne peut croire à une plaisanterie.

Pour­tant, c’en est une, qui fait sou­rire Syl­vain Du­touya, qui cu­mule les fonc­tions de di­rec­teur de ce centre de cont­rôle et de l’Au­to­mo­bile club du Centre (lire par ailleurs).

Ce­lui­ci pré­cise que le nou­veau cont­rôle tech­nique se­ra un peu plus cher (80 eu­ros au lieu de 70 en­vi­rons) et plus long (une qua­ran­taine de mi­nutes au lieu d’une tren­taine). Mais, ajoute­t­il, « les contrô­leurs de­viennent des ana­ly­seurs du cont­rôle et de la sécurité. Il y au­ra beau­coup plus d’ana­lyses, donc nous re­cru­te­rons des jeunes plus qua­li­fiés, ce qui va­lo­ri­se­ra ce mé­tier ».

« Ce cont­rôle, c’est d’abord une meilleure sécurité »

« Notre po­si­tion, sou­ligne Jean­Pierre Ar­man­det, pré­sident de l’ACC, c’est que ce nou­veau cont­rôle est d’abord une condi­tion de meilleure sécurité. C’est la base. Dé­sor­mais, le pro­prié­taire d’une voi­ture au­ra par­fois seule­ment une seule jour­née pour cor­ri­ger un dé­faut. »

C’est évi­dem­ment la raison pour la­quelle les au­to­mo­bi­listes se sont rués sur les centres de cont­rôle avant le 20 mai. Et « c’est ef­fec­ti­ve­ment dif­fi­cile, re­con­naît Syl­vain Du­touya, car on ne peut pas sa­tis­faire tout le monde. Les heures ne sont pas ex­ten­sibles. Et, de­puis le mois de mars, on a entre un mois et un mois et de­mi d’avance. Mais j’ai en­vie de dire aux au­to­mo­bi­listes de ne pas pa­ni­quer : ce nou­veau cont­rôle, c’est une conti­nui­té de ce qui exis­tait et qui est juste plus pré­cis. »

PHO­TO PIERRICK DELOBELLE

PHO­TO PIERRICK DELOBELLE

CONT­RÔLE. Ma­rie Li­ger, spé­cia­liste d’un mé­tier qu’elle exerce de­puis dix-sept ans.

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