Cinq pages pour dé­jà pen­ser au week-end

Le Berry Républicain - - La Une - Oli­vier Cey­rac re­dac­tion.ber­ry@cen­tre­france.com Pra­tique.

Le ré­per­toire de Billie Ho­li­day va ré­son­ner le mer­cre­di 23 mai sur la scène du théâtre Jacques-Coeur. Une soi­rée hom­mage in­ter­pré­tée par la chan­teuse Do­mi­nique Ma­gloire et le quar­tet du saxo­pho­niste Mi­chel Pastre.

Le théâtre Jacques­Coeur plon­ge­ra mer­cre­di soir dans une am­biance amé­ri­caine an­nées 50. Un quar­tet, em­me­né par le saxo­pho­niste Mi­chel Pastre, ac­com­pa­gne­ra la voix en­voû­tante de la chan­teuse Do­mi­nique Ma­gloire.

Pas­sée par le chant ly­rique et la co­mé­die mu­si­cale, la chan­teuse an­tillaise a sou­hai­té en­trer dans le ré­per­toire de Billie Ho­li­day. « Je l’écoute de­puis que j’ai 13­14 ans. Je me laisse tou­jours en­voû­ter par la sen­si­bi­li­té de ses textes et la tes­si­ture de sa voix douce », ex­plique l’ar­tiste.

Un spec­tacle ro­dé aux re­pré­sen­ta­tions tou­jours dif­fé­rentes

Le spec­tacle pré­sen­té ce mer­cre­di tourne de­puis plu­sieurs an­nées, « mais il change à chaque re­pré­sen­ta­tion. Tout sim­ple­ment parce que nous vi­vons tous au quo­ti­dien des évé­ne­ments plus ou moins im­por­tants. Ce­la fait que, mu­si­ciens ou chan­teurs, nous of­frons des in­ter­pré­ta­tions plus ou moins dif­fé­rentes. Le jazz étant aus­si l’art de l’im­pro­vi­sa­tion, les concerts ne sont ja­mais les mêmes », as­sure la chan­teuse.

Pas­sée un temps par un concours d’une émis­sion de té­lé­vi­sion, elle garde à l’es­prit d’em­por­ter dans son uni­vers un maxi­mum de pu­blic. « Pen­dant des an­nées, j’ai pu chan­ter de la va­rié­té. Le jazz peut par­fois être dif­fi­cile. Sur­tout lorsque c’est en an­glais, mais, tout au long du concert, nous ex­pli­quons les thèmes abor­dés ».

Des chants com­bat­tant la peur de la dif­fé­rence

Par­mi ces thèmes, il y a la sé­gré­ga­tion contre les Afro­Amé­ri­cains dans les an­nées 50. « Cette peur de l’autre, ces peurs de la dif­fé­rence alors que nous sommes tous des hu­mains, se pour­suit tou­jours au­jourd’hui au quo­ti­dien, re­lève Do­mi­nique Ma­gloire. Que ce soit la peur d’une cou­leur de peau, d’une culture d’un autre pays ou d’une dif­fé­rence phy­sique, ce­la reste des gens qui sont, par cer­ tains, mon­trés du doigt et de fait ex­clus. »

Cet hom­mage à Billie Ho­li­day se construit de­puis plu­sieurs mois. « Nous avons en­re­gis­tré l’al­bum en 2015 avec Mi­chel Pastre. De­puis, nous ne ces­sons de ré­pé­ter chaque mois, avec de nou­veaux ar­ran­ge­ments, afin d’amé­lio­rer, de per­fec­tion­ner le spec­tacle et de pro­fi­ter de la poésie de Billie », in­siste Do­mi­nique Ma­gloire.

Parce que le télé­cro­chet – ce­lui où les chaises des ju­rés se re­tournent – a ame­né un autre pu­blic au concert. « Il ne faut pas croire que le jazz n’est des­ti­ né qu’à un cer­tain pu­blic. Au contraire, c’est une mu­sique ou­verte à tous. Ce que j’aime par­des­sus tout, c’est le mé­lange. Dans le pu­blic, il peut y avoir de grands ama­teurs de rap as­sis à cô­té de fins connais­seurs de jazz. Ça, j’adore ! Et c’est ce qu’offre le jazz. Et puis je ne suis et ne se­rai ja­mais Billie Ho­li­day. Par contre, je peux in­ter­pré­ter son ré­per­toire avec mes tripes. C’est là qu’est la dif­fé­rence.»

è Hom­mage à Billie Ho­li­day, mer­cre­di 23 mai, à 20 h 30, au théâtre Jacques-Coeur de Bourges. Ré­ser­va­tions au 02.48.20.86.05.

PHO­TO WILLIAM LET

CHAN­TEUSE. Do­mi­nique Ma­gloire in­ter­prète sur scène l’oeuvre de Billie Ho­li­day.

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