Mau­viel lance un show-room

De jeunes ar­ti­sans d’art se sont ré­cem­ment ins­tal­lés à Avranches. Mo­ti­vés, ils font tout pour vivre de leur pas­sion.

Le Bocage Libre - - La Une - Nicolas Tho­mas

Mau­viel 1830 ouvre un show-room et pro­pose des cours de cui­sine ! Dans ses ate­liers de Ville­dieu-les-poêles, vous ap­pren­drez à cui­si­ner avec des us­ten­siles d’ex­cep­tion. Le sa­voir-faire sé­cu­laire de Mau­viel est ré­cla­mé

jus­qu’à l’Ely­sée !

Al’image de leur tra­vail, les ar­ti­sans d’art doivent être pa­tients avant de per­cer et vivre de leur pas­sion. Leur ré­pu­ta­tion et leur clien­tèle se forgent au fil des ans. Un tra­vail au long cours qu’ont en­ta­mé à Avranches deux jeunes ins­tal­lés en ville de­puis neuf mois. Guillaume Quen­tin, 30 ans, an­cien in­gé­nieur, chef de pro­jet chez Té­tra Pac, s’est re­con­ver­ti comme fac­teur d’ins­tru­ments de mu­sique à vent. Dans sa bou­tique de la rue des Trois-Rois, il re­donne vie aux saxo­phones et cla­ri­nettes de ses clients, mu­si­ciens ama­teurs ou pro­fes­sion­nels. L’ar­ri­vée de l’été est pour cet ar­ti­san d’art sy­no­nyme de haute sai­son. “C’est la fin des cours et je re­çois les ins­tru­ments des écoles de mu­sique à ré­vi­ser.” Se­lon lui, le dé­ve­lop­pe­ment de son ac­ti­vi­té est lié au bouche-à-oreille. “Les mu­si­ciens doivent avoir confiance quand ils vous dé­posent un ins­tru­ment.” La fausse note, et c’est une ré­pu­ta­tion qui prend un coup. Pas le droit à l’er­reur.

“Je ne dé­ga­ge­rai pas de sa­laire cette an­née”

Guillaume Quen­tin a choi­si d’avoir pi­gnon sur rue. “Comme je fais aus­si de la vente d’ac­ces­soires et d’ins­tru­ments d’oc­ca­sion, il me fal­lait une de­van­ture. Et puis tra­vailler à la vue du pu­blic est un moyen de me faire connaître.” Cette ins- tal­la­tion a été pos­sible grâce à un prêt d’hon­neur de la pla­te­forme Ini­ti­tiave Pays de la Baie, as­so­cia­tion qui épaule les en­tre­pre­neurs en herbe du sud-Manche. “Sans cette aide, je pense que j’au­rais débuté mon ac­ti­vi­té à do­mi­cile.” Cette an­née, le jeune ar­ti­san ne se dé­ga­ge­ra pas de sa­laire et vi­vra sur ses fonds propres. “Il faut que je me fasse da­van­tage connaître, no­tam­ment dans la vente d’ac­ces­soires. De nom­breux clients ont pris l’ha­bi­tude d’ache­ter sur in­ter­net.”

“Un sa­lon par mois”

“Vues les charges que ça im­pli­quait, j’ai pré­fé­ré tra­vailler chez moi que d’ou­vrir une bou­tique.” Fan­ny Ca­la­buig, 32 ans, cé­ra­miste, est gui­dée par sa pas­sion de­puis son en­fance. Après avoir tra­vaillé comme sa­la­riée dans le sud de la France, elle s’est ins­tal­lée à Avranches, sa ville na­tale, pour vo­ler de ses propres ailes.

Dans sa mai­son rue de la Constitution, elle a amé­na­gé son ate­lier. “J’avais dé­jà des connais­sances dans la ré­gion avant de ve­nir et je dis­tri­buais mes créa­tions chez Mme Tu­moine à Vains-Saint-Léo­nard.” Fan­ny Ca­la­buig a pré­pa­ré très en amont son ins­tal­la­tion comme ar­ti­san d’art, en réa­li­sant des éco­no­mies et en cou­rant les Sa­lons des mé­tiers d’art. “J’ai dé­mar­ché de nom­breuses bou­tiques dont une à Pa­ris, ré­pu­tée, qui me per­met d’être ré­fé­ren­cée. Même si elle ne vend pas beau­coup, c’est une ex­cel­lente carte de vi­site.” Ré­seau­tage, sa­lons et dé­mar­chages sont les ma­melles des ar­ti­sans d’art qui sou­haitent vivre de leur pas­sion. Cette dé­bauche d’éner­gie conju­guée au tra­vail en ate­lier s’est ré­vé­lée payante pour Fan­ny Ca­la­buig qui après seule­ment neuf mois d’ins­tal­la­tion se dé­gage un sa­laire et peut s’of­frir quelques jours de va­cances. Un luxe ! Pré­sente de­puis douze ans à Avranches, dans son ate­lier place d’Es­tou­te­ville, la res­tau­ra­trice de cé­ra­mique Valérie Mo­rin-So­go­ba, 36 ans, est au­jourd’hui bien ins­tal­lée dans le pay­sage lo­cal des ar­ti­sans d’art. Fraî­che­ment adou­bée du titre de Maître Ar­ti­san d’Art, Valérie Mo­rin-So­go­ba voit des an­nées de tra­vail et de sa­voir-faire “re­con­nues

par ses pairs”. Seule res­tau­ra­trice de cé­ra­mique du dé­par­te­ment, l’ar­ti­san s’est at­ta­ché au fil des ans une clien­tèle fi­dèle lo­cale, na­tio­nale, voire in­ter­na­tio­nale. Son tour de main lui a éga­le­ment ou­vert les portes des mu­sées.

Guillaume Quen­tin est le der­nier ar­ti­san d’art ar­ri­vé à Avranches. Les cuivres sont sa par­tie.

Fan­ny Ca­la­buig crée ses propres cé­ra­miques dans son ate­lier si­tué à son do­mi­cile.

Valérie Mo­rin-So­go­ba re­met sur pied les cé­ra­miques. Elle s’est at­ta­ché

une clien­tèle fi­dèle lo­cale, na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale.

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