Mau­viel 1830 lance un sho­wroom et des cours de cui­sine

L’en­tre­prise qui étame les cas­se­roles de l’Ely­sée s’ouvre au pu­blic.

Le Bocage Libre - - Entreprises - Ca­mille Evan­ge­lis­ta

On a ou­vert une bou­tique il y a deux-trois ans, sans en faire vrai­ment la pu­bli­ci­té.” Mais les choses changent, et vite à Mau­viel 1830. Comme le prouve mois après mois Valérie Le Guern-Gil­bert, sep­tième gé­né­ra­tion à di­ri­ger l’en­tre­prise. De­vant le suc­cès de son en­tre­prise, elle dé­cide de lan­cer une mul­ti­tude de nou­veaux pro­jets.

“Bien cuire, bien man­ger, c’est édu­quer”

Fin juin 2018, elle a no­tam­ment inau­gu­ré un sho­wroom à l’en­trée de l’usine de Ville­dieu-les-Poêles. Un im­mense es­pace concen­tré autour d’un pia­no de deux mètres tout équi­pé en us­ten­siles Mau­viel avec une grande table pou­vant re­ce­voir une di­zaine de per­sonnes. In Si­tu 1830 c’est un lieu idéal pour par­ta­ger et échan­ger autour d’une même pas­sion : la cui­sine. Parce que l’am­bi­tion de Valérie Le GuernGil­bert, dont la marque est ré­pu­tée pour sa bonne qua­li­té, mais aus­si ses prix, c’est de s’ou­vrir à une clien­tèle plus large. Au-de­là des pro­fes­sion­nels de la cui­sine, la chef d’en­tre­prise sou­haite faire de Mau­viel, la marque d’us­ten­siles in­dis­pen­sables dans une cui­sine. Et ce­la passe par la for­ma­tion de ses clients. In Si­tu 1830 ac­cueille­ra donc la bou­tique, où les vi­si­teurs pour­ront ache­ter les pro­duits fa­bri­qués par Mau­viel dans l’usine qui se trouve de l’autre cô­té du mur. Mais éga­le­ment des ate­liers et des cours de cui­sine avec des chefs pro­fes­sion­nels, par­te­naires de l’en­tre­prise. “Parce que c’est im­por­tant que les gens ap­prennent à s’en ser­vir, nous tra­vaillons avec de nom­breux pro­fes­sion­nels, mais nous vou­lons aus­si res­ter ou­vert au pu­blic.” Tout ce­la s’ins­crit dans le pro­jet de Valérie Le Guern-Gil­bert, qu’elle ré­sume ain­si : “Bien fa­bri­quer, bien cuire, bien man­ger. C’est com­prendre la qua­li­té de nos pro­duits, qui n’a pas chan­gé de­puis 1830. Bien cuire et bien man­ger c’est édu­quer les gens. Par exemple, mettre une poêle à tem­pé­ra­ture avant de cuire une viande. Comment sa­voir que la poêle est à tem­pé­ra­ture ? Quand on jette de l’eau et que ce­la fait des gout­te­lettes au lieu de s’éva­po­rer.” Elle mise sur une iden­ti­té fran­çaise et la ten­dance ac­tuelle d’ap­prendre à re­con­naître les bons pro­duits et sa­voir bien les cui­si­ner. Sur ce point, Valérie Le Guern-Gil­bert a l’in­ten­tion d’agir sur les deux fronts. In Si­tu 1830 de­vrait ac­cueillir très ra­pi­de­ment des stands où des pro­duc­teurs pour­ront pro­po­ser leurs pro­duits à la vente. Lors de l’inau­gu­ra­tion on pou­vait ain­si dé­gus­ter les pro­duits du Fro­ma­ger de la Baie, de Gran­ville, de la Dis­tille­rie c’est nous, à Bret­te­ville-sur-Odon, de La Pe­tite Lau­ra, de Gran­ville aus­si ou en­core de La Marche aux bre­bis, de Hu­di­mes­nil. Pleine d’idées, Valérie Le Guern-Gil­bert confie éga­le­ment tra­vailler sur un pro­jet de pa­nier de fruits et lé­gumes. Le but est de va­lo­ri­ser les pro­duits de bonne qua­li­té “pas for­cé­ment lo­caux”. Etaient aus­si pré­sent la Con­fi­ture Pa­ri­sienne ou en­core le Cham­pagne Laurent Per­rier. Elle est éga­le­ment en dis­cus­sion avec la Ré­gion pour or­ga­ni­ser un évé­ne­ment autour de la Se­maine du Goût en oc­tobre. Mais tout est en­core en pro­jet. Pour le mo­ment, les ate­liers se font prin­ci­pa­le­ment sur pri­va­ti­sa­tion. Dès le mois de sep­tembre, le ca­len­drier des cours de cui­sine se­ra pu­blié et les vi­si­teurs pour­ront s’y inscrire.

Un sa­voir-faire

à l’hon­neur

Mau­viel ac­cueille dé­jà nombre d’en­tre­prises et de groupes pour des ate­liers, des sé­mi­naires ou des cock­tails, dî­ners et dé­jeu­ners tou­jours autour de ce thème : bien cui­si­ner et bien man­ger. Le tout dans un lieu em­prunt d’his­toire. Le jour de l’inau­gu­ra­tion Valérie Le Guern-Gil­bert le rap­pelle, plu­sieurs générations s’y sont suc­cé­dées et elle compte bien conti­nuer à le faire vivre. “Il se nour­ri­ra au fur et à me­sure des de­mandes, il doit évo­luer en per­ma­nence,” s’en­thou­sias­met-elle. Tout en main­te­nant la tra­di­tion. De­puis 1830, si les pro­grès tech­niques ont per­mis de fa­ci­li­ter cer­taines tâches de la fa­bri­ca­tion des us­ten­siles, les pro­duits Mau­viel sont tou­jours fa­bri­qués avec le sa­voir-faire d’ori­gine. C’est pour­quoi l’en­tre­prise mise beau­coup sur les vi­sites des ate­liers. Du­rant la pé­riode es­ti­vale, sur ré­ser­va­tion, des pe­tits groupes peuvent ain­si dé­cou­vrir la mé­thode Mau­viel pour pro­duire ces cas­se­roles et poêles d’ex­cep­tion. En im­mer­sion dans le lieu où sont pro­duites les cas­se­roles, les poêles, les pe­tits us­ten­siles, les vi­si­teurs ap­prennent ce qu’est le mé­tier de di­nan­de­rie ou l’im­por­tance de l’éta­mage, la par­ti­cu­la­ri­té du tra­vail du cuivre, très souple et mal­léable... La vi­site de l’usine per­met de suivre la fa­bri­ca­tion d’un pro­duit de­puis la feuille d’alu­mi­nium ou de cuivre qui est li­vré jus­qu’à son as­sem­blage fi­nal. Avec en bou­quet fi­nal, l’ap­po­si­tion du fa­meux sceau Mau­viel 1830, marque re­con­nais­sable dé­sor­mais par­tout dans le monde. “Une chambre d’hôte à Ville­dieu-les-Poêles a re­çu ré­cem­ment un couple d’Aus­tra­liens et la pre­mière chose qu’ils vou­laient ab­so­lu­ment faire c’était ve­nir à Mau­viel,” ra­conte ain­si Valérie Le Guern-Gil­bert. Le but est aus­si de faire com­prendre aux vi­si­teurs l’ex­cep­tion des pro­duits Mau­viel. “C’est vrai qu’en terme de prix on est dans du haut de gamme, mais il y a une rai­son, et c’est im­por­tant de l’ex­pli­quer aux clients,” ar­gu­mente Valérie Le Guern-Gil­bert. D’au­tant que ces mé­tiers d’artisanat sont en dan­ger. Alors que l’en­tre­prise conti­nue de fleu­rir, il de­vient dif­fi­cile pour Mau­viel d’em­bau­cher des per­sonnes qua­li­fiées.

C’est pour­quoi, elle s’est do­tée de sa propre école de for­ma­tion, en par­te­na­riat avec le ly­cée Pierre et Ma­rie Cu­rie de Saint-Lô. A Ville- dieu-les-Poêles, trois jeunes ont dé­jà été pris en charge par André Hu­bert, qui a ser­vi l’en­tre­prise fa­mi­liale pen­dant 42 ans et est au­jourd’hui à la re­traite. C’est lui qui en­seigne l’art de la di­nan­de­rie à ces trois jeunes. La trans­mis­sion de ce sa­voir-faire d’ex­cep­tion entre dans les va­leurs de l’en­tre­prise. Ain­si que la trans­mis­sion d’une pas­sion fa­mi­liale. D’ailleurs, Valérie Le Guern-Gil­bert pré­pare dé­jà sa suc­ces­sion puisque, comme elle l’a in­di­qué lors de l’inau­gu­ra­tion du sho­wroom, deux de ses en­fants s’im­pliquent dé­jà dans les af­faires.

Lors de l’inau­gu­ra­tion du sho­wroom In Si­tu 1830, les pro­duits Mau­viel sont à l’hon­neur.

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