Dé­cou­vrir les cu­rio­si­tés du can­ton

Grâce à une carte concoc­tée par l’of­fice de tou­risme, j’ai pu dé­cou­vrir quelques lieux aty­piques et mé­con­nus du Pays Brion­nais. Voi­ci mon pé­riple.

Le Courrier de l'Eure - - Brionne -

C’est une carte qui ap­pren­dra des choses à n’im­porte quel ha­bi­tant du Brion­nais, qu’il s’y soit ins­tal­lé il y a peu ou qu’il y a tou­jours vé­cu. Dis­tri­buée par l’of­fice de tou­risme, elle re­groupe des « cu­rio­si­tés » du can­ton : des lieux aty­piques, sou­vent rem­plis d’his­toire et de croyances. J’ai vou­lu vi­si­ter le Brion­nais à tra­vers ces élé­ments. J’en ai choi­si cinq, de l’« If Do­du » de Saint-Vic­tord’Epine aux Halles d’Har­court, en pas­sant par la sé­pul­ture d’un an­cien maire de Brionne. Je tra­ver­se­rai donc le Brion­nais d’Ouest en Est…

L’« If Do­du »

Mon pé­riple dé­bute à SaintVic­tor-d’Epine… En son ci­me­tière ! Lieu de dé­part peu com­mun, à l’image de la vi­site. Si je me re­trouve là, c’est pour un arbre très spé­cial : l’« If Do­du ». Cet if mil­lé­naire fait 11 mètres de cir­con­fé­rence ! Mais, pre­mière dé­cep­tion : le ci­me­tière est fer­mé. Sans doute une con­sé­quence de dé­gra­da­tions com­mises à l’in­té­rieur, comme c’est le cas dans beau­coup de com­munes. Heu­reu­se­ment, la grille me laisse aper­ce­voir l’arbre, à quelques mètres de moi. L’if est sou­vent plan­té dans les ci­me­tières car il sym­bo­lise, pour les ch­ré­tiens, la vie éter­nelle. Il est d’ailleurs connu pour sa lon­gé­vi­té. J’au­rais ai­mé m’en ap­pro­cher da­van­tage. Tant pis, d’autres tré­sors m’at­tendent !

Je re­monte dans ma voi­ture, tout en me fai­sant re­mar­quer que la ba­lade au­rait sans doute eu plus de charme à vé­lo. Mais, avec une bonne sta­tion de ra­dio, le voyage m’est tout aus­si agréable. Par la vitre, je dé­couvre le charme des pe­tits vil­lages nor­mands que je tra­verse. Je roule en di­rec­tion de Saint-Cyr-de-Salerne dé­sor­mais. Rue de l’église, se trouve une mai­son de cha­ri­té. Les cha­ri­tés étaient des re­grou­pe­ments de laïcs lors des épi­dé­mies de peste au Moyen-Âge. Ils pas­saient en­le­ver les corps dans les mai­sons. Ce­la se fai­sait par­ti­cu­liè­re­ment à l’ouest de l’Eure.

Mon GPS me fait sor­tir du vil­lage, ça m’in­quiète. Un homme pro­mène son chien le long des champs. Là, j’aper­çois une mai­son ty­pique au loin… Se­rait-ce ce que je cherche ? Eh non. La pe­tite mai­son se trouve fi­na­le­ment bien au coeur du vil­lage, au tout dé­but de la rue. Je me gare pour me ba­la­der un peu à pied. Le calme est com­plet. Plus loin, quelques vaches sont per­tur­bées par ma pré­sence. Je ne peux m’em­pê­cher de les prendre en pho­to !

Sé­pul­ture d’un an­cien maire de Brionne

Je prends en­suite la di­rec­tion de Brionne. La rue des Es­sarts est bor­dée par de pe­tites mai­sons, sou­vent très fleu­ries. De cette route, j’ai aus­si une belle vue sur la fo­rêt, en contre­bas. Je suis ve­nue sur cette route pour dé­cou­vrir la sé­pul­ture de Pierre-Vic­toire de Fré­mont des Es­sarts, maire de Brionne de 1825 à 1829. À son dé­cès en 1845, il a lé­gué sa for­tune et ses biens à la ville, per­met­tant de construire la pre­mière mai­son de re­traite de la ville. Au­jourd’hui, la sé­pul­ture est en­tre­te­nue par l’ac­tuelle mai­son de re­traite. Pro­blème : im­pos­sible de la trou­ver ! La route s’éten­dant sur en­vi­ron 2 ki­lo­mètres, je l’ai sans doute lou­pée à un mo­ment. Je re­pars tout de même avec la sa­tis­fac­tion d’avoir dé­cou­vert ce cha­leu­reux quar­tier.

Des halles du XIIIe siècle

Je re­trouve vite la cam­pagne en al­lant à Cal­le­ville pour dé­cou­vrir un nou­veau lieu rem­pli d’his­toire : l’église, bien sûr.

Sur le cô­té, on de­vine une an­cienne porte des­si­née dans le mur. Il s’agit de la porte du pa­ra­dis ou porte des morts : celle qu’em­prun­taient les corps pour re­joindre le ci­me­tière. Au­cune per­sonne vi­vante ne de­vait l’em­prun­ter.

Der­nière dé­cou­verte de mon pé­riple : les halles du XIIIe siècle, où se te­naient les mar­chés.

Au­jourd’hui, la mai­rie s’y trouve et beau­coup de fleurs viennent em­bel­lir l’édi­fice.

Les odeurs des res­tau­rants voi­sins m’ap­pellent… C’est l’heure de man­ger ! Même si j’au­rais aus­si ai­mé dé­cou­vrir d’autres cu­rio­si­tés, comme le pigeonnier d’Aclou, le ma­noir de Ber­thou­ville, ou en­core, la pièce d’échec géante de Bois­ney… Peut-être une pro­chaine fois !

La carte qui m’a ac­com­pa­gnée du­rant ces dé­cou­vertes. En bas, de gauche à droite : les Halles d’Har­court, l’« If Do­du » de SaintVic­tor-d’Epine, et des vaches, rencontrées non loin de la mai­son de cha­ri­té de Saint-Cyr-de-Salerne !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.