Il fil­mait les femmes PACY-SUR-EURE. dans les ca­bines de la pis­cine

Le Courrier de l'Eure - - Eure Tribunal -

Le 5 jan­vier 2017, dans sa ca­bine de la pis­cine de Pa­cy­sur-Eure, une femme est en train de se dé­vê­tir et en­tend un frô­le­ment qui at­ti­ra son re­gard vers le bas de la cloi­son du ves­tiaire. Elle sur­prit un ap­pa­reil pho­to (et vi­déo) qui cap­ture son in­ti­mi­té.

À l’autre bout de l’ob­jec­tif, un homme presque quin­qua­gé­naire, ac­tuel­le­ment do­mi­ci­lié à Saint-An­dré-de-l’Eure.

Re­je­té par sa com­pagne

L’alerte est don­née. Une quête est ou­verte contre l’homme. L’ex­plo­ra­tion de son or­di­na­teur ré­vèle alors de nom­breuses vic­times – quatre au moins – fil­mées à Pacy. Mais éga­le­ment dans leur in­ti­mi­té fa­mi­liale comme son amie, sa soeur ou… leur mère pié­gées dans la salle de bain, à Ber­nay. L’homme re­con­naî­tra ces dé­lits pour trois pé­riodes. D’avril à sep­tembre 2015, de mai à juillet 2016 puis de sep­tembre à no­vembre 2017.

La com­pagne du pré­ve­nu l’avait re­je­té après la dé­cou­verte de ces prises de vues in­dé­centes et « lo­cales » en igno­rant les « ex­té­rieurs ». Tou­te­fois, le couple était res­té long­temps en… co­lo­ca­tion. Jus­qu’au ma­riage de la com­pagne en 2017. Ja­mais ces pho­tos ou vi­déos prises par des trous de cloi­son (par exemple) n’avaient été dif­fu­sées. Tout était clas­sé dans des dos­siers.

Peur d’une dif­fu­sion sur la « toile »

À l’au­dience, quatre jeunes femmes dont son ex-amie at­tendent des ex­pli­ca­tions. Mais le pe­tit homme bar­bu, un peu en­ve­lop­pé, ne fait que se plaindre. Se­lon lui, les consul­ta­tions du psy­cho­logue et du psy­chiatre n’ont pas fait ef­fet. « Ce qui est fait est fait et je ne sais pas pour­quoi… » ré­pond-il aux in­ter­ro­ga­tions de la pré­si­dente et sans un re­gard pour les quatre jeunes femmes.

Lors des ex­per­tises, au­cun vé­ri­table trouble psy­cho­lo­gique n’a été prou­vé. Se­lon le mis en cause, « c’est juste du voyeu­risme, de l’ex­ci­ta­tion » .

L’avo­cate des quatre jeunes femmes sou­lève la crainte des vic­times. La crainte de se re­trou­ver sur In­ter­net. Au fi­nal, l’en­quête au­ra dé­mon­tré qu’il n’en était rien. « Mais le choc est tou­jours pré­sent » , as­sure Me Del­phine Ber­ge­ron-Du­rand.

évi­ter la ré­ité­ra­tion

« Il faut évi­ter la ré­ci­dive par un trai­te­ment de longue du­rée », lance la Pro­cu­reure de la Ré­pu­blique. Re­con­nais­sant l’an­cien­ne­té des faits de Ber­nay, la ma­gis­trate ad­met une re­laxe par­tielle pour les dé­lits com­mis de jan­vier 2010 à 2015. Elle re­quiert le sur­sis avec une longue mise à l’épreuve as­sor­ti de soins psy­cho­lo­giques et psy­chia­triques.

Me Na­dia Ba­li plaide que son client, in­ter­pel­lé par le di­rec­teur de la pis­cine, « n’a pas ter­gi­ver­sé. Il a avoué et col­la­bo­ré dans l’iden­ti­fi­ca­tion des vic- times. » L’avo­cate le dit in­ca­pable de « ré­pa­rer », car « il n’a tou­jours pas com­pris ce qu’il fait en cor­rec­tion­nelle. Tou­te­fois, il a réa­li­sé le risque de la ré­ité­ra­tion et tient à conser­ver un em­ploi avec 22 ans chez le même pa­tron. »

La peine de six mois de pri­son se­ra as­sor­tie du sur­sis et d’une mise à l’épreuve de trois ans avec les obli­ga­tions de soins de­man­dées au ré­qui­si­toire.

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