L’as­sis­tant et le ma­çon s’ex­pliquent

Le Courrier de l'Eure - - Bourgtheroulde - A.B.

Fré­dé­ric et Ma­ga­li Con­fais s’es­timent vic­times d’une es­cro­que­rie mise en oeuvre par des en­tre­pre­neurs peu scru­pu­leux et ap­pâ­tés par les li­qui­di­tés dont ils dis­po­saient. Ils s’in­ter­rogent no­tam­ment sur les liens entre l’as­sis­tant à la maî­trise d’ou­vrage et le ma­çon. Nous avons con­tac­té les deux.

L’as­sis­tant

Le pre­mier in­dique que son rôle consis­tait à « as­sis­ter » le couple. « Ils m’ont dé­crit leur pro­jet, ils ont com­man­dé des ma­té­riaux, ont choi­si des en­tre­prises. Moi j’étais là pour va­li­der, contrô­ler, par exemple en termes d’as­su­rance, et suivre le plan­ning. Ils étaient les maîtres d’oeuvre, car ils ré­glaient eux-mêmes les en­tre­prises, je ne fai­sais pas les vi­re­ments. »

Le couple af­firme que les plans éla­bo­rés par l’as­sis­tant n’étaient pas bons, que les de­vis étaient sous-es­ti­més et que de nom­breux do­cu­ments n’ont pas été trans­mis. Le tri­bu­nal de grande ins­tance d’Evreux a d’ailleurs condam­né l’in­di­vi­du en juin 2016 à four­nir aux Con­fais le pro­jet de consul­ta­tion des en­tre­prises, les ap­pels d’offres réa­li­sés, les plans d’éla­bo­ra­tion de la construc­tion, la comp­ta­bi­li­té in­té­grale des tra­vaux et la co­pie du per­mis de construire. « J’ai pré­sen­té plu­sieurs pro­jets » , as­sure-t-il. « Je leur ai pré­sen­té le ma­çon, mais ils ont choi­si le char­pen­tier et ils vou­laient s’oc­cu­per eux-mêmes de l’amé­na­ge­ment in­té­rieur » .

Se­lon lui, les Con­fais ont fait les choses « à l’envers » : « ils ont ache­té les me­nui­se­ries ex­té­rieures avant les tra­vaux, ils ont ré­glé des fac­tures avant que je puisse vé­ri­fier… » Pour ce qui est du chan­tier aban­don­né, « je n’avais plus à in­ter­ve­nir puisque mon contrat a été ré­si­lié » , dit-il. L’as­sis­tant à la maî­trise d’ou­vrage a en­suite fer­mé la so­cié­té dont il était le di­ri­geant.

Le ma­çon

Le ma­çon, quant à lui, in­dique qu’il n’était pas le gé­rant de la so­cié­té pour la­quelle il in­ter­ve­nait, qui a été pla­cée en li­qui­da­tion ju­di­ciaire peu de temps avant le pas­sage au tri­bu­nal. Il re­con­naît avoir en­cais­sé les vi­re­ments du couple Con­fais sur son compte per­son­nel. « C’est mon pa­tron qui a dé­ci­dé ça et je lui ai re­ver­sé l’ar­gent » , as­sure-t-il. Il en a fourni la preuve au tri­bu­nal.

Quant au dé­faut d’im­plan­ta­tion de la mai­son, dis­tante de 7 m de l’en­droit pré­vu, « c’est Mon­sieur Con­fais qui a pris la res­pon­sa­bi­li­té de la dé­pla­cer, à cause d’un arbre au­quel il ne fal­lait pas tou­cher. » « Ils ont exi­gé des bal­cons qui n’étaient pas pré­vus dans les plans » , ajoute-t-il. Et si la dalle de l’étage n’a pas été po­sée, « c’est parce que la poutre n’était pas as­sez so­lide » . « C’est de l’his­toire an­cienne cette af­faire » , conclut-il. Pas pour le couple Con­fais, qui at­tend tou­jours que sa mai­son soit ter­mi­née.

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