Af­faire Pla­ti­ni : il dé­fend son idole de jeu­nesse

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - L’ACTU DU DÉPARTEMENT - Pro­pos recueillis par N.G.

Par­mi ses faits d’armes, Tho­mas Clay a aus­si été con­seil de Mi­chel Pla­ti­ni de­vant le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS), ce qui l’a ex­po­sé mé­dia­ti­que­ment. Il a un avis tran­ché sur la ques­tion concer­nant ses dé­boires avec la FIFA, ce qui avait alors pous­sé l’an­cien joueur de la Ju­ven­tus et pré­sident de L’UEFA à re­non­cer à sa can­di­da­ture à la pré­si­dence de la fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Il dé­nonce avec sé­vé­ri­té une « pro­cé­dure à charge » contre le triple Bal­lon d’or.

« Ils ont vou­lu l’abattre »

Pour­quoi vous être in­ves­ti dans la dé­fense de Mi­chel Pla­ti­ni ?

Tho­mas Clay : « J’étais ab­so­lu­ment convain­cu d’une part qu’il était dans son bon droit, et d’autre part qu’il était mal­trai­té. Ce qui est ar­ri­vé à Mi­chel Pla­ti­ni est ré­vol­tant. Il n’avait rien à se re­pro­cher, et il n’a pas pu se dé­fendre dans des condi­tions nor­males. »

En vous im­pli­quant dans ce dos­sier, vous sa­viez pour­tant que la par­tie s’an­non­çait com­pli­quée…

On était contre la FIFA, de­vant les tri­bu­naux de la FIFA. C’était donc évi­dem­ment un peu com­pli­qué de l’em­por­ter. C’est comme si on jouait le match à l’ex­té­rieur. Au fi­nal on a réus­si à ob­te­nir que sa sus­pen­sion à vie soit ré­duite à quatre ans. Ça fait d’ailleurs dé­jà plus d’un an et de­mi.

Pla­ti­ni était-il l’une de vos idoles de jeu­nesse ?

T.C. : Tout à fait. C’est d’ailleurs la pre­mière fois de ma vie que je plai­dais pour quel­qu’un qui était en pos­ter dans ma chambre lorsque j’étais en­fant.

Toutes les zones d’ombre ont-elles été le­vées concer­nant le ver­se­ment de 2 mil­lions de francs suisses dont il a bé­né­fi­cié (pour des tra­vaux ef­fec­tués entre jan­vier 1999 et juin 2002) ?

T.C. : Per­sonne ne re­met en cause la réa­li­té de son tra­vail. On re­proche à Mi­chel Pla­ti­ni d’avoir at­ten­du 2010 pour ré­cla­mer le re­li­quat de ré­mu­né­ra­tion au­quel il avait droit. Il a at­ten­du 2010 car lors­qu’il ar­rête sa mis­sion en 2002, il n’y a pas la tré­so­re­rie suf­fi­sante à la FIFA. En 2011, la FIFA va beau­coup mieux et dis­tri­bue des bo­nus à tout le monde. Il pré­sente alors sa fac­ture. Celle-ci est va­li­dée par le se­cré­taire gé­né­ral, par le co­mi­té des rémunérations, et par le pré­sident de la FIFA. Ce n’est pas un des­sous-de-table dans un coin obs­cur ! L’ar­gent est alors vi­ré sur son compte ban­caire ha­bi­tuel. Cer­tains jour­na­listes dé­noncent le fait qu’il a un compte en Suisse, mais c’est nor­mal puis­qu’il vit en Suisse de­puis 2007 ! Les sommes sont évi­dem­ment dé­cla­rées au fisc. Elles ont donc fait suc­ces­si­ve­ment l’ob­jet d’une fac­ture, d’un paie­ment sur son compte ban­caire par le pro­ces­sus nor­mal de la FIFA et de dé­cla­ra­tion fis­cale. Tout était ab­so­lu­ment trans­pa­rent. Et ce­la sort op­por­tu­né­ment 15 jours après son an­nonce de can­di­da­ture en sep­tembre 2015. On lui colle alors aux basques une en­quê­trice qui vit à Ti­ni­dad-et­to­ba­go, qui en­quête à charge, ne se dé­place pas, et dont le ca­bi­net d’avo­cats est aux îles Caï­man, connues pour être un lieu de fraude fis­cale. Elle va rendre son rap­port avant même d’avoir re­çu les pièces de Mi­chel Pla­ti­ni. Cu­rieu­se­ment, tous ceux qui ont in­tri­gué pour que Mi­chel Pla­ti­ni ne soit pas pré­sident de la FIFA ont au­jourd’hui quit­té la FIFA… » Se­lon vous, Sepp Blat­ter ti­rai­til les fi­celles en cou­lisse ?

T.C. : Je ne suis pas cer­tain que Sepp Blat­ter, le pré­sident sor­tant, ait été le deus ex ma­chi­na d’un pos­sible com­plot an­ti-pla­ti­ni. C’était in­té­res­sant car lors de la deuxième au­dience, Blat­ter a li­vré un té­moi­gnage sur les faits li­ti­gieux ab­so­lu­ment iden­tique, qua­si­ment à la vir­gule près, à ce­lui de Mi­chel Pla­ti­ni. Ils ra­content bien la même his­toire, qui est une his­toire vraie d’ailleurs. Je consi­dère qu’ils ont été tous les deux abat­tus par un cer­tain nombre de cadres de la FIFA, qui avaient en com­mun de ne pas vou­loir de Mi­chel Pla­ti­ni comme pré­sident, parce que c’est un homme in­dé­pen­dant, sur le­quel ils n’au­raient pas eu de prise.

Fon­da­men­ta­le­ment ce qu’ils lui re­pro­chaient, c’est d’être un foot­bal­leur. Je croyais pour­tant que la FIFA était avant tout un or­ga­nisme char­gé de foot­ball.

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