Ch­ris­tian Fou­chet, un Saint-ger­ma­nois qui a mar­qué l’his­toire

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - L’ACTU DU DÉPARTEMENT - Phi­lippe Rou­deillat.

Sa­me­di 18 mars, la so­cié­té des Amis du Vieux Saint-ger­main va mettre à l’hon­neur Ch­ris­tian Fou­chet. Le Saint-ger­ma­nois a été plu­sieurs fois mi­nistre et comp­tait par­mi ses amis des per­son­na­li­tés telles que de Gaulle, Mal­raux ou Saint-exu­pé­ry.

Sa­me­di 18 mars, la so­cié­té des Amis du Vieux Saint-ger­main va mettre à l’hon­neur l’un de ces Saint-ger­ma­nois qui ont mar­qué l’his­toire en consa­crant un col­loque à Ch­ris­tian Fou­chet. Né dans la com­mune le 17 no­vembre 1911, il pas­se­ra toute son en­fance au 2 rue de Metz au­jourd’hui dé­nom­mée rue Hen­ri-robbe.

Plu­sieurs fois mi­nistre

En­voyé comme se­cré­taire d’am­bas­sade à Mos­cou au prin­temps 1944, il est en­suite dé­lé­gué en Pologne à Lu­blin où il or­ga­nise le re­grou­pe­ment des mil­liers de pri­son­niers et dé­por­tés fran­çais li­bé­rés des camps na­zis en ter­ri­toire po­lo­nais. Il est le pre­mier oc­ci­den­tal à en­trer dans Var­so­vie avec l’ar­mée rouge fin jan­vier 1945. Il est en­suite consul gé­né­ral de France à Cal­cut­ta jus­qu’à l’in­dé­pen­dance de l’inde. Puis tré­so­rier du RPF et dé­pu­té de la Seine de 1951 à 1955. Il est mi­nistre char­gé des Af­faires ma­ro­caines et tu­ni­siennes dans le gou­ver­ne­ment de Pierre Men­dès France. Puis am­bas­sa­deur au Da­ne­mark de 1958 à 1962, et pré­sident du co­mi­té char­gé d’étu­dier le pro­jet d’union po­li­tique eu­ro­péenne des Six États de la CEE (Plan Fou­chet) qui n’abou­ti­ra pas. Haut-com­mis­saire en Al­gé­rie pour 4 mois. Puis mi­nistre de l’in­for­ma­tion jus­qu’en no­vembre 1962.

Il ins­taure la carte scolaire

En­fin, il est mi­nistre de l’édu­ca­tion na­tio­nale jus­qu’en avril 1967, il ins­taure la carte scolaire, ré­forme le bac­ca­lau­réat, crée les IUT et la maî­trise, dé­ve­loppe les CES. Il dé­tient le re­cord de lon­gé­vi­té à ce poste de­puis la IIIE Ré­pu­blique. Il de­vient en­suite mi­nistre de l’in­té­rieur du 6 avril 1967 au 31 mai 1968, et réus­sit à évi­ter de faire cou­ler le sang. Il a été dé­pu­té de Meurthe-et-mo­selle de 1967 à sa mort en 1974.

Lors de ce col­loque in­ti­tu­lé « Ch­ris­tian Fou­chet (19111974), un Saint-ger­ma­nois en po­li­tique », un par­terre d’his­to­riens et d’ar­chi­vistes abor­de­ront dif­fé­rentes fa­cettes du per­son­nage : l’homme d’en­ga­ge­ments, l’homme de mis­sions, l’homme de gou­ver­ne­ment. « Je suis à la fois très émue et très fière que mon père soit mis à l’hon­neur, ex­plique sa fille, l’écri­vain Lor­raine Fou­chet. Je suis très tou­chée par le tra­vail et l’éner­gie déployés par toutes les per­sonnes qui ont per­mis que ce col­loque un ap­pel qu’il n’avait pas en­ten­du », di­ra Ed­gar Faure à son orai­son fu­nèbre de l’as­sem­blée na­tio­nale. Quand des an­nées plus tard Gas­ton Pa­lews­ki de­mande au gé­né­ral pour­quoi Fou­chet, qui a ral­lié la France libre dans les pre­miers n’est pas com­pa­gnon de la Li­bé­ra­tion, le gé­né­ral lui ré­pond : « Fou­chet n’est pas un com­pa­gnon, c’est un ami ! ».

À Saint-ger­main-en-laye, une plaque a été ap­po­sée il y a deux ans sur sa mai­son na­tale. Elle rap­pelle le sou­ve­nir de Ch­ris­tian Fou­chet et de ses frères. « Dans cette de­meure ont vé­cu les frères Fou­chet : Paul, Mar­cel, Serge, morts pour la France, et Ch­ris­tian, 1911-1974, ré­sis­tant, am­bas­sa­deur, mi­nistre », in­dique-telle.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.