Un rhi­no­cé­ros de la ré­serve exé­cu­té pour sa corne

Un rhi­no­cé­ros blanc de la ré­serve de Thoi­ry a été exé­cu­té pour sa corne. Une tra­gique pre­mière dans toute l’eu­rope. Ha­bi­tuel­le­ment, les tra­fi­quants bra­connent en Afrique ou volent les mu­sées.

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - FAITS DIVERS - F. Des­serre

Cette pre­mière eu­ro­péenne, tout le monde s’en se­rait bien pas­sé. Dans la nuit du lun­di 6 au mar­di 7 mars, un rhi­no­cé­ros blanc de la Ré­serve afri­caine de Thoi­ry a été abat­tu. Le ou les mal­frats lui ont ti­ré dans la tête à trois re­prises. « L’au­top­sie a été réa­li­sée le mer­cre­di 8 mars pen­dant plus de 5 heures par les vé­té­ri­naires du Do­maine, as­sis­tés par la gen­dar­me­rie. Il a été confir­mé qu’il avait été tué par trois balles de ca­libre 12, soit un ca­libre com­mun pour les fu­sils de chasse », rap­porte le parc.

Avec une tron­çon­neuse, ils ont en­suite dé­cou­pé une de ses cornes. La se­conde n’a été que par­tiel­le­ment tran­chée, lais­sant sup­po­ser que les in­di­vi­dus ont été dé­ran­gés dans leurs agis­se­ments.

La si­nistre dé­cou­verte a été faite vers 9 h 30 par sa soi­gneuse, alors qu’elle ve­nait s’en oc­cu­per comme d’ha­bi­tude. Le corps de Vince, un mâle de 4 ans, gi­sait dans une mare de sang. Elle a aus­si­tôt aler­té sa di­rec­tion qui a pré­ve­nu les gen­darmes. Im­mé­dia­te­ment, les en­quê­teurs se sont ren­dus sur place et le dos­sier a été confié à la bri­gade de re­cherches de Mantes-la-jo­lie. Les pre­miers élé­ments montrent que les bra­con­niers sont en­trés dans la Ré­serve en for­çant une grille de l’en­ceinte, à l’ex­tré­mi­té du parc. Ils ont en­suite frac­tu­ré la porte du bâ­ti­ment des rhi­no­cé­ros puis un autre ac­cès in­ter­mé­diaire. « C’est un acte odieux qui a été per­pé­tré mal­gré la pré­sence de cinq membres du per­son­nel vi­vant sur place et de ca­mé­ras de sur­veillance », a fait sa­voir la di­rec­tion de Thoi­ry.

« Nous sommes en deuil. C’est un vé­ri­table choc, s’at­triste Paul de La Pa­nouse, an­cien di­rec­teur his­to­rique de la Ré­serve. C’est hal­lu­ci­nant de voir ce­la sur un site tel que le nôtre. L’en­semble des parcs dans toute l’eu­rope a été aler­té pour la plus grande vi­gi­lance. On ne tue pas un rhi­no de plu­sieurs tonnes comme ce­la. C’est une ex­pé­di­tion de pro­fes­sion­nels. »

Sur Twit­ter, la mi­nistre de l’en­vi­ron­ne­ment a vi­ve­ment ré­agi : « Abat­tage cri­mi­nel d’un rhi­no­cé­ros à Thoi­ry. Il est temps que les pays in­ter­disent le com­merce d’ivoire et de cornes comme je l’ai fait en France. » Sé­go­lène Royal a en­suite sai­si le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Ver­sailles pour que le dos­sier soit trai­té pé­na­le­ment. La Ré­serve a éga­le­ment por­té plainte.

Les deux autres rhi­no­cé­ros blancs, Gra­cie, 37 ans, et Bru­no, 5 ans, ont échap­pé au mas­sacre. Dès le len­de­main, de cet évé­ne­ment, la Ré­serve a dé­ci­dé de per­mettre au pu­blic de les voir lors des vi­sites.

« Des pros » Sé­go­lène Royal ré­agit Gardes ar­més ?

Vince était au parc de­puis mars 2015. Trop jeune pour la re­pro­duc­tion, il y était ac­cueilli en pé­riode tam­pon, avant pro­ba­ble­ment de re­joindre un autre site. Au-de­là de son rôle de dé­mons­tra­tion au­près du grand pu­blic, il de­vait éga­le­ment as­su­rer la conti­nui­té de son es­pèce par la di­ver­si­fi­ca­tion gé­né­tique.

Cô­té sé­cu­ri­té, le parc n’en­vi­sage pas de cou­per les cornes des deux rhi­no­cé­ros res­tant. Même à titre pré­ven­tif. La di­rec­tion a as­su­ré qu’elle pré­fé­rait avoir re­cours à des gardes pri­vés. Peut-être même ar­més…

Vince était hé­ber­gé à la ré­serve afri­caine de Thoi­ry de­puis mars 2015 (pho­to ©Do­maine de Thoi­ry).

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