Un cam­brio­leur se ca­chait der­rière le peintre mol­dave

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - FAITS DIVERS - Da. G.

Le bu­tin est digne d’un in­ven­taire à la Pré­vert. Deux écrans plats, un arc, des flèches, deux or­di­na­teurs, deux ap­pa­reils pho­to, un ra­soir élec­trique, des lecteurs DVD, un ten­sio­mètre, un poi­gnard orien­tal, des ci­gares, des pa­quets de ta­bac, trois bou­teilles d’al­cool, des chaus­sures et des tee-shirts. Ser­ghei, un Mol­dave de 40 ans qui dit être ar­ri­vé en France il y a un mois et de­mi, n’a pas mu­sar­dé dans la nuit du 6 au 7 mars.

Lors­qu’il est in­ter­pel­lé, peu après mi­nuit rue de la Mi­nière, ce père de quatre en­fants se di­sant sans do­mi­cile fixe est pour­tant loin des lieux du « crime ». Ce n’est que le len­de­main ma­tin, après le si­gna­le­ment du cam­brio­lage par la vic­time, que les en­quê­teurs iden­ti­fie­ront la pro­ve­nance des dif­fé­rents ob­jets re­trou­vés sur la ban­quette ar­rière et dans le coffre du vé­hi­cule du pré­ve­nu.

Plus tôt dans la soi­rée, avec un com­plice qui a réus­si à prendre la fuite à l’ar­ri­vée des po­li­ciers, Ser­ghei s’est in­tro­duit dans un pa­villon chic par la porte-fe­nêtre d’une vé­ran­da. « Pro­ba­ble­ment à l’aide des deux tour­ne­vis re­trou­vés eux aus­si dans la voi­ture », a fait re­mar­quer la pré­si­dente à l’au­dience, le 8 mars.

Un arc, des écrans plats et un ten­sio­mètre dans le bu­tin

Avec une pioche, prise dans le ga­rage, les cam­brio­leurs ont éga­le­ment ar­ra­ché un coffre-fort, fi­na­le­ment aban­don­né sur place. Les vo­leurs sem­blaient par­fai­te­ment connaître les lieux et leur vic­time. Et pour cause ! Ser­ghei avait réa­li­sé ici même, une di­zaine de jours au­pa­ra­vant, des tra­vaux de pein­tures ex­té­rieures.

Que fai­saient les deux com­parses, quelques ki­lo­mètres plus loin, lorsque leur com­por­te­ment a at­ti­ré l’at­ten­tion d’une ri­ve­raine ? « Ils s’ap­prê­taient se­lon toute vrai­sem­blance à faire des re­pé­rages pour un autre cam­brio­lage, a no­té le pro­cu­reur dans son ré­qui­si­toire. Ser­ghei, lui, a af­fir­mé de­vant le tri­bu­nal n’y être pour rien. S’il a re­con­nu être ve­nu au do­mi­cile de son an­cien em­ployeur avec une connais­sance, qu’il a char­gée de la res­pon­sa­bi­li­té du vol, il a ex­pli­qué que c’était pour ré­cu­pé­rer des pe­tites ma­chines à la­ver que la vic­time avait pro­mis de lui don­ner. « À cette heure-là et sans ren­dez-vous ? fe­ra plus tard re­mar­quer le pro­cu­reur. Vos ex­pli­ca­tions sont aléa­toires et peu cré­dibles. » Le « Par­don à la France » lan­cé par Ser­ghei à l’is­sue de l’au­dience n’a ému per­sonne. Ver­dict : 18 mois de pri­son ferme avec pla­ce­ment en dé­ten­tion.

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