Au Pan­do­ra, l’amour du 7e art se par­tage

Âgé de 23 ans, le ci­né­ma Pan­do­ra pour­suit son ac­tion qua­si mi­li­tante de fa­vo­ri­ser la dé­cou­verte de films de qua­li­té au grand pu­blic.

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - LA VILLE EN PARLE - T.R.

Pas­sion, convi­via­li­té et pro­fes­sion­na­lisme font bon mé­nage au ci­né­ma Pan­do­ra d’achères. Et ce­la dure de­puis 23 ans. « Nous sou­hai­tons que le ci­né­ma soit ac­ces­sible à tous, ce­la né­ces­site que les prix pro­po­sés soient re­la­ti­ve­ment bas », com­mente Joëlle Mailly, co­di­rec­trice avec Nathalie Le­vas­seur du ci­né­ma d’achères. Ils le sont : 7 eu­ros la place en ta­rif nor­mal, 5 eu­ros en ache­tant un car­net de dix places. « De plus, les ti­ckets n’ont pas de date de pé­remp­tion ». Ailleurs, la pé­riode de va­li­di­té des car­nets est gé­né­ra­le­ment li­mi­tée à un an. « Le jeu­di, les séances sont à 4 eu­ros pour tous. »

Cri­tique construc­tive

En­semble, Joëlle Mailly et Nathalie Le­vas­seur voient un maxi­mum de films en amont (en pro­jec­tions presse à pa­ris) et éta­blissent un pro­gramme « équi­li­bré » par pé­riodes de cinq ou six se­maines. « Beau­coup de films sortent chaque se­maine et on s’aper­çoit qu’il y a peu de di­ver­si­té sur les écrans au­tour de nous. Nous avons à coeur de trou­ver les films dont on n’a pas beau­coup en­ten­du par­ler et qui pour­tant nous pa­raissent in­no­vants et vi­ser juste. »

Grâce aux ta­rifs très abor­dables, il est plus fa­cile d’in­ci­ter les spec­ta­teurs à faire des dé­cou­vertes. « Quand on a payé 10 eu­ros voire plus, et qu’on est dé­çu par le film, gé­né­ra­le­ment, on ne re­tourne pas au ci­né­ma la se­maine sui­vante… À 4 ou 5 eu­ros, on peut se per­mettre de prendre le risque d’al­ler voir un film dont on n’a pas en­ten­du par­ler. »

Au Pan­do­ra, tous les films, à l’ex­cep­tion de ceux des­ti­nés au jeune pu­blic, sont pro­je­tés en ver­sion ori­gi­nale. Et cha­cun fait l’ob­jet d’une cri­tique construc­tive ré­di­gée par les deux pro­gram­ma­trices et pu­bliée à la fois sur le site In­ter­net du ci­né­ma et dans le jour­nal Pan­do­ra. Ce der­nier est ti­ré à 17 000 exem­plaires et est dis­tri­bué dans de nom­breuses com­munes voi­sines, sans ou­blier les 1 450 abon­nés qui eux re­çoivent l’édi­tion nu­mé­rique.

« Nous croyons dans le film »

Autre ori­gi­na­li­té : « Lors­qu’on s’en­gage pour une longue du­rée, on s’y tient. » Se­lon Joëlle Mailly, la ten­dance des ex­ploi­tants de salle en France est de pro­je­ter un film pen­dant une se­maine, puis en fonc­tion des ré­sul­tats, de dé­ci­der de conti­nuer ou d’ar­rê­ter. « Nous, lors­qu’on s’en­gage pour un cer­tain nombre de se­maines, on s’y tient car nous croyons dans le film. » En moyenne, un film reste trois se­maines à l’af­fiche du Pan­do­ra.

Idéa­le­ment, une qua­trième salle per­met­trait de mon­trer les films les plus an­ciens en­core à l’af­fiche. « Et puis on pour­rait aus­si re­com­men­cer à pré­sen­ter des films du pa­tri­moine comme on le fai­sait avant. Nous avons dû ar­rê­ter du fait du nombre tou­jours plus im­por­tant de films qui sortent chaque se­maine. »

À no­ter que l’or­ga­ni­sa­tion et la phi­lo­so­phie du Pan­do­ra s’ins­pirent du mo­dèle de l’uto­pia à Saint-ouen-l’au­mône. « Des élus d’achères fré­quen­taient ce ci­né­ma et ils avaient contac­té l’équipe de l’uto­pia pour ré­flé­chir à un pro­jet équi­valent en centre-ville d’achères. » C’est ain­si qu’est né le Pan­do­ra avec ses trois salles et son pe­tit bar sym­pa­thique, le 20 oc­tobre 1993. De­puis, il a tou­jours été gé­ré par une as­so­cia­tion (pré­si­dée par Ru­ben Iba­nez et com­po­sée d’une quin­zaine de membres) in­dé­pen­dante de la mu­ni­ci­pa­li­té qui, elle, reste pro­prié­taire des murs.

Gwe­naëlle Po­tier et Joëlle Mailly de­vant l’en­trée du Pan­do­ra, à Achères.

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