La contes­ta­tion four­bit ses armes

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - LA VILLE EN PARLE - Da­vid Gou­dey

Les ri­ve­rains, dont la pé­ti­tion a dé­pas­sé les 3 500 si­gna­tures, ont créé une as­so­cia­tion et confié leurs in­té­rêts à un avo­cat.

La fronde ne se ré­signe pas. Près de trois mois après avoir lan­cé une pé­ti­tion pour l’aban­don du pro­jet im­mo­bi­lier sur le par­king Jean-jau­rès, les op­po­sants ne désarment pas. Ils sont même chaque jour plus nom­breux. Le mou­ve­ment re­ven­dique dé­sor­mais près de 3 500 si­gna­tures. Leur dis­cours n’a pas va­rié d’un io­ta. Ils ne veulent pas du pro­gramme mixte qui pré­voit la construc­tion de trois nou­veaux im­meubles (96 lo­ge­ments au to­tal) et d’un Ca­si­no sur les 3 500 m2 de l’ac­tuel parc de sta­tion­ne­ment (notre édi­tion du 18 jan­vier).

Le noyau d’ha­bi­tants à la tête de la contes­ta­tion vient de mettre son dos­sier entre les mains d’un avo­cat pa­ri­sien. Une as­so­cia­tion, bap­ti­sée « Pour l’aban­don du pro­jet im­mo­bi­lier par­king Jeanjau­rès », a éga­le­ment été créée. Les sta­tuts ont été dé­po­sés en sous-pré­fec­ture dé­but mars. Un blog, une page Fa­ce­book et une adresse mail de contact dé­diée se­ront bien­tôt ac­ces­sibles. Le ca­bi­net d’avo­cats à qui la fonde a confié la dé­fense de ses in­té­rêts a dé­jà in­ter­pel­lé le sous-pré­fet de Saint-ger­main-en-laye par cour­rier re­com­man­dé à la mi­fé­vrier. Les ha­bi­tants es­timent aus­si que leur qua­li­té de vie se­ra dé­gra­dée par la construc­tion des nou­veaux im­meubles. « On n’est pas à New York ici ! », râle cette doyenne du quar­tier, dont le lo­ge­ment risque d’être im­pac­té au ni­veau de l’in­ti­mi­té et de la lu­mi­no­si­té. Cer­tains ha­bi­tants ont d’ailleurs dé­jà sol­li­ci­té des agences im­mo­bi­lières pour es­ti­mer les consé­quences du pro­jet sur la va­leur de leur bien. « J’en ai fait pas­ser quatre. Toutes m’ont dit que mon ap­par­te­ment al­lait au moins perdre 20 % de sa va­leur. Mais elles ne veulent pas me si­gner de do­cu­ments of­fi­ciels par peur de re­pré­sailles de la mai­rie. » « D’ami­cales pres­sions » se­raient d’ailleurs exer­cées sur les com­mer­çants qui sou­tiennent le mou­ve­ment. « Les élus sont pas­sés me voir, ra­conte l’une d’entre eux. Ils es­saient d’en­jo­li­ver le pro­jet. Moi, je dé­fends mon in­té­rêt et ce­lui de mes sa­la­riés. J’ai un em­prunt sur les bras. » Des mé­de­cins et d’autres pra­ti­ciens s’in­quiètent aus­si pour leur clien­tèle et se sont joints à la contes­ta­tion.

Le sous-pré­fet in­ter­pel­lé La Ville campe sur ses po­si­tions

La mu­ni­ci­pa­li­té, de son cô­té, dé­fend tou­jours bec et ongles son pro­jet. Quand maître Fel­tesse, dans son cour­rier aux au­to­ri­tés, s’in­ter­roge sur le re­tard du dos­sier tech­nique du pro­mo­teur, qui au­rait été re­ca­lé en dé­cembre der­nier, et sur l’in­ca­pa­ci­té de la Ville a jus­ti­fié d’un titre de pro­prié­té au mo­ment de la si­gna­ture du pro­to­cole entre les par­ties, Fran­cis Sé­vin (ad­joint au maire aux com­merces, à l’em­ploi et au dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique) ré­pond : « Ce sont des non su­jets. L’ins­truc­tion pour la dé­li­vrance du per­mis de construire suit son cours. Le no­taire, lui, ne peut qu’avoir tous les do­cu­ments. »

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