La Ville veut une RD 159 plus sûre

La mu­ni­ci­pa­li­té ré­clame au Dé­par­te­ment plu­sieurs me­sures pour sé­cu­ri­ser la cir­cu­la­tion sur la route dé­par­te­men­tale 159.

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - LA UNE - Da­vid Gou­dey

La RD 159 (dite route du Pecq) est une courte dé­par­te­men­tale de 3 ki­lo­mètres re­liant Le Mes­nil-le-roi au Pecq, em­prun­tée en moyenne chaque jour par près de 8 000 vé­hi­cules. Elle est de­puis de nom­breuses an­nées un su­jet de dis­corde entre la mu­ni­ci­pa­li­té mes­ni­loise et le Dé­par­te­ment, en charge de sa ré­gle­men­ta­tion et de son en­tre­tien. Marc De­meure, en son temps, avait dé­jà in­ter­pel­lé le con­seil dé­par­te­men­tal sur la ques­tion. Serge Ca­se­ris, de­puis son élec­tion en 2014, en a fait éga­le­ment un che­val de ba­taille.

Que ré­clame, à corps et à cris, le maire mes­ni­lois ? En pre­mier lieu l’uni­for­mi­sa­tion de la vi­tesse à 70 km/h sur la sec­tion hors ag­glo­mé­ra­tion et donc la sup­pres­sion du tron­çon de seule­ment 400 mètres où les 90 km/h sont au­to­ri­sés. Dé­but jan­vier, lors de sa cé­ré­mo­nie des voeux, Serge Ca­se­ris a une fois en­core in­ter­pel­lé ses pairs. « Le Dé­par­te­ment ignore de­puis des an­nées notre de­mande de re­voir la vi­tesse sur cette voie (…). Mes­dames, Mes­sieurs les conseillers dé­par­te­men­taux, je sol­li­cite votre aide pour que le bon sens l’em­porte ! » « C’est une aber­ra­tion ! sou­ligne-t-il tou­jours au­jourd’hui. C’est en plus la seule voie de ce type entre Mai­sons-laf­fitte et Ver­sailles où les 90 km/h sont au­to­ri­sés. Mais, sur­tout, c’est dan­ge­reux. » Pour les au­to­mo­bi­listes un peu pres­sés ou in­at­ten­tifs comme « pour les adeptes de la vi­tesse, qui s’y dé­foulent sou­vent » avait no­té, lui, Phi­lippe Du­gard (ad­joint au maire dé­lé­gué aux tra­vaux ur­bains, à la voi­rie et aux af­faires gé­né­rales) dans la tri­bune de la ma­jo­ri­té pa­rue dans la lettre mu­ni­ci­pale de jan­vier.

La confi­gu­ra­tion de la route, en ve­nant du Pecq, est LE dan­ger n° 1. Avant d’en­trer au Mes­nil-le-roi, place du Tir, on aborde en ef­fet une to­po­gra­phie si­nueuse à haut risque. Après deux tron­çons en ligne droite de 500 mètres (70 km/h) et 400 mètres (90 km/h), l’au­to­mo­bi­liste pé­nètre dans un double S (500 mètres à 70 km/h) avec un brusque ra­len­tis­se­ment à 50 km/h dans un vi­rage. Gare donc au pied trop lourd sur l’ac­cé­lé­ra­teur… « Il y a fré­quem­ment des ac­ci­dents, près d’un par mois, as­sure Serge Ca­se­ris. Ce n’est que de la tôle mais les dé­gâts ma­té­riels peuvent par­fois être im­por­tants, y com­pris pour nos lam­pa­daires ! Il y a dé­jà eu un mort en 2015 ici. Ce n’est pas quand il y au­ra un autre ac­ci­dent très grave qu’il fau­dra ré­agir. »

Lors du co­mi­té lo­cal de la sé­cu­ri­té et de pré­ven­tion de la dé­lin­quance, en fé­vrier, Serge Ca­se­ris a d’ailleurs ré­cla­mé aux au­to­ri­tés da­van­tage de pré­sence po­li­cière et de contrôle de la vi­tesse dans le sec­teur. « Ce se­rait un élé­ment im­por­tant de dis­sua­sion et de pré­ven­tion. »

Pour ap­puyer sa do­léance, le maire mes­ni­lois pointe aus­si le cadre de cette sec­tion de la RD 159. « Il y a des champs agri­coles de part et d’autre. Les boues de trac­teurs rendent l’as­phalte très glis­sant et les terres s’in­crustent en pous­sières dans l’en­ro­bé de la chaus­sée. Quand il pleut, les gens sont plus pru­dents mais quand il y a eu juste une pe­tite ro­sée, ils font moins at­ten­tion alors que c’est une vraie pa­ti­noire. »

Serge Ca­se­ris en ap­pelle donc à la res­pon­sa­bi­li­té des agri­cul­teurs, dans l’obli­ga­tion en théo­rie de net­toyer les routes qu’ils sont cen­sés sa­lir. Le code de la voi­rie rou­tière pré­voit d’ailleurs une amende al­lant de 1 500 à 3 000 eu­ros et des condam­na­tions au pé­nal ou au ci­vil en cas d’ac­ci­dent. « Il faut avoir un lan­gage clair avec eux. Si on ne peut pas leur de­man­der d’ar­ri­ver sur la route en mo­cas­sins blancs, ils doivent mal­gré tout être plus res­pon­sables. Nous n’avons pas les moyens fi­nan­ciers pour en­tre­te­nir la chaus­sée. »

Il de­mande donc au Dé­par­te­ment d’as­su­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés. « Il fau­drait ré­duire la lar­geur de la voie pour per­mettre un meilleur écou­le­ment des eaux et évi­ter le dé­pôt des terres agri­coles sur la chaus­sée. » Voeu pieu ?

90 km/h : « dan­ge­reux et aber­rant » Dé­par­te­ment et agri­cul­teurs rap­pe­lés à leurs res­pon­sa­bi­li­tés

La sup­pres­sion des 90 km/h au­to­ri­sés sur une sec­tion de seule­ment 400 mètres est la pre­mière me­sure ré­cla­mée par la mu­ni­ci­pa­li­té mes­ni­loise au­près du con­seil dé­par­te­men­tal des Yve­lines.

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