La Fa­brique du monde… où tout peut être dit

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - L’ACTU - M.V.

Chaque mois, Les Nou­velles vous font dé­cou­vrir un li­braire du dé­par­te­ment. Au­jourd’hui, di­rec­tion Hou­dan où Co­rinne Le Coz a chan­gé de vie pour ou­vrir La Fa­brique du monde. Une au­baine pour les ha­bi­tants pri­vés de li­brai­rie de­puis plu­sieurs an­nées.

Elle ne vou­lait pas le mot livre ou page pour don­ner un nom à sa li­brai­rie. Alors, Co­rinne Le Coz a choi­si de l’ap­pe­ler La Fa­brique du monde, en ré­fé­rence au ro­man épo­nyme de So­phie Van der Li­den, qu’elle avait dé­vo­ré.

« Tout est dit dans ce titre. Pour moi, une li­brai­rie est un lieu d’échange où tout peut être dit. Un lieu d’ou­ver­ture sur le monde qu’il est im­por­tant de pré­ser­ver en ces temps où la dé­mo­cra­tie est en dan­ger », ra­conte Co­rinne Le Coz.

Une re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle

Elle a ou­vert son com­merce dans la Grand-rue de Hou­dan en mai der­nier. Un tour­nant dans la vie de cette femme, au­pa­ra­vant à la tête d’une struc­ture so­ciale qui s’oc­cu­pait des femmes et de leurs en­fants. Pas­sion­née de lit­té­ra­ture de­puis tou­jours, avec une pré­di­lec­tion pour la lit­té­ra­ture fran­çaise et étran­gère contem­po­raine et des au­teurs comme Laurent Gau­dé, Joël Di­cker ou Jim Fer­gus, elle a fait de son loi­sir pré­fé­ré son mé­tier.

« Beau­coup de ma­nu­ten­tion »

Au grand bon­heur des ha­bi­tants du Hou­da­nais car, de­puis plus de deux ans, il n’y avait plus ni li­brai­rie, ni Mai­son de la presse dans la ci­té du Don­jon.

« Je ne re­grette pas un seul ins­tant cette re­con­ver­sion pro­fes­sion­nelle. J’ai sui­vi une for­ma­tion des mé­tiers du livre puis j’ai fait un stage à la li­brai­rie la Rose des vents, à Dreux, avant de me lan­cer », ra­conte Co­rinne, en train de ré­fé­ren­cer les der­niers livres qu’elle vient de re­ce­voir.

Ac­cueil des clients, ré­cep­tion des co­lis, ran­ge­ment… « Il y a beau­coup de ma­nu­ten­tions en fait dans ce mé­tier », ra­conte-t-elle dans un sou­rire. Mais ce qu’elle pré­fère, évi­dem­ment, ce sont les échanges avec ses clients. « Par­ler d’un livre, dire pour­quoi on l’a ai­mé, pour­quoi on ne l’a pas ai­mé, bref échan­ger, et ce dans les deux sens, ça me plaît vrai­ment. »

La lec­ture, sur­tout en cette ren­trée lit­té­raire avec plus de 580 nou­veaux ou­vrages, Co­rinne n’a le temps de la faire que sur son temps libre le soir, le week-end ou en va­cances. « Évi­dem­ment, il est im­pos­sible de tous les lire mais en 15 jours de congé, j’ai lu 15 livres… ». Il faut bien ce­la pour pou­voir ai­guiller ses clients. D’ailleurs, elle ré­dige à la main des pe­tites no­tices sur ses coups de coeur, pour ain­si les par­ta­ger.

Dans sa bou­tique gé­né­ra­liste de 50 m2, on trouve de tout : nou­veau­tés, lit­té­ra­ture étran­gère et fran­çaise, vie pra­tique, beaux-arts, sciences hu­maines, tou­risme et dic­tion­naires, BD et une pe­tite salle ré­ser­vée à la lit­té­ra­ture jeu­nesse qu’elle ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment. Bien sûr, les com­mandes sont éga­le­ment pos­sibles.

Près de la caisse, Co­rinne pro­pose un pe­tit rayon pa­pe­te­rie avec entre autres de jo­lis car­nets à spi­rale, des ca­le­pins ou en­core des belles cartes. « Je tiens à me dé­mar­quer de ce que l’on peut trou­ver dans les su­per­mar­chés. Je tra­vaille uni­que­ment avec des pe­tites pa­pe­te­ries fran­çaises. »

Fran­çois Bus­nel pour l’ou­ver­ture

Fraî­che­ment ou­verte, la li­brai­rie est éga­le­ment par­ve­nue à se dis­tin­guer l’été der­nier. « J’ai contac­té Fran­çois Bus­nel, au­teur et pré­sen­ta­teur de La Grande Li­brai­rie sur France 5, via les ré­seaux so­ciaux. Très gen­ti­ment, il a été d’ac­cord pour ve­nir faire une séance de dé­di­caces en juillet ! Ça a très bien fonc­tion­né. En plus, c’est une per­sonne ab­so­lu­ment char­mante. Nous avons pas­sé un très bon mo­ment. »

Dif­fé­rents ate­liers vont peu à peu se mettre en place. Un ate­lier en­fant sur le thème du loup avec des lec­tures, des des­sins et fabrication de masques a dé­jà été or­ga­ni­sé. Co­rinne Le Coz ré­flé­chit à la suite.

Du tra­vail en pers­pec­tive pour cette li­braire qui n’en manque dé­jà pas. La ren­trée lit­té­raire est une période in­tense pour la pro­fes­sion. Sans comp­ter la sai­son des prix qui dé­marre. « Mais on ne va pas se plaindre. D’au­tant qu’il y a beau­coup de livres très in­té­res­sants qui sortent du lot cette an­née. Et puis, les prix per­mettent aux li­brai­ries de vivre. »

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