« Ces cli­chés me rendent nos­tal­giques »

Le Courrier des Yvelines (Poissy) - - L’ACTU -

Quand et com­ment est née votre col­lec­tion ?

En 1979, lorsque j’ai com­men­cé à tra­vailler et que mes pre­miers sa­laires sont tom­bés. Je me suis ren­du aux puces de Saint-ouen pour cher­cher des do­cu­ments sur un zep­pe­lin qui avait été abat­tu au-des­sus de Com­piègne en mars 1917. Je n’ai rien trou­vé. En re­vanche, il y avait des cartes de Ram­bouillet. Comme je suis né à Ram­bouillet tout comme ma mère et ma grand-mère, je les ai ache­tées. Tout a com­men­cé comme ça. Sur ma pre­mière carte, on voyait l’hô­tel du Lion d’or, en bas de la rue de Pen­thièvre. Puis au fil des an­nées, j’ai écu­mé les sa­lons et bro­cantes de la ré­gion et de l’eure-et-loir pour étof­fer ma col­lec­tion.

Com­bien de cartes pos­sé­dez-vous ?

En 38 ans, j’ai amas­sé 3 600 cartes pos­tales sur la ville de Ram­bouillet mais éga­le­ment la chasse, la fo­rêt, la Ber­ge­rie et le châ­teau. J’en ai d’ailleurs 600 rien que sur cet édi­fice. Mais j’ai aus­si des cartes pos­tales sur les zep­pe­lins, près de 1 500, sur la Bre­tagne, là où je passe mes va­cances. On peut même dire que je suis un mul­ti­col­lec­tion­neur car je fais aus­si col­lec­tion d’au­to­col­lants ou en­core de porte-clés…

Conti­nuez-vous à cher­cher de nou­velles cartes pos­tales ?

Oui, je suis tou­jours à l’af­fût mais j’avoue que j’ai de moins en moins de place pour sto­cker…. Et puis au­jourd’hui, les cartes pos­tales sont de plus en plus chères. Dans le temps, elles étaient à 2 ou 5 francs. On pou­vait même ache­ter des car­tons en­tiers. Au­jourd’hui, les ven­deurs se font plai­sir sur les prix. Même si je com­mence à avoir fait le tour du thème de la ville de Ram­bouillet, tom­ber sur une carte pho­to, c’est tou­jours la ce­rise sur le gâ­teau. Et je reste en quête d’une carte qui me tient par­ti­cu­liè­re­ment à coeur. Je suis à la re­cherche d’’une vue de la rue de Pen­thièvre car mon ar­riè­re­grand-mère et ma grand-mère y ont te­nu une bou­lan­ge­rie. Mais im­pos­sible de mettre la main des­sus…

Quelle est votre carte préférée ?

Je ne sais pas si c’est ma préférée mais en tout cas elle m’a mar­qué. En 1998, je me suis ren­du à Pa­ris, au sa­lon Car­tex­po qui se pas­sait alors à la Mu­tua­li­té. C’est un lieu gé­nial pour les col­lec­tion­neurs. On peut y pas­ser la jour­née. Là, j’ai re­pé­ré une carte. Celle où l’on voit un bal­lon di­ri­geable s’en­vo­ler de la place du pa­lais de jus­tice, celle à cô­té de La Poste au­jourd’hui. La scène se passe en 1906 à l’oc­ca­sion de la fête des pom­piers. À l’époque, le ven­deur me la pro­po­sait pour 800 francs ! Au fi­nal, je l’ai échan­gée contre 50 cartes d’avia­tion que je ve­nais d’ac­qué­rir à Che­vreuse. Elles m’avaient coû­té 250 francs.

Qu’est-ce que ces cartes nous ap­prennent de la vie d’avant ?

Elles me rendent nos­tal­gique. On voit des pas­sants, des chiens et des en­fants en plein mi­lieu de la rue, ce qui se­rait im­pen­sable au­jourd’hui avec toutes les voi­tures. De­vant les ca­fés et les res­tau­rants, il y a plein de monde, il y a de la vie. Cette époque, le dé­but du XXE siècle, ça avait l’air vrai­ment cool. Et puis les bou­tiques, même si elles chan­geaient de main, res­taient à leur em­pla­ce­ment pen­dant plus d’un siècle. On ne peut pas en dire au­tant de nos jours.

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