Une plaque à la mé­moire d’une hé­roïne

Une plaque vient d’être ap­po­sée à l’an­cien do­mi­cile de Ma­de­leine Rol­land, hé­roïne in­con­nue. In­fir­mière à Pi­thi­viers, Ma­de­leine Rol­land s’était dé­vouée sans comp­ter pour les Pi­thi­vé­riens et les pri­son­niers du camp d’in­ter­ne­ment.

Le Courrier du Loiret - - LA UNE - PHI­LIPPE DE LA GRANGE

Une plaque a été ap­po­sée sur la fa­çade de la mai­son de Ma­de­leine Rol­land, rue du Ca­pi­tai­neGi­ry à Pi­thi­viers.

Même si une rue et un bâ­ti­ment (ce­lui de l’une des an­tennes du centre mu­ni­ci­pal) de Pi­thi­viers portent son pa­tro­nyme, re­cons­ti­tuer l’exis­tence et les faits d’arme de Ma­de­leine Rol­land (1891­1964) n’est pas chose fa­cile.

Une ini­tia­tive du Sou­ve­nir fran­çais

L’in­fir­mière qui s’est illus­trée par son ac­tion dans les camps de Pi­thi­viers et de Beaune­la­ro­lande, n’a pas lais­sé beau­coup de traces de sa pré­sence et du rôle qu’elle a joué au cours de la Se­conde Guerre mon­diale au­près des in­ter­nés.

Cé­li­ba­taire, elle n’a pas eu de des­cen­dance en me­sure de té­moi­gner et les do­cu­ments en sa pos­ses­sion ont été dis­per­sés à sa dis­pa­ri­tion. Ce­pen­dant, l’his­to­rienne Da­ny Perche­ ron qui a pro­non­cé le dis­cours lui ren­dant hom­mage, di­manche 21 août ­ après qu’une plaque soit dé­voi­lée sur son do­mi­cile du 38, rue du Ca­pi­tai­neGi­ry, à l’ini­tia­tive du Sou­ve­nir fran­çais – a re­tra­cé l’exis­tence de cette « grande fi­gure pi­thi­vé­rienne qui a énor­mé­ment oeu­vré pour ai­der ses contem­po­rains aux­quels elle a consa­cré toute sa vie jus­qu’à son der­nier souffle ». Cette femme, qu’on ima­gine mo­deste et digne, s’en­gage très jeune au­près des plus fra­giles. Bé­né­vo­le­ment, elle soigne les bles­sés de la Grande Guerre dans les hô­pi­taux an­nexes de la ville avant d’em­bras­ser la car­rière d’in­fir­mière de la Croix rouge. Son en­ga­ge­ment lui vaut d’obte­ nir la mé­daille de la Re­con­nais­sance fran­çaise, créée pour tous ceux qui étaient ve­nus en aide aux bles­sés et aux in­va­lides. « Dans l’entre­deux­guerres, elle pour­suit sa tâche au ser­vice des Pi­thi­vé­riens, consa­crant de sur­croît du temps à confec­tion­ner par exemple des tri­cots pour les gens mi­sé­reux. C’est éga­le­ment une per­sonne pieuse qui s’oc­cupe du ca­té­chisme et du pa­tro­nage. Mais c’est à par­tir d’oc­tobre 1941 que son nom va être as­so­cié au camp d’in­ter­ne­ment des Is­raé­lites, à Pi­thi­viers, elle y in­ter­vient sous l’égide de la Croix rouge. Elle s’y rend chaque jour et fait tout son pos­sible pour sou­la­ger la mi­sère des in­ter­nés. Elle se rend éga­le­ment une fois par se­maine au camp de Beaune­la­ro­lande. Et ce­la mal­gré les risques en­cou­rus, car son rôle est mal vu des Oc­cu­pants. Mais c’était une femme de grande vo­lon­té, bien dé­ter­mi­née à pour­suivre sa tâche », a rap­pe­lé Da­ny Per­che­ron. Ma­de­leine Rol­land, qui fut aus­si conseillère mu­ni­ci­pale dès 1945, est dé­cé­dée le 5 juillet 1964, à l’âge de 73 ans. Un cer­tain nombre d’as­so­cia­tions de dé­por­tés sou­hai­te­raient que Ma­de­leine Rol­land ob­tienne le titre de Juste par­mi les Na­tions, la plus haute dis­tinc­tion ci­vile dé­cer­née par l’état hé­breu, à des per­sonnes non juives qui, au pé­ril de leur vie, ont ai­dé des Juifs per­sé­cu­tés par l’oc­cu­pant na­zi.

La plaque a été dé­voi­lée à l’an­cien do­mi­cile de Ma­de­leine Rol­land, rue du Ca­pi­taine-gi­ry, à Pi­thi­viers, par le maire de Pi­thi­viers, Phi­lippe Nol­land, et la sous-pré­fète, Blan­dine Geor­jon.

La plaque rap­pelle l’en­ga­ge­ment de l’hé­roïne.

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