Des ac­ti­vi­tés bien­tôt payantes ?

Le Courrier du Loiret - - LA RENTRÉE SCOLAIRE -

La bron­ca des élus qui avait « sa­lué » l’ins­tau­ra­tion des Tap (Temps d’ac­ti­vi­tés pé­ris­co­laires, re­bap­ti­sés Nap pour Nou­velles ac­ti­vi­tés pé­ris­co­laires) à la ren­trée 2013 s’est di­luée avec le temps. Mais elles de­meurent tou­jours une source de contraintes bud­gé­taires – par­ti­cu­liè­re­ment pour les pe­tites com­munes ru­rales ­ que la baisse des do­ta­tions de l’état a ac­crue.

Dès lors, se (re) pose la ques­tion de leur gra­tui­té dans un proche ho­ri­zon, ce­lui de la ren­trée 20172018, où le ro­bi­net à sub­ven­tions se ta­ri­ra. « Une chose est sûre, vu la ten­sion des fi­nances, la plu­part des ac­ti­vi­tés vont de­ve­nir payantes, ce­la va de pair avec la baisse des do­ta­tions de l’état », confirme l’as­so­cia­tion des maires du Loi­ret. « Il est cer­tain qu’une ving­taine de com­munes du dé­par­te­ment vont les rendre payantes ».

En contre­point, une ré­cente en­quête de l’as­so­cia­tion des maires de France (AMF), au­près de 23.000 com­munes, vient étayer ce constat. Se­lon elle, le coût moyen an­nuel net des Nap s’élève à 161 eu­ros et le reste à charge pour les com­munes est de 70 % et de 66 % pour les in­ter­com­mu­na­li­tés. Les com­munes éli­gibles à la do­ta­tion de so­li­da­ri­té ru­rale, ce qui est ma­jo­ri­tai­re­ment le cas dans le Pi­thi­ve­rais, per­çoivent une aide ma­jo­rée de 90 eu­ros par en­fant et, en sus, une aide de la Caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales.

Au­de­là de l’as­pect comp­table, d’autres dif­fi­cul­tés per­durent : le re­cru­te­ment des per­son­nels, leur qua­li­fi­ca­tion, les lo­caux, les trans­ports… Rien d’éton­nant à ce que les élus son­dés ré­clament « une com­pen­sa­tion to­tale du coût de la ré­forme », que L’AMF es­time à plus d’un mil­liard d’eu­ros, et « la pé­ren­ni­té des aides fi­nan­cières après 2017 ».

Une so­lu­tion ra­di­cale, la sup­pres­sion des Nap

Pa­trick Gué­ri­net, le maire de Gi­vraines et pré­sident du syn­di­cat in­ter­com­mu­nal d’in­té­rêt sco­laire (Gi­vraines, Yè­vre­la­ville, Yèvre­le­châ­tel), ne s’est pas em­bar­ras­sé de ces cir­con­vo­lu­tions : il a mis fin aux Nap. « La pre­mière an­née, j’étais par­tant. La deuxième, j’ai tes­té, j’ai com­pris. À la troi­sième, j’ai sup­pri­mé les Nap avec l’ac­cord des en­sei­gnants et des re­pré­sen­tants des pa­rents d’élèves, sans dif­fi­cul­tés ma­jeures. On ouvre, mais sous forme de gar­de­ries. Ce n’était pas te­nable sur l’as­pect fi­nan­cier, nous n’avions pas les moyens de mettre en place ces ac­ti­vi­tés post sco­laires et je re­pars cette an­née sans Nap », té­moigne­t­il. Il éco­no­mise ain­si 8.000 eu­ros.

Les autres élus du Pi­thi­ve­rais que nous avons in­ter­ro­gés main­tiennent pour cette ren­trée la gra­tui­té des ac­ti­vi­tés. « Pour l’ins­tant, on serre les bou­lons et on ne de­mande rien aux pa­rents. On fe­ra les comptes en fin d’an­née, mais il n’est pas sûr que ce se­ra gra­tuit éter­nel­le­ment », pré­vient Mar­tial Bour­geois, le pré­sident de la com­mu­nau­té de com­munes de la Plaine du Nord­loi­ret qui y consacre plus de 100.000 eu­ros.

Les Nou­velles ac­ti­vi­tés pé­ris­co­laires (ex-tap) sont tou­jours gra­tuites à l’aube de cette ren­trée sco­laire. Pour com­bien de temps en­core ? Une gra­tui­té qui pour­rait ne pas être éter­nelle

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