Des ani­ma­tions qui ras­semblent

Grâce aux sou­ve­nirs et aux pho­tos de Ber­nard Va­lé­ry, nous ou­vrons un nou­veau cha­pitre de l’his­toire pi­thi­vé­rienne, ce­lui des ani­ma­tions com­mer­ciales qui furent très vi­vaces.

Le Courrier du Loiret - - UNE PHOTO, UNE HISTOIRE - PRO­POS RECUEILLIS PAR PHI­LIPPE DE LA GRANGE

Grand mo­ment d’af­fluence et de liesse po­pu­laire, les louées. Celles de Saint­jean se tiennent au­tour du 24 juin et ont lieu à Pi­thi­viers, Ma­le­sherbes, Ser­maises, At­tray et Ba­zoches­les­gal­le­randes. Les louées d’hi­ver, de Tous­saint, ont lieu les 1er ou 2 no­vembre à Pi­thi­viers, Ma­le­sherbes et Ser­maises.

Les hommes se pro­posent à la louée

Les « gars de ferme » se louent pour les quatre mois d’été ou pour les huit mois d’hi­ver, les gages étant iden­tiques pour les deux pé­riodes. À chaque fois, c’est une foule com­pacte de fer­miers et de com­pa­gnons qui se pressent sur les places et dans les nom­breux bis­trots alen­tour. Les re­trou­vailles donnent lieu à des li­ba­tions fort ar­ro­sées car c’est le mo­ment de la paye et l’on vient en fa­mille faire les achats pour la sai­son à ve­nir : vê­te­ments, chaus­sures, ca­hiers et quelques jouets pour les en­fants, voire un vé­lo et sans ou­blier de se faire pho­to­gra­phier chez Cher­ret ou Va­lé­ry.

La mu­ta­tion du monde agri­cole va en­traî­ner l’in­uti­li­té de ces louées qui dis­pa­raissent peu à peu. Dès la fin de la guerre, les com­mer­çants et les ar­ti­ sans se re­groupent dans des unions com­mer­ciales qui dy­na­misent les rues et les places des ci­tées pour at­ti­rer le cha­land. Ils or­ga­nisent des sa­lons thé­ma­tiques, des dé­fi­lés de mode et des ani­ma­tions di­ver­ ses. Pour dy­na­mi­ser les centres villes, les unions com­mer­ciales ri­va­lisent d’ima­gi­na­tion dans l’or­ga­ni­sa­tion de ma­ni­fes­ta­tions pro­mo­tion­nelles ou fes­tives. Et il en existe dans toutes les grandes villes du Pi­thi­ve­rais : Pi­thi­viers, Ma­le­sherbes, Pui­seaux, Beaune­la­ro­lande. Leurs ma­ni­fes­ta­tions at­tirent tou­jours une grande foule.

L’uciap anime le cen­tre­ville avec dy­na­misme

Cette as­so­cia­tion des com­mer­çants, ar­ti­sans et in­dus­triels de Pi­thi­viers date des an­nées d’avant­guerre. Elle a, pen­dant les hos­ti­li­tés pour pré­sident Léon Villiers, le pa­tron de Grin­goire, qui est aus­si membre ti­tu­laire de la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie, en com­pa­gnie d’étienne Ro­chette, di­rec­teur de la su­cre­rie qui en est, lui, membre cor­res­pon­dant. Du­rant toute la guerre, l’union du com­merce et de l’in­dus­trie de Pi­thi­viers pour­suit, clan­des­ti­ne­ment, ses ac­ti­vi­tés.

Re­grou­pant la qua­si­to­ta­li­té des com­mer­çants et ar­ti­sans, l’union com­mer­ciale de Pi­thi­viers (Uciap) anime, dès les an­nées 50 et tout au long de l’an­née un centre­ville par­ti­cu­liè­re­ment dy­na­mique.

Pour rem­pla­cer la louée de no­vembre, elle or­ga­nise, chaque an­née, sur les mails, une foire aux an­ti­qui­tés. C’est le moyen de faire ve­nir beau­coup de monde en ville et de ré­col­ter un peu d’ar­gent pour fi­nan­cer d’autres ani­ma­tions.

Au prin­temps, un dé­fi­lé de mode se tient dans les sa­lons de l’hô­tel de la Poste au­quel par­ti­cipent tous les com­mer­çants en ha­bille­ment de Pi­thi­viers.

Et à l’ini­tia­tive des co­mi­tés de quar­tiers com­mer­çants, dès le dé­but des an­nées 60, les rues et les places des centres­villes sont illu­mi­nées pour les fêtes de fin d’an­née, des pres­ta­tions fi­nan­cées et ins­tal­lées par les com­mer­çants. Plus tard, la com­mune pren­dra le re­lais pour en faire pro­fi­ter l’en­semble de la ci­té.

Un dé­fi­lé de mode, or­ga­ni­sé par l’union com­mer­ciale de Pi­thi­viers, en 1958, dans les sa­lons de l’hô­tel de la Poste.

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