Im­payés: un casse-tête pour les col­lec­ti­vi­tés

Le Courrier du Loiret - - LA UNE - (PHO­TO : STÉ­PHA­NIE PA­RA)

Pour ré­pondre à l’in­quié­tude des maires, l’as­so­cia­tion des maires du Loi­ret a or­ga­ni­sé une réunion au­tour des im­payés, prin­ci­pa­le­ment ceux de res­tau­ ra­tion sco­laire, d’eau et d’as­sai­nis­se­ment. À Pithiviers, ils re­pré­sentent en­vi­ron 700.000 €. Les élus sont en quête de so­lu­tions.

Pour ré­pondre à l’in­quié­tude des maires, l’as­so­cia­tion des maires du Loi­ret a or­ga­ni­sé une réunion au­tour des im­payés.

Le maire d’une grande col­lec­ti­vi­té le re­con­naît vo­lon­tiers, « Hu­mai­ne­ment, c’est un su­jet sen­sible ». Comment, en ef­fet, trier le bon grain de l’ivraie chez les « mau­vais » payeurs et les dé­bus­quer ? Entre ceux qui tirent réel­le­ment le diable par la queue, les « pho­biques ad­mi­nis­tra­tifs » et les es­crocs ? Entre la mo­rale et des si­tua­tions hu­maines dif­fi­ciles (pri­ver les en­fants de can­tine ou de centres de loi­sirs) et l’équi­libre bud­gé­taire dont les élus sont re­de­vables ? Car les im­payés – prin­ci­pa­le­ment ceux de res­tau­ra­tion sco­laire, d’eau et d’as­sai­nis­se­ment ­ sont une réa­li­té pour les com­munes dont cer­taines s’émeuvent à l’heure où leurs bud­gets sont plom­bés par la baisse des do­ta­tions de l’état.

C’est pour ré­pondre à leur ma­laise qu’une réunion a été or­ga­ni­sée par l’as­so­cia­tion des maires du Loi­ret, mar­di 3 oc­tobre, à Ser­maises, en pré­sence des élus de l’ar­ron­dis­se­ment de Pithiviers qui fai­saient face à Franck Pou­let, di­rec­teur du pôle ges­tion pu­blique de la di­rec­tion ré­gio­nale des fi­nances pu­bliques du Centre­val de Loire, ve­nu pour ré­pondre à cette épi­neuse ques­tion : quelles sont les so­lu­tions pour re­mé­dier au poids des im­payés dans les bud­gets des col­lec­ti­vi­tés lo­cales ? Au préa­lable, l’as­so­cia­tion des maires du Loi­ret avait réa­li­sé cet été une en­quête au­près de ses 369 adhé­rents sur la part des im­payés dans leurs bud­gets dont les ré­ponses ne sem­ blent pas sus­ci­ter une in­quié­tude réelle. (Voir notre en­ca­dré).

Beau­coup plus si­gni­fi­ca­tive, l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale, par l’in­ter­mé­diaire de Franck Pou­let, a dé­li­vré ses propres chiffres : l’an der­nier, les im­payés re­pré­sen­taient 46.049.131.594 € pour l’en­semble des col­ lec­ti­vi­tés lo­cales dont 1.222.631.591 € dans le dé­par­te­ment. Le taux de re­cou­vre­ment était de 88,5 %. Mais « il faut ad­mettre que cer­taines fac­tures ne pour­ront ja­mais être re­cou­vrées (dos­sier de sur­en­det­te­ment, par exemple) et les col­lec­ti­vi­tés doivent ac­cep­ter les ad­mis­sions en non­va­leur qui re­pré­sentent 1 à 2 % des bud­gets de fonc­tion­ne­ment des col­lec­ti­vi­tés », a­t­il avoué. « Faut­il en­ga­ger des frais im­por­tants pour re­cou­vrer une somme mi­nime ? ». Sa ré­ponse est non.

Du vade­me­cum pro­fes­sé par Franck Pou­let à l’in­ten­tion des élus, on re­tien­dra que c’est en amont qu’ils doivent agir : qua­li­té et ra­pi­di­té de la fac­tu­ra­tion, moyens mo­dernes de paie­ment, pré­lè­ve­ment, pré­paie­ment (voir notre ar­ticle sur Nes­ploy)… Plu­tôt que faire ap­pel au comp­table du Tré­sor ou à l’huis­sier pour en­ga­ger des pour­suites, même si, se­lon l’as­so­cia­tion, « la pro­cé­dure reine en la ma­tière est l’op­po­si­tion à tiers dé­ten­teur qui au­to­rise le comp­table pu­blic à ré­cu­pé­rer la somme au­près d’un éta­blis­se­ment ban­caire ou l’em­ployeur du dé­bi­teur de la com­mune ». Plus in­ven­tif, un élu a même sug­gé­ré d’ex­ploi­ter le nu­mé­ro de Sé­cu­ri­té so­ciale pour tra­quer les mau­vais payeurs… Une so­lu­tion re­to­quée par la Com­mis­sion na­tio­nale de l’in­for­ma­tique et des li­ber­tés (Cnil).

(PHO­TO : STÉ­PHA­NIE PA­RA)

En 2016, les im­payés re­pré­sen­taient 46 mil­liards d’eu­ros pour l’en­semble des col­lec­ti­vi­tés lo­cales.

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