Avec sept dé­mis­sions, le con­seil mu­ni­ci­pal d’auxy vole en éclats

Le Courrier du Loiret - - LA UNE - AMBRE CHAUVANET

S’ils sont sept élus à avoir dé­mis­sion­né du con­seil mu­ni­ci­pal d’auxy, ils tiennent à ex­pli­quer leur geste à la po­pu­la­tion. « C’est contre notre gré, mais on n’a pas le choix », as­sure Jean-marc Pier­ron.

« Vos prises de po­si­tions, vos men­songes, les dys­fonc­tion­ne­ments que nous avons consta­tés, votre condam­na­tion ne cor­res­pondent pas à nos va­leurs et à notre vi­sion du tra­vail en équipe », écrivent les élus dans un cour­rier adres­sé au maire d’auxy, Phi­lippe Go­not, mar­di 26 sep­tembre. Au bas de cette lettre, six noms : Béa­trice Com­pain, So­phie Pel­hate, Ma­rie­hé­lène Ro­bi­chon, Re­né Can­tour­net­al­tay­rac, Joël Tres­sard et Jean­marc Pier­ron. De son cô­té, Ma­rie­so­phie Ba­cil­ly, troi­sième ad­jointe au maire char­gée de la com­mis­sion tra­vaux, a sui­vi la pro­cé­dure lé­gale en en­voyant sa dé­mis­sion au pré­fet. Au­tour de la table, sa­me­di 7 oc­tobre, une poi­gnée d’entre eux tient à ex­pli­quer cette ini­tia­tive col­lec­tive. « Nous sommes ar­ri­vés en mai­rie avec des idées, des pro­jets plein la tête », com­mence JeanMarc Pier­ron, ci­tant plu­sieurs de ces pro­jets, par­mi les­quels la ré­ou­ver­ture d’un ma­ga­sin as­so­cia­tif. « On se trou­vait une équipe dy­na­mique, unie, avec des com­pé­tences très di­ver­si­fiées et com­plé­men­taires. Bon nombre de pro­jets qui ont été étu­diés, mis en dé­li­bé­ré, ont tou­jours été ba­foués à la fin », ajoute So­phie Pel­hate. « Il in­ves­tit comme bon lui semble dans du ma­té­riel ou des pro­jets sans convo­quer les élus im­pli­qués dans ces dos­siers », pré­cise Re­né Can­tour­net­al­tay­rac. « À un mo­ment, on s’est dit que ce­la ne pou­vait plus conti­nuer », ré­sume Joël Tres­sard. À no­ter que ces quatre per­sonnes, ain­si que Béa­trice Com­pain, re­joi­gnaient le con­seil suite à l’élec­tion par­tielle com­plé­men­taire de­ve­nue né­ces­saire en sep­tembre 2015 après cinq dé­mis­sions. Des prises de dé­ci­sion qui les font ra­ger

Par­mi les dos­siers sen­sibles évo­qués, ce­lui de l’em­bauche d’un troi­sième can­ton­nier reste mar­quant : sa­laire an­nuel es­ti­mé à 25.000 €, 67 % du bud­get com­mu­nal étant ré­ser­vé aux sa­laires du per­son­nel. La pa­ru­tion d’une an­nonce pour un ap­pel à pro­po­si­tions im­mo­bi­lières pour l’an­cienne mai­son de re­traite ­ « On n’a pas été in­for­més » ­, la ré­no­va­tion de l’abri­bus du bourg (5.000 €) ou l’achat d’une épa­reuse ­ « On avait dé­li­bé­ré pour sous­trai­ter » ­ sont au­tant de su­jets qui font ra­ger les an­ciens élus. « Une com­mune se gère comme une en­tre­prise, avec beau­coup de ri­gueur, de mo­ti­va­tion et un es­prit de groupe », rap­pelle Re­né Can­tour­netAl­tay­rac. Un hon­neur, des va­leurs

Les dé­mê­lés avec la jus­tice de Phi­lippe Go­not, ki­né­si­thé­ra­peute, sont aus­si pro­blé­ma­tiques pour ceux qui ont été in­for­més de ces der­niers par la presse. « Vous vous adres­sez à un Auxois pour lui dire qu’il se­rait bon qu’il mo­di­fie un peu son “pro­jet” de construc­tion car il n’est pas conforme et il vous ré­pond gen­ti­ment qu’il faut com­men­cer par ba­layer de­vant sa porte… », re­grette Jean­marc Pier­ron. Le con­seil au com­plet au­rait en­cou­ra­gé le maire à dé­mis­sion­ner en 2016. Pour le maire, ce­la au­rait été sy­no­nyme de culpa­bi­li­té. « Il a un hon­neur et nous, on a nos va­leurs », ré­plique So­phie Pel­hate. Le con­seil mu­ni­ci­pal au­rait alors choi­si de lui lais­ser un pou­voir de dé­ci­sion seule­ment pour les af­faires cou­rantes, les pe­tits in­ves­tis­se­ments. Chose, qui, à les en­tendre, n’a pas été ap­pli­quée.

Suite à ces sept dé­mis­sions, les Auxois se­ront à nou­veau ap­pe­lés aux urnes d’ici trois mois. Les pro­chaines élec­tions mu­ni­ci­pales étant pré­vues, pour l’heure, en 2020, les dé­mis­sion­naires n’ex­cluent pas de se pré­sen­ter col­lec­ti­ve­ment.

« Il n’y a pas de men­songe ni de dé­ci­sion en sous­main », as­sure quant à lui Phi­lippe Go­not, qui n’a pas été sur­pris par ces sept dé­mis­sions.

De pre­mières élec­tions par­tielles com­plé­men­taires avaient eu lieu di­manche en 2015. Les Auxois de­vront à nou­veau se rendre aux urnes d’ici trois mois. (PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION)

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