Le pa­tri­moine me­na­cé ?

Le Courrier du Loiret - - DOSSIER - P. L. G.

À Yèvre-le-châ­tel, l’as­so­cia­tion Les com­pa­gnons de la Châ­tel­le­nie em­ploie trois contrats ai­dés pour en­tre­te­nir le vil­lage. Leurs contrats ar­rivent à échéance.

S’il y en a un qui n’est pas à la fête, c’est bien Alain Di Sté­fa­no qui, comme maire de Yèvre ­ mais sur­tout comme pré­sident des Com­pa­gnons de la Cha­tel­le­nie – tient les rênes d’une com­mune la­bel­li­sée : Plus beau vil­lage de France (le seul du Loi­ret), et trois fleurs, soit 100.000 vi­si­teurs par an et 7.000 en­trées payantes pour vi­si­ter la for­te­resse. Un tel dé­cor, qui ne souffre pas la mé­dio­cri­té, contraint l’as­so­cia­tion – désar­gen­tée ­ à re­cru­ter des bras pour l’ac­cueil et l’en­tre­tien du vil­lage.

De­puis l’ins­tau­ra­tion des fa­meux Tra­vaux d’uti­li­té col­lec­tive ( Tuc) dans les an­nées 80, Alain Di Sté­fa­no s’est constam­ment tour­né vers les emplois ai­dés dont le tra­vail contri­bue gran­de­ment à la ré­pu­ta­tion et à l’es­thé­tique du site. Trois per­sonnes, « dont nous sommes plu­tôt sa­tis­faits », ob­serve­til, y veillent en per­ma­nence, ré­mu­né­rées sur la base d’un Smic pour vingt heures heb­do­ma­daires de tra­vail (628 € bruts). « Ils as­surent l’ac­cueil des vi­si­teurs, taillent et plantent. Sans eux, on ne pour­rait pas fonc­tion­ner. C’est un cercle ver­tueux : c’est parce qu’on les a qu’on peut ac­cueillir le pu­blic et c’est parce qu’on a des vi­si­teurs qu’on peut les payer. Si on n’ en a plus, on ne pour­ra plus as­su­rer l’ou­ver­ture du châ­teau et l’en­tre­tien du vil­lage, ce qui risque de mettre en cause l’éco­no­mie du vil­lage, l’un des prin­ci­paux sites tou­ris­tiques du Nord­loi­ret, nos ani­ma­tions et notre la­bel », craint Alain Di Sté­fa­no. « Nous avons aus­si un rôle so­cial et c’est utile pour tout le monde : nous ac­com­pa­gnons des per­sonnes qui ont du mal à re­trou­ver un em­ploi dans le sec­teur mar­chand. Si­non, ces gens at­ter­rissent à Pôle em­ploi, res­tent chez eux et fi­nissent au RSA (Re­ve­nu de so­li­da­ri­té ac­tive). Par­mi nos trois emplois ai­dés, nous avons un tra­vailleur han­di­ca­pé. Chez nous, il a trou­vé sa place ». Le 1e mars pro­chain, leur contrat arrive à échéance et Alain Di Sté­fa­no ne sait pas com­ment il pour­ra pal­lier à la sup­pres­sion an­non­cée des contrats ai­dés pour son vil­lage.

L’église Saint-lu­bin, l’un des sites dont les trois em­ployés en contrat ai­dé ont la charge.

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