Quel ave­nir après la fin des contrats ai­dés ?

Le Courrier du Loiret - - LA UNE - P. L. G

Dans le col­li­ma­teur du gou­ver­ne­ment, les contrats ai­dés font dé­bat. Leur ré­duc­tion an­non­cée trouble sé­rieu­se­ment les col­lec­ti­vi­tés et les as­so­cia­tions.

Une ban­de­role barre le fron­tis­pice de l’hô­tel de ville de Fron­ti­gnan­laPey­rade : « À vendre ». Comme l’école et le ci­né­ma de cette com­mune moyenne au coeur du bas­sin de Thau, dans l’hé­rault. C’est le moyen qu’a trou­vé le maire (PS) pour aler­ter ses ad­mi­nis­trés, et au­de­là, sur la baisse des contrats ai­dés (em­ploi d’ave­nir, contrat unique d’in­ser­tion, contrat d’ac­com­pa­gne­ment dans l’em­ploi, contrat initiative em­ploi).

Cette me­sure qui guette les ter­ri­toires, est ju­gée « oné­reuse et peu ef­fi­caces. Le taux de re­tour à l’em­ploi du­rable des per­sonnes concer­nées est, en ef­fet, très faible », a cer­ti­fié Em­ma­nuel Ma­cron.

La grogne des as­so­cia­tions et des col­lec­ti­vi­tés

Leur ré­duc­tion (149.000 pour l’an­née en cours alors que 497.000 avaient été fi­nan­cés par l’état en 2016), an­non­cé l’été der­nier, avait pro­vo­qué un tol­lé dans les rangs des as­so­cia­tions et des col­lec­ti­vi­tés lo­cales, dé­jà très re­mon­tées contre le pou­voir.

La mèche al­lu­mée par l’exé­cu­tif a aus­si­tôt mis le feu aux poudres et pro­vo­qué un dé­but de pa­nique chez les plus tou­chés. Tant et si bien qu’édouard Phi­lippe a en­clen­ché une lé­ gère marche ar­rière. Face à la grogne, il a consen­ti à re­voir sa co­pie en ac­cor­dant un sur­plus de 320.000. À condi­tion qu’ils pro­fitent aux jeunes en in­ser­tion et aux chô­meurs de longue du­rée, qu’ils soient ci­blés dans deux do­maines, « l’ur­gence sa­ni­taire et so­ciale et l’ac­com­pa­gne­ment des en­fants han­di­ca­pés en mi­lieu sco­laire avec une prio­ri­té à l’outre­mer et aux com­munes ru­rales ».

« Les re­nou­vel­le­ments sont en­core pos­sibles, mais ac­tuel­le­ment nous ne pou­vons plus conclure des emplois d’ave­nir », tem­père Do­lores Niol­let, char­gée re­la­tions en­tre­prises à la Mis­sion lo­cale du Pi­thi­ve­rais. Et de toute part se pro­page une le­vée de bou­cliers, comme ces pa­rents d’élèves qui ma­ni­festent à Neuville­aux­bois et à Pithiviers contre la sup­pres­sion des EVS (emplois de vie sco­laire). Le conseil ré­gio­nal, qui em­ployait 222 contrats ai­dés, dont la plu­part tra­vaille dans les ly­cées, a dû se sé­pa­rer de 126 per­sonnes à la fin de l’été. Pour les rem­pla­cer, il a dû créer 85 contrats à du­rée dé­ter­mi­née qui im­pactent bru­ta­le­ment son bud­get : 426.000 eu­ros…

De­puis l’ins­tau­ra­tion des emplois d’ave­nir, 272 contrats ont été si­gnés dans le Pi­thi­ve­rais. 45,86 % ont trou­vé un em­ploi et 62 % d’entre eux ont été em­bau­chés en CDI ou CDD par leur em­ployeur.

(PHO­TO D’AR­CHIVES)

À Neuville-aux-bois, les fa­milles es­timent que leur école est en dan­ger.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.