Et la vie so­ciale ?

Le Courrier du Loiret - - AU FIL DES JOURS - FRAN­CIS BONNET

La sup­pres­sion des emplois ai­dés se­rai­telle la double peine pour la vie as­so­cia­tive ? Au­tre­ment dit, à la crise du bé­né­vo­lat qui ca­rac­té­rise notre société de­ve­nue très in­di­vi­dua­liste s’ajou­te­rait main­te­nant la perte de ces contrats ai­dés sans les­quels de nom­breuses as­so­cia­tions pour­raient tout bon­ne­ment mettre la clé sous la porte. Tous les sec­teurs sont tou­chés, qu’il s’agisse des ser­vices so­ciaux des col­lec­ti­vi­tés lo­cales, des clubs spor­tifs, l’en­ca­dre­ment des jeunes dans les quar­tiers, sans ou­blier l’aide aux per­sonnes âgées. A l’évi­dence, on a sous­es­ti­mé en haut lieu l’im­pact d’une telle me­sure sur la vie lo­cale. A Châ­lette, ce sont 16 per­sonnes qui de­vraient se re­trou­ver sur le car­reau se­lon le maire, Franck De­mau­mont. A Mon­tar­gis, le dé­pu­té­maire, Jean­pierre Door ne dé­co­lère pas, es­ti­mant la casse à près de 40 emplois. La pro­blé­ma­tique est la même à Pithiviers et dans bien d’autres com­munes de notre ré­gion. En vé­ri­té, c’est toute la France ru­rale qui est prin­ci­pa­le­ment tou­chée par cette me­sure très ré­ga­lienne. Si l’état doit faire des éco­no­mies, ce n’est pas au dé­tri­ment de la vie so­ciale qui par­ti­cipe, peu ou prou, à la dy­na­mique éco­no­mique de notre pays. Que se­rait la vie ter­ri­to­riale sans les as­so­cia­tions ? Notre jour­nal prouve, s’il en est be­soin, com­bien la ru­ra­li­té ne se­rait rien sans cette vie as­so­cia­tive dont nous ren­dons compte chaque se­maine. Mais en a­t­on conscience sous les ors de la Ré­pu­blique, qu’elle soit en marche ou non ? Peut­être qu’à Pa­ris et par­mi nos élites très ci­ta­dines, les consé­quences de cette me­sure sont­elles moins com­pré­hen­sibles que dans cette France que l’on dit pro­fonde. C’est pour­tant cette France­là qui a joué un rôle ma­jeur dans la construc­tion de notre mo­dèle so­cial. Il fau­drait ne pas l’ou­blier sous pré­texte de ri­gueur bud­gé­taire. Mais ce rôle n’est guère re­con­nu, voire mi­ni­mi­sé. Pour­tant, 13 mil­lions de bé­né­voles, soit 40 % de ci­toyens font par­tie d’une ou de plu­sieurs as­so­cia­tions. Il convien­drait de ne pas les dé­cou­ra­ger.

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