Le juge va­lide le per­mis de construire du mur Ma­lé­cot

Le Courrier du Loiret - - La Une - MA­RIE JOUSSEAUME

C’est main­te­nant une cer­ti­tude : le bâ­ti­ment de l’en­tre­prise Ma­lé­cot se­ra bien construit, en bor­dure de jar­din des ri­ve­rains du lo­tis­se­ment voi­sin. Le juge du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif d’or­léans a ren­du sa dé­ci­sion jeu­di 5 avril.

◗ L’af­faire du mur Ma­lé­cot, épi­sode tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif, c’est ter­mi­né. Lors de l’au­dience qui avait eu lieu à Or­léans ven­dre­di 27 mars, chaque par­tie avait pu avan­cer ces ar­gu­ments.

Les ri­ve­rains du bâ­ti­ment de­man­daient la sus­pen­sion du per­mis de construire, l’en­tre­prise Ma­lé­cot ré­cla­mait 10.000 € à cha­cune des quatre fa­milles pour le pré­ju­dice su­bi d’une « vé­ri­table cam­pagne de dif­fa­ma­tion » me­née par les ha­bi­tants, et la mu­ni­ci­pa­li­té dé­fen­dait la va­li­di­té du per­mis de construire qu’elle avait dé­li­vré.

La juge des ré­fé­rés, qui dé­cide dans les cas de pro­cé­dures d’ur­gence, a ren­du sa dé­ci­sion, jeu­di 5 avril. Le per­mis de construire ne se­ra pas sus­pen­du, comme de­man­dé par les ri­ve­rains. Le bâ­ti­ment de 7,5 m de haut en bor­dure de jar­din se­ra donc bien construit. De plus, les ha­bi­tants ont été con­dam­nés à ver­ser la somme de 800 € en­semble à la mu­ni­ci­pa­li­té et de 100 € cha­cun à l’en­tre­prise Ma­lé­cot, pour les frais ju­di­ciaires. La suite de l’af­faire se joue­ra dé­sor­mais au tri­bu­nal de grande ins­tance, dans un an. Avant ce­la, chaque par­tie a ré­agi à cette dé­ci­sion de jus­tice.

Les ri­ve­rains :

Du cô­té des quatre fa­milles qui ha­bitent le lo­tis­se­ment voi­sin à la construc­tion, on ac­cepte la dé­ci­sion, tout en res­tant dé­ter­mi­né : « La jus­tice a ren­du son avis, on le res­pecte. On va conti­nuer au tri­bu­nal de grande ins­tance, pour dé­fendre nos droits fon­da­men­taux et no­tam­ment notre cadre de vie », in­dique une des ha­bi­tantes. « On s’en dou­tait un peu, du re­fus de sus­pen­sion du per­mis de construire, on ne s’at­ten­dait pas à un ex­ploit », pour­suit sa voi­sine. « Mais c’est vrai que ça dé­mo­ra­lise. Il n’y a pas le choix, le bâ­ti­ment se­ra là. Quand il a fait beau ces der­niers jours, on a pu consta­ter l’ombre por­tée sur les ter­rains » pré­cise­t­elle.

L’en­tre­prise :

Pour le di­rec­teur gé­né­ral de l’en­tre­prise Ma­lé­cot, Vincent Guillon, « La dé­ci­sion n’est pas une sur­prise. Il n’y avait pas de rai­son, puisque tout avait été fait dans les règles, en temps et en heure. On ne peut pas em­pê­cher les ri­ve­rains de conti­nuer la pro­cé­dure… On se dé­fen­dra comme on l’a dé­jà fait ». Quid des 10.000 € que l’en­tre­prise a ré­cla­més ? « Cette af­faire a pe­sé sur la so­cié­té. De­puis trois mois, tous les jours on en en­tend par­ler, on a des re­marques désa­gréables. Sans par­ler des tracts, des mes­sages sur les ré­seaux so­ciaux », conclut­il.

La mu­ni­ci­pa­li­té :

« Je me re­fuse à faire le moindre com­men­taire. Je n’en ai pas fait pour la Ré­pu­blique du Centre ni pour France Bleu (et donc pas plus pour le Cour­rier du Loi­ret, N.D.L.R.). On a signé un per­mis de construire qui a été va­li­dé par le ser­vice ins­truc­teur et par les Bâ­ti­ments de France. Nous étions re­pré­sen­tés à l’au­dience, par obli­ga­tion », in­dique le maire de la com­mune, Mi­chel Mar­tin.

La suite de l’af­faire se joue­ra donc au tri­bu­nal de grande ins­tance. D’ici là, le bâ­ti­ment se­ra sor­ti de terre.

L’ombre du bâ­ti­ment Ma­lé­cot sur les jar­dins est main­te­nant une cer­ti­tude, le per­mis de construire n’a pas été sus­pen­du.

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