Tho­mas Pes­quet en star à Pi­thi­viers

Le Courrier du Loiret - - La Une - AMBRE CHAUVANET

Tho­mas Pes­quet, dixième Fran­çais à être al­lé dans l’es­pace, était à Pi­thi­viers, ven­dre­di 8 juin, pour inau­gu­rer la salle qui porte son nom au ly­cée pro­fes­sion­nel Jeande­la­taille. Il a éga­le­ment don­né une confé­rence.

Après l’inau­gu­ra­tion de l’es­pace por­tant son nom et un dé­jeu­ner en comité res­treint, Tho­mas Pes­quet s’est lan­cé dans une confé­rence de près de deux heures, dans la salle po­ly­va­lente de l’éta­blis­se­ment voi­sin, le col­lège De­nis-pois­son, de­vant 250 per­sonnes. Ré­cit d’un voyage dans l’es­pace.

◗ Ils sa­vaient bien qu’ils étaient des pri­vi­lé­giés. Même si la confé­rence était re­trans­mise en di­rect à l’uni­ver­si­té d’or­léans et sur la chaîne Youtube du Rec­to­rat, les 250 élèves, prin­ci­pa­le­ment des col­lé­giens et ly­céens, ont eu la chance de ren­con­trer le cé­lèbre as­tro­naute. Avec hu­mour et simplicité, Tho­mas Pes­quet leur a conté l’es­pace.

Un dé­part qui se pré­pare

« La réa­li­té, c’est qu’il faut des heures et des heures pour se pré­pa­rer à al­ler dans l’es­pace. Moi, j’ai mis sept ans. On a pas­sé beau­coup de temps en salle de classe. Il y a des choses pas très mar­rantes et d’autres un peu plus lu­diques, pour se connaître soi­même, ses co­équi­piers et ses li­mites. On a fait des stages de sur­vie en mi­lieu hi­ver­nal et aqua­tique. Si le re­tour se passe mal, il faut qu’on soit ca­pables de faire face à toutes les si­tua­tions pos­sibles en at­ten­dant les ser­vices de se­cours et de sé­cu­ri­té. On a aus­si un en­traî­ne­ment mé­di­cal. À bord de la sta­tion, on n’a pas for­cé­ment de mé­de­cin, il faut être ca­pable de se dé­brouiller tout seul : points de su­ture, in­tu­ba­tion et j’en passe ».

Le dé­col­lage, c’est comment ?

« À Baï­ko­nour (au Ka­za­khs­tan N.D.L.R.), on fait connais­sance avec notre fu­sée, on fait les der­niers tests et on dit au re­voir à la fa­mille qui est ve­nue as­sis­ter au lan­ce­ment. On monte, tout en haut de cette fu­sée, à 53 mètres. Au dé­col­lage, on est pro­pul­sés à une vi­tesse et une al­ti­tude in­croyable vers la sta­tion spa­tiale. Deux jours de vol dans le vais­seau Soyouz, le vo­lume d’une Fiat 500, pour re­joindre nos col­lègues qui nous at­ten­daient dé­jà à bord et pou­voir vrai­ment, après sept ans de tra­vail, dé­bu­ter la mis­sion ».

Une fois dans l’es­pace, ça donne quoi ?

« Sur la sta­tion spa­tiale, on ne fait pas que s’amu­ser, je vous le ga­ran­tis. On fait beau­coup de re­cherches, on uti­lise les pro­prié­tés de l’im­pe­san­teur pour faire des ex­pé­riences que l’on ne peut pas faire au sol, en mé­de­cine no­tam­ment, et qui donnent ac­cès à des phé­no­mènes qui sont ca­chés sur terre. Le tra­vail qu’on fait au­jourd’hui dans la sta­tion spa­tiale nous sert beau­coup à dé­ve­lop­per des tech­niques et des tech­no­lo­gies de l’ex­plo­ra­tion, pour un jour, al­ler sur Mars. On se pré­pare à la suite de l’ex­plo­ra­tion. Il y a aus­si une ac­ti­vi­té qui sort de l’or­di­naire, qui pour nous, a eu lieu six fois, c’est de sor­tir de la sta­tion en sca­phandre ».

Et après ? L’ave­nir, ce se­ra quoi ?

« On a fait 196 jours dans l’es­pace. Et un beau jour de juin 2017, il a été temps de ren­trer, on a lais­sé nos col­lègues der­rière nous. Au­jourd’hui, je me pré­pare pour la suite. Ce se­ra sans doute la lune. Ul­ti­me­ment, on l’es­père, on ira un jour sur Mars ».

Avant la confé­rence, les col­lé­giens qui ne pou­vaient y as­sis­ter ont pu voir ar­ri­ver Tho­mas Pes­quet.

De­vant 250 per­sonnes, prin­ci­pa­le­ment des col­lé­giens et ly­céens, Tho­mas Pes­quet a ra­con­té son ex­pé­rience spa­tiale.

Les élèves ont pu in­ter­ro­ger l’as­tro­naute.

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