« Les rem­pla­cer par des ca­bines, c’est illu­soire »

Le Courrier du Loiret - - Au Pays - P. L. G

Porte-pa­role de l’as­so­cia­tion des mé­de­cins ur­gen­tistes de France, le doc­teur Ch­ris­tophe Prud­homme doute que la té­lé­mé­de­cine soit le re­mède mi­racle.

◗ « Du bri­co­lage, du n’im­porte quoi, ce n’est pas sé­rieux ». Porte­pa­role de l’as­so­cia­tion des mé­de­cins ur­gen­tistes de France, le doc­teur Ch­ris­tophe Prud­homme n’est pas tendre avec son col­lègue, le car­dio­logue­dé­pu­té JeanPierre Door, pré­sident de l’as­so­cia­tion de té­lé­mé­de­cine qui porte le pro­jet de té­lé­con­sul­ta­tion que nous ex­po­sons dans ce dos­sier.

En ce­la, il re­joint un cer­tain nombre de pra­ti­ciens qui ex­priment leur mé­fiance ou, plus sim­ple­ment leur mé­con­nais­sance de l’ou­til, sur­tout chez les plus âgés. « Il y a be­soin d’un contact phy­sique entre deux per­sonnes. Rien ne peut rem­pla­cer un mé­de­cin gé­né­ra­liste face à son pa­tient. Les rem­pla­cer par des ca­bines, c’est illu­soire. On ne peut bien tra­vailler que quand on tra­vaille en équipe. Ca, ça ne pour­ra ja­mais être ré­glé par la té­lé­mé­de­cine », es­time Ch­ris­tophe Prud­homme. Pour l’ur­gen­tiste, c’est sim­ple­ment un pal­lia­tif, un cau­tère sur une jambe de bois. « On ne peut pas uti­li­ser la té­lé­mé­de­cine de fa­çon sub­sti­tu­tive pour faire des éco­no­mies ou pour faire croire qu’elle est la ré­ponse à la dé­ser­ti­fi­ca­tion mé­di­cale. Ce­la ren­voie à une juste ré­par­ti­tion des pro­fes­sion­nels de san­té sur le ter­ri­toire qui est le vrai pro­blème ».

Pour au­tant, l’ur­gen­tiste n’écarte pas d’un re­vers de la main le gain que la té­lé­trans­mis­sion peut ap­por­ter à cer­taines pa­tho­lo­gies, à amé­lio­rer la prise en charge des pa­tients et à trans­mettre des in­for­ma­tions à dis­tance.

La té­lé­mé­de­cine comme ou­til

Des gestes qu’il ac­com­plit lui aus­si dans son quo­ti­dien en sol­li­ci­tant l’avis de ses col­lègues à dis­tance. Ch­ris­tophe Prud­homme cite la der­ma­to­lo­gie, la prise en charge des ac­ci­dents vas­cu­laires cé­ré­braux (AVC) qui per­met un diag­nos­tic pré­coce par une ex­per­tise neu­ro­lo­gique à dis­tance, le pa­ce­ma­ker in­tel­ligent ou le trai­te­ment à dis­tance de « plaies chro­niques » liées au dia­bète.

« On ne peut pas s’op­po­ser au pro­grès, mais la té­lé­mé­de­cine ne doit res­ter qu’un ou­til. Rien ne peut rem­pla­cer l’hu­main », in­siste une nou­velle fois le mé­de­cin.

« Il y a be­soin d’un contact phy­sique »

(PHO­TO : CÉ­CILE CHAMPAGNAT)

Ch­ris­tophe Prud­homme n’est pas fa­vo­rable à la gé­né­ra­li­sa­tion de la té­lé­mé­de­cine.

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