Mieux pé­da­ler

La ca­dence de pé­da­lage est une chose, la flui­di­té du coup de pé­dale en est une autre. La pre­mière dé­pend de vos ap­ti­tudes phy­siques et la se­conde de votre ma­té­riel. Si ce der­nier est mal « ré­glé », pas ques­tion de mon­ter dans les tours !

Le Cycle - - Dossier -

Tour­ner rond comme une hor­loge, avoir la soc­quette lé­gère, cha­touiller les pé­dales, au­tant d’ex­pres­sions qui té­moignent de votre fa­ci­li­té à pé­da­ler. Mais de quoi cette ai­sance est-elle fonc­tion ? De la puis­sance dé­ve­lop­pée, de la ca­dence, de la flui­di­té du mou­ve­ment ? Ou sim­ple­ment du fait que pé­da­ler de­vient un geste aus­si na­tu­rel que de mar­cher ? Un peu de tout ce­la, en fait. Pour rou­ler long­temps et le plus vite pos­sible, il faut que le geste soit « éco­no­mique », ce qui im­plique que les deux jambes ne tra­vaillent ni l’une contre l’autre ni l’une après l’autre, mais vrai­ment en­semble. Le cycle du pé­da­lage, du fait de notre ana­to­mie, com­porte deux points morts (haut et bas), que l’on doit at­té­nuer, faute de pou­voir les sup­pri­mer, et c’est sur ce­la que porte tout le tra­vail ! Un bon pla­ce­ment du corps, du pied, des cales, des exer­cices et des ma­té­riels spé­ci­fiques peuvent fa­ci­li­ter ce pas­sage. Tout comme l’uti­li­sa­tion de pla­teaux non cir­cu­laires, car tous ne sont pas ovales… LES PHASES DE PÉ­DA­LAGE : UN CYCLE IN­FER­NAL Un cy­cliste oc­ca­sion­nel se contente d’ap­puyer sur la pé­dale qui des­cend, sans faire tra­vailler sa jambe à la re­mon­tée. Elle se com­porte comme un poids mort. La « pous­sée » n’est donc ef­fec­tive que sur un de­mi-tour de pé­da­lier. En fait, net­te­ment moins dans la réa­li­té, puisque la pous­sée prend fin avant le point mort bas. Sur les 360° de la ro­ta­tion, il y au­ra 140° de pro­duc­tif, le reste se fai­sant sur l’élan... La ca­dence du cy­cliste « loi­sir », proche de celle de la marche sur le plat, est de 40 à 50 tours par mi­nute. Ce­la im­plique d’uti­li­ser un dé­ve­lop­pe­ment as­sez long pour avoir un peu de vi­tesse, ce qui donne mal aux jambes ! En mon­tée la ca­dence des­cen­dra aux alen­tours des 30-40 tours/mi­nute. Le cy­cliste en­traî­né est, lui, plus ef­fi­cace avec 90-100 tours/mi­nute sur le plat et 60-75 tours/ mi­nute en mon­tée. Ce qui lui per­met d’at­teindre cette ca­dence, c’est l’en­traî­ne­ment qui a op­ti­mi­sé son geste. Là où le cy­cliste oc­ca­sion­nel « marche » sur un pé­da­lier, le cy­cliste « en­roule », et cette ca­dence éle­vée conduit le pied à ef­fa­cer le point mort sur l’élan. Cha­cune de ses jambes va pous­ser puis ti­rer sur la pé­dale, por­tant la phase mo­trice à près de 340° pour les cy­clistes les plus « souples ». La syn­chro­ni­sa­tion entre les deux membres in­fé­rieurs se­ra la ga­rante de cette flui­di­té. La pous­sée pro­pre­ment dite dé­pas­se­ra même par­fois la ver­ti­cale sui­vant le mou­ve­ment de bas­cule de la che­ville ou son ver­rouillage. Mais la ci­né­ma­tique du pied est spé­ci­fique à cha­cun. An­que­til pé­da­lait de la pointe, ce qui lui per­met­tait de pous­ser en­core quand il ar­ri­vait au point mort bas avant de ti­rer ; Mer­ckx écra­sait les pé­dales, et une fois au point mort bas, le ta­lon bas­cu­lait vers le sol pour en­ta­mer le ti­rage et ef­fa­cer le point mort. Dans ces deux cas, on peut af­fir­mer que le coup de pé­dale n’était pas d’une er­go­no­mie par­faite, mais vu les pal­ma­rès ac­quis par ces deux cham­pions, il était ef­fi­cace… Rou­leur, grim­peur ou sprin­teur ont donc leur coup de pé­dale spé­ci­fique, tout comme les grands, les pe­tits, les fins ou les très mus­clés ! Le tout est de le tra­vailler, de le dé­ve­lop­per, de l’en­tre­te­nir, voire de l’amé­lio­rer. Le pi­gnon fixe, qui im­pose un pas­sage ra­pide du point mort, est un ou­til ef­fi­cace pour dé­ve­lop­per ce coup de pé­dale « à géo­mé­trie va­riable » qui per­met de faire va­rier la di­rec­tion de l’ap­pli­ca­tion des forces. Car il existe un autre fac­teur à prendre en compte. Si le cycle de pé­da­lage est cir­cu­laire, la ré­par­ti­tion de la force n’est pas li­néaire pour au­tant. Elle va­rie en per­ma­nence tant en in­ten­si­té qu’en di­rec­tion. On « force » ain­si beau­coup plus avec les ma­ni­velles à la ver­ti­cale où le bras de le­vier est moindre qu’avec les ma­ni­velles à l’ho­ri­zon­tale où il est

Même avec des contraintes éle­vées, le home-trai­ner reste un bon ou­til pour tra­vailler sa vé­lo­ci­té.

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