Mo­teur Du­rax

Le nou­veau mo­teur à as­sis­tance élec­trique Du­rax a quelques atouts pour trans­for­mer un vé­lo de route en VAE. De quoi in­té­res­ser une clien­tèle qui n’en a plus la force, mais qui rêve en­core d’imi­ter les ex­ploits de War­ren Bar­guil dans les plus beaux cols.

Le Cycle - - Sommaire - Texte et pho­tos P. Ca­ré

Le sys­tème Du­rax est dé­crit comme ac­ces­sible : « Il per­met de s’adap­ter à tout cadre de vé­lo de route avec son mo­teur in­té­gré à la roue ar­rière et sa batterie en forme de bi­don » , ré­vèle le com­mu­ni­qué. Mais ce­la vaut-il pour tous les vé­los de route, vrai­ment ? En réa­li­té, le mo­teur dans le moyeu im­pose un en­traxe de cadre de 140 mm, en­traxe stan­dard sur les vé­los avec freins à disque. Mais en­core faut-il que le cadre soit pré­vu pour des pattes clas­siques, pour lo­ger l’axe fi­le­té de la roue de 11 mm ! Il ne faut donc pas de sys­tème à axe tra­ver­sant puisque le fais­ceau élec­trique rentre par l’axe du moyeu… Voi­là qui li­mite en­core un peu plus le type de vé­lo sur le­quel ce mo­teur peut être uti­li­sé. Mais pour ceux qui ont dé­jà le cadre (di­sons le vé­lo) com­pa­tible, l’idée de cette « cus­to­mi­sa­tion » pa­raît in­té­res­sante, d’au­tant plus que les fais­ceaux qui re­lient les élé­ments ne sont pas obli­ga­toi­re­ment in­té­grés dans le cadre. D’une part, la roue ar­rière com­plète ne pèse « que » 3,3 kg (3 889 g pré­ci­sé­ment avec le pneu, la chambre à air et la cas­sette), et le sys­tème se monte et se dé­monte as­sez ai­sé­ment avec une clé (de 18) pour ser­rer ou des­ser­rer les écrous. Tout équi­pé, le vé­lo en alu de notre test ne dé­pas­sait pas les 13,2 kg.

DÉ­PAS­SER LE SEUIL  LÉ­GAL 

Le mo­teur, in­té­gré dans le moyeu, dis­pose d’un em­brayage de type élec­tro­ma­gné­tique, un mé­ca­nisme sans en­gre­nages, donc. L’avan­tage est qu’il est lé­ger et com­pact, mais la tem­pé­ra­ture est dif­fi­cile à gé­rer puisque ce mo­teur se coupe dès qu’il at­teint un ni­veau de chauffe trop éle­vé, lors­qu’on tire un peu trop fort et trop long­temps des­sus. Il faut donc uti­li­ser la puis­sance et la du­rée d’as­sis­tance avec par­ci­mo­nie, juste ce qu’il faut, quand il faut. Cette puis­sance bien pré­sente booste le cy­cliste dans les mon­tées, et ce, quel que soit le ni­veau d’as­sis­tance

(ni­veau 1 à 5). L’as­sis­tance se dé­clenche au bout d’un à deux tours de ma­ni­velles et se coupe lorsque l’on at­teint les 27 km/h. Mais en mo­di­fiant (via la console) le dia­mètre des roues (par un dia­mètre plus pe­tit), il est as­sez fa­cile de dé­pas­ser le seuil « lé­gal » d’as­sis­tance du mo­teur. De ce point de vue, et même si ce n’est pas conseillé, le Du­rax est donc un pro­duit qui peut in­té­res­ser les cy­clistes qui sou­haitent avoir une as­sis­tance plus éle­vée et moins bri­dée que sur les VAE à mo­teur cen­tral pour rou­ler plus fa­ci­le­ment dans les pe­lo­tons.

PLUS LÉ­GER QU’UN VAE

La batterie à piles li­thium-ion est en forme de bi­don (deux tailles dis­po­nibles et donc deux au­to­no­mies), elle mo­no­po­lise de ce fait un porte-bi­don et im­pose l’usage d’un porte-bi­don en acier plus ri­gide pour te­nir son 1,72 kg (en grande ver­sion). Mal­gré ce­la, sur les routes les plus chao­tiques, le sys­tème reste un peu bran­lant. Bonne nou­velle, les don­nées théo­riques d’au­to­no­mie semblent mi­ni­mi­sées, puisque après une sor­tie de 35 km, en ex­ploi­tant sou­vent une as­sis­tance presque au ni­veau maxi­mal (ni­veau 4 ou 5), il res­tait sept dixièmes d’au­to­no­mie, ce qui laisse en­vi­sa­ger un peu plus que les 70 km an­non­cés. L’écran TFT LCD de la console est as­sez grand, de la taille d’un smart­phone, et les don­nées as­sez li­sibles glo­ba­le­ment, en ce qui concerne le ni­veau de puis­sance ou de la batterie. Seul l’af­fi­chage des watts (chiffres en rouge) est illi­sible par temps en­so­leillé. Pour conclure, le pro­duit est in­té­res­sant, avec son coût abor­dable. De plus, il s’ins­talle fa­ci­le­ment. Et sur­tout, il est plus lourd qu’un vé­lo clas­sique, mais beau­coup plus lé­ger qu’un VAE route d’ori­gine. Ceux qui n’ont plus ni les jambes ni le souffle pour suivre les co­pains ap­pré­cie­ront !

Le mo­teur dans le moyeu dé­ve­loppe 250 W par un mé­ca­nisme sans em­brayage. Il se dis­tingue par sa com­pa­ci­té et sa lé­gè­re­té.

En plus du ni­veau af­fi­ché sur l’écran, la batterie dis­pose de ses propres té­moins lu­mi­neux.

La batterie (ici dans sa ver­sion grande ca­pa­ci­té) a beau être deux fois plus lourde qu’un grand bi­don rem­pli d’eau, elle n’en de­meure pas moins es­thé­tique.

Le vé­lo équi­pé res­semble à un vé­lo de course nor­mal et son poids reste en­core rai­son­nable : 13,2 kg, contre près de 20 kg pour un mo­dèle avec un mo­teur cen­tral.

Dans les mon­tées et les faux plats mon­tants, l’as­sis­tance sa­tis­fe­ra les cy­clos qui ont du mal à suivre le groupe.

L’écran est grand et les don­nées sont li­sibles, sauf les watts. Le com­mo­do res­semble à ce­lui du mo­teur Ya­ma­ha.

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