Sous la CANOPEE de Châ­teau­dun.

Con­ser­va­toire d’aé­ro­nefs non opé­ra­tion­nels pré­ser­vés et ex­po­sés

Le Fana de l'Aviation - - Sommaire - Texte et pho­tos Xa­vier Méal

Lan­cée à Châ­teau­dun en 2004 par quatre pas­sion­nés, l’aven­ture CANOPEE, dont le but est de pré­ser­ver des avions ayant ser­vi dans l’ar­mée de l’Air, a don­né nais­sance à l’un des prin­ci­paux mu­sées aé­ro­nau­tiques du pays.

L’ordre tom­ba le 25 juillet 2004, en forme de ga­geure : “Mon­tez-moi un mu­sée, sans ligne de cré­dit ni per­son­nel af­fec­té.” Mais pas dans n’im­porte quelle oreille : le ma­jor Jean-Mi­chel Wuille­main avait la ré­pu­ta­tion d’être un “fa­na” d’avia­tion. Le co­lo­nel Eric Law de Lau­ris­ton de Bou­bers, qui com­man­dait alors la base aé­rienne 279 de Châ­teau­dun, en Eure-et-Loir, ex­pli­qua qu’il ne com­pre­nait pas qu’au­cun de ses pré­dé­ces­seurs ne se soit préoc­cu­pé de pré­ser­ver au moins un exem­plaire de chaque type d’avion pas­sé par la base. De­puis alors plus de 70 ans, Châ­teau­dun est en ef­fet un des plus im­por­tants, si ce n’est le plus im­por­tant, en­tre­pôts de l’ar­mée de l’Air. Dès la fin de la Deuxième Guerre mon­diale, tous les types d’avions ayant por­té la co­carde tri­co­lore y sont pas­sés pour être en­tre­po­sés avant d’être ré­af­fec­tés ou ven­dus à des pays étran­gers ou confiés à des mu­sées ou col­lec­tions. Ou pire, avant d’être ré­for­més puis dé­truits.

Jean- Mi­chel Wuille­main réunit alors au­tour de lui un groupe de pas­sion­nés : Jean-Luc Mars, alors mé­ca­ni­cien avion, William Smith, in­for­ma­ti­cien et éga­le­ment pi­lote pri­vé, et Yves Gasq, chau­dron­nier aé­ro-

nau­tique. Et les quatre mous­que­taires, sans le moindre sou, lancent une opé­ra­tion com­man­do bap­ti­sée CANOPEE (Con­ser­va­toire d’aé­ro­nefs non opé­ra­tion­nel pré­ser­vés et ex­po­sés en ex­té­rieur – clin d’oeil, il se trouve que le nom an­glais ca­no­py dé­signe la ver­rière d’un avion…). Un état des lieux de la base est réa­li­sé tam­bour bat­tant pour re­cen­ser les ma­chines in­té­res­santes exis­tant en­core sur les di­verses zones de sto­ckage. Puis la ques­tion se pose vite de la per­ti­nence de pré­ser­ver des avions res­tau­rés… en ex­té­rieur. Pas vrai­ment rai­son­nable. Il faut donc faire men­tir le nom de l’opé­ra­tion et trou­ver la so­lu­tion pour que les avions soient “pré­ser­vés et ex­po­sés en… in­té­rieur”. Une ac­tion de lob­bying est en­tre­prise au­près du com­man­de­ment, qui porte ses fruits quelques mois plus tard avec l’af­fec­ta­tion du han­gar mé­tal­lique n° 5 (HM 5).

Avec ses 5 000 m2 et une ar­chi­tec­ture somp­tueuse, le HM 5 ré­pond en lui-même aux cri­tères qui dé­fi­nissent un pa­tri­moine aé­ro­nau- tique. En 1934, le gou­ver­ne­ment avait com­men­cé la construc­tion d’un camp d’avia­tion sur un champ de ma­noeuvres de 20 hec­tares dans la plaine de Ni­vou­ville, à un jet de pierre au sud- est de la ville de Châ­teau­dun. Un cer­tain nombre de han­gars mé­tal­liques type La­joi­nie

y avaient alors été éri­gés afin d’ac­cueillir en 1937 l’En­tre­pôt 301, uni­té en pro­ve­nance de Villa­cou­blay dont la mis­sion était de sto­cker les avions com­plets prêts à être li­vrés aux uni­tés opé­ra­tion­nelles.

Ces han­gars à os­sa­ture et char­pente mé­tal­liques ont pour ca­rac­té­ris­tique une double toi­ture à deux pentes jointes par une gouttière en V in­ver­sé per­pen­di­cu­laire à leur fa­çade. Ils sont par ailleurs éclai­rés par une large baie vi­trée en hau­teur sur les quatre cô­tés et com­portent deux grandes portes pliantes en ac­cor­déon per­met­tant l’ac­cès aux aé­ro­nefs. Cer­tains de ces han­gars étaient de plus en­tou­rés d’an­nexes mé­tal­liques ser­vant d’ate­liers divers. Le HM 5 est mal­heu­reu­se­ment dé­pour­vu de ces an­nexes qui lui se­raient bien utiles. Jus­qu’à son af­fec­ta­tion à CANOPEE, on trou­vait à l’in­té­rieur une sorte de vaste tente de toile, per­met­tant de contrô­ler l’hy­gro­mé­trie de l’air qu’elle conte­nait et donc le sto­ckage des avions “sans vieillis­se­ment”.

La liste du père Noël

Ra­pi­de­ment, les quatre com­pères par­viennent à faire af­fec­ter à leur pro­jet nombre de ma­chines ex­po­sées sur di­verses pe­louses de la base : F- 84F “Thun­ders­treak”, MD- 450 “Ou­ra­gan”, MD- 454 “Mys­tère” IVA, “Mi­rage” IIIC, “Mi­rage” IVA, “Mi­rage” F1C, N- 2501 “No­rat­las”, SO- 4050 “Vau­tour” 2B et Fou­ga “Ma­gis­ter”. Non contents, ils ont aus­si dres­sé une “liste du père Noël” : le “Mi­rage” IIIRD et le “Su­per Mys­tère” B-2 en stèles res­pec­ti­ve­ment à l’en­trée de la base et de­vant le mess des of­fi­ciers, ain­si que les F-100A “Su­per Sabre”, MD-312 “Fla­mant”, MD-315 “Fla­mant”, “Mi­rage” IIIB, “Mi­rage” IIIR, “Mi­rage” IIIRD et les deux “Mi­rage” IIIE qui sont sur le parc à fer­raille – ces der­niers sont en­dom­ma­gés, mais des plus in­té­res­sants pour CANOPEE. Des vi­sites aux divers bu­reaux concer­nés et quelques si­gna­tures et tam­pons plus tard, et l’af­faire est ré­glée. En cette fin 2004, CANOPEE compte dé­jà 29 avions dans le HM 5.

De­vant la mon­tagne de tra­vail né­ces­saire à la ré­fec­tion des avions,

il est fait ap­pel aux bonnes vo­lon­tés. Au prin­temps sui­vant, le jour­nal de la base pu­blie un ar­ticle ex­pli­quant l’ori­gine et les buts du con­ser­va­toire, qui se ter­mine par un ap­pel à par­ti­ci­pa­tion des per­son­nels de la base. Les bonnes vo­lon­tés sont les bien­ve­nues, d’au­tant plus qu’en mai 2005, la col­lec­tion s’en­ri­chit du “Mi­rage” F1C n° 41, du DHC- 6 “Twin Ot­ter” n° 790, du “Ja­guar” n° A87, du “Ja­guar” n° E12, du Nord 262 n° 89 et du seul et unique “Mys­tère” 20P (n° 182). CANOPEE si­gni­fie dé­sor­mais Con­ser­va­toire d’aé­ro­nefs non opé­ra­tion­nels pré­ser­vés et ex­po­sés.

Les Amis de CANOPEE fi­nancent les opé­ra­tions

Le 23 mai 2006, ces deux an­nées d’ef­forts sont ré­com­pen­sées lorsque le gé­né­ral de di­vi­sion aé­rienne Bru­no Gou­geon, com­man­dant de la Ré­gion aé­rienne Nord, inau­gure très of­fi­ciel­le­ment le con­ser­va­toire lors d’une cé­ré­mo­nie. Mais CANOPEE n’y gagne pas pour au­tant une ligne de cré­dit. Pour fi­nan­cer ses oeuvres est alors créée l’as­so­cia­tion Les Amis de CANOPEE, por­tée sur les fonds bap­tis­maux par le Jour­nal Of­fi­ciel le 16 juin 2007.

De­puis, l’aven­ture CANOPEE suit sont cours, au gré des dé­parts des uns et des autres, vers de nou­velles vil­lé­gia­tures ou pour une re­traite bien mé­ri­tée. En 2010, le col. Di­bon, com­man­dant de la base, crée un “Ser­vice CANOPEE” of­fi­ciel sur la base, au­quel il af­fecte

William Smith. En 2013, le HM 5 est mis aux normes pour ac­cueillir du pu­blic, une Au­to­ri­sa­tion d’oc­cu­pa­tion tem­po­raire (AOT) du do­maine pu­blic de la Dé­fense est ac­cor­dée à titre gra­cieux à CANOPEE, et l’as­so­cia­tion Les Amis de CANOPEE signe une conven­tion of­fi­cielle avec le mi­nis­tère de la Dé­fense. Cette an­née-là, lors de Jour­née base aé­rienne ( jour­née portes ou­vertes), 45 000 per­sonnes vi­sitent les avions ex­po­sés dans le HM 5. Quelques au­to­ri­tés lo­cales, qui dé­couvrent pour l’oc­ca­sion le con­ser­va­toire, ex­priment le sou­hait de pou­voir in­té­grer CANOPEE dans les cir­cuits tou­ris­tiques lo­caux, voire ré­gio­naux. L’an­née sui­vante, la BA 279 cesse d’exis­ter en tant que telle pour de­ve­nir un Élé­ment air rat­ta­ché (EAR) à la base aé­rienne 123 d’Or­léans-Bri­cy. Mais CANOPEE est tou­jours d’ac­tua­li­té, plus vi­vant que ja­mais. Car au­jourd’hui, sur le site de l’EAR 279, on trouve 31 avions ex­po­sés et cinq en­tre­po­sés dans le han­gar HM 5, huit avions ex­po­sés en ex­té­rieur et 14 avions en ré­serve (en at­tente de res­tau­ra­tion ul­té­rieure ou pour pré­lè­ve­ments de pièces), sans ou­blier une di­zaine de mo­teurs de tous types, une va­rié­té d’ar­me­ments et des ma­té­riels d’en­vi­ron­ne­ment eux aus­si ex­po­sés dans le han­gar et qui donnent à la vi­site du HM 5 cette sa­veur si par­ti­cu­lière.

à l’ori­gine, de part sa si­tua­tion, CANOPEE a pu pré­ser­ver des avions “dans leur jus” car tout juste ré­for­més, la si­tua­tion a très ra­pi­de­ment chan­gé. “Nous pou­vons dire que 19 avions ont de­man­dé ou vont de­man­der as­sez peu de tra­vail, pré­cise Jean-Mi­chel Wuille­main. Nous avons col­lec­té les 19 avions ex­po­sés qui étaient sous han­gar, li­vrés après ré­forme, donc qua­si­ment com­plets, et aux­quels ils ne man­quaient que quelques ins­tru­ments ou pièces mé­ca­niques, dont la li­vrée était im­pec­cable, et sur les­quels le tra­vail a été mi­nime, si ce n’est la re­cherche des quelques élé­ments man­quants ou du ré­ac­teur pour quelques-uns. Les 38 autres ont ou vont de­man­der énor­mé­ment de tra­vail : quatre épaves (“Mi­rage” IIIB, IIIC, IIIE, et Lock­heed T-33) ont été res­tau­rées au sens propre et sont ex­po­sées dans leur as­pect opé­ra­tion­nel, ce qui a de­man­dé souvent plu­sieurs mois voire an­nées de tra­vail. Cinq épaves sont en cours de res­tau­ra­tion (“Mi­rage” IIIRD, MS-760 “Pa­ris, MD- 312 “Fla­mant”, Pla­neur Wass­mer WA-30 “Bi­jave”, “Al­pha­jet” E) ou à res­tau­ra­tion pro­gram­mée à moyenne échéance, souvent très in­com­plètes. Six avions sont en at­tente d’une res­tau­ra­tion ul­té­rieure plus pous­sée, car ils sont ex­po­sés en ex­té­rieur sur le site, sans équi­pe­ment ca­bine ni mo­teur, et dans un état juste cor-

rect. 11 avions ont été re­mis en état de pré­sen­ta­tion sta­tique en ex­té­rieur ou sto­ckés, mais leur li­vrée est sou­mise aux in­tem­pé­ries, et leur res­tau­ra­tion dé­fi­ni­tive et mise à l’abri sont pré­vues à plus long terme. En­fin, 12 avions sto­ckés sont des­ti­nés à être res­tau­rés à longue échéance ou à ser­vir de “ma­ga­sin de pièces” pour la res­tau­ra­tion des avions pré­sen­tés ou des­ti­nés à l’être. Nous avons aus­si le cas très par­ti­cu­lier du “Ja­guar” A91 tou­ché par un mis­sile SA-7 du­rant la guerre du Golfe et qui res­te­ra tel quel, avec son dom­mage de guerre, “dans son jus” de vieux guer­rier.”

Sim­pli­fier l’ac­cès de ce pôle d’at­trac­tion lo­cal

Le plus gros chan­tier ac­tuel concerne le Das­sault MD-312 “Fla­mant” II n° 191, don­né l’an­née der­nière par un membre de l’as­so­cia­tion. Par ailleurs, le tra­vail se pour­suit sur l’“Al­pha­jet” E66 dont seul le fu­se­lage a été mis à dis­po­si­tion du con­ser­va­toire – il ne “reste” qu’à lui trou­ver une paire d’ailes et tout l’équi­pe­ment ca­bine ; à l’op­po­sé, le pla­neur Wass­mer WA-30 “Bi­jave” at­tend quelques pièces avant d’être re­mon­té. En­fin, le “Mi­rage” IIIB2 n° 247, le N-2501 “No­rat­las” n° 171 et le F-100A “Su­per Sabre” ma­tri­cule 53-1580, ac­tuel­le­ment sto­ckés sur le site, en ex­té­rieur, “at­tendent avec im­pa­tience leur res­tau­ra­tion”, se­lon Jean-Mi­chel Wuille­main.

CANOPEE s’est aus­si at­ta­qué à un autre gros “dos­sier” : de­puis plu­sieurs mois, les contacts se mul­ti­plient avec les au­to­ri­tés lo­cales et ré­gio­nales, qui voient à juste titre dans le con­ser­va­toire un troi­sième pôle d’at­trac­tion lo­cal avec le châ­teau de Châ­teau­dun et les grottes du Fou­lon. Une réu­nion de tra­vail avec un dé­pu­té d’Eure-et-Loir, le res­pon­sable du Ser­vice d’in­fra­struc­ture de la Dé­fense (re­pré­sen­tant l’État, pro­prié­taire du site) et Mme le com­man­dant de l’EAR a abor­dé le su­jet d’un éven­tuel en­cla­ve­ment du con­ser­va­toire avec en­trée pri­va­tive sur la route ex­té­rieure. CANOPEE étant si­tué sur un ter­rain mi­li­taire, les vi­si­teurs sont en ef­fet au­jourd’hui contraints de four­nir des ren­sei­gne­ments sur leur iden­ti­té plu­sieurs jours avant leur ve­nue et de pas­ser par le poste de contrôle à l’en­trée.

Le dos­sier est énorme du point de vue ad­mi­nis­tra­tif, mais s’il abou­tit, le con­ser­va­toire pren­dra alors toute sa di­men­sion car il est de fait un des prin­ci­paux mu­sées aé­ro­nau­tiques du pays.

De gauche à droite : Nord 262A n° 89, Em­braer EMB-321F “Tu­ca­no” n° 498 et So­ca­ta TB-30 “Ep­si­lon” n° 54.

La grande et la pe­tite his­toire, avec ce clin d’oeil sans doute ap­po­sé sur la gou­verne de di­rec­tion du “Mi­rage” 2000B (bi­place…) n° 518 par un ma­li­cieux mé­ca­ni­cien.

Le “Mi­rage” 2000C n° 80 a été re­ti­ré du ser­vice avec la li­vrée spé­ciale qui lui avait été ap­pli­quée pour sa par­ti­ci­pa­tion au “Ti­ger Meet” qui eut lieu sur la base de Cam­brai en mai 2011. L’Ae­ro­spa­tiale AS355F1 “Écu­reuil” 2 n° 5318 de­vant le Mu­dry Cap-10B n° 118.

Le Das­sault MD-450 Ou­ra­gan” n° 231 porte les cou­leurs qui étaient les siennes au sein de l’EC III/2 Al­sace.

Dans ses bu­reaux, CANOPEE pré­serve aus­si des do­cu­ments, des ins­tru­ments, ou en­core ce ta­bleau de bord de “No­rat­las”.

Le Das­sault MD-454 “Mys­tère” IVA n° 278 fut li­vré à l’ar­mée de l‘Air le 25 oc­tobre 1956 puis bour­lin­gua beau­coup ! Il a ser­vi avec l’EC 3/2 Al­sace, l’EC 1/2 Ci­gognes, la Pa­trouille de France, le GC 3/7 Lan­gue­doc, l’EC 2/7 Nice, le GC 1/7 Pro­vence, le GC 3/7 Lan­gue­doc, l’EC 1/8 Sain­tonge, puis l’EC 2/8 Nice.

Nombre de pe­tits dé­tails pour­raient faire croire que les avions de CANOPEE sont “bons de vol”, comme cette check-list prête à ser­vir dans le poste de pi­lo­tage du Fou­ga “Ma­gis­ter”.

Un ca­non DEFA 553 qui équi­pa entre autres le “Mi­rage” F1.

L’ou­ver­ture des trappes ré­serve par­fois quelques sur­prises… Un ar­mu­rier avait “ou­blié” une bière dans le com­par­ti­ment ca­non de ce “Ja­guar”. Sans doute es­pé­rait-il qu’elle lui re­vien­drait bien fraîche après le vol ?

Le Se­pe­cat “Ja­guar” E fai­sait par­tie du groupe des six der­niers “Ja­guar” opé­ra­tion­nels que l’ar­mée l’Air re­ti­ra du ser­vice le 6 juillet 2005. Il re­çut pour l’oc­ca­sion une dé­co­ra­tion spé­ciale, com­por­tant les in­signes de tous les es­ca­drons et de toutes les es­ca­drilles ayant vo­lé sur le type. Dans le han­gar mé­tal­lique HM 5, nombre d’avions sont ex­po­sés trappes ou­vertes, comme ici le Se­pe­cat “Ja­guar” A n° 120.

CANOPEE ex­pose une ma­gni­fique col­lec­tion de “Mi­rage”, du F1 au 2000, en pas­sant par le IVA ou le 5.

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