Pre­mier vol du “Fal­con” 50.01 Des sièges éjec­tables pour l’équi­page

Trau­ma­ti­sée par l’ac­ci­dent mor­tel du “Fal­con” 10.01 quatre ans plus tôt, l’équipe Das­sault équipe le Fal­con 50.01 d’un sys­tème d’éjec­tion de l’équi­page.

Le Fana de l'Aviation - - Ce Jour-là… - Par Ro­land de Nar­bonne

Grande ani­ma­tion le 7 no­vembre 1976 de­vant l’ate­lier “pro­to­types” de l’usine Das­sault de Bor­deauxMé­ri­gnac : on pré­pare le pre­mier vol du nou­veau “Fal­con” 50, fu­tur vais­seau ami­ral de la dé­sor­mais ré­pu­tée gamme d’avions d’af­faires. Beau­coup d’es­poirs re­posent sur ce mo­dèle qui doit pro­pul­ser la so­cié­té dans le do­maine très dis­pu­té du trans­port pri­vé sur longues dis­tances. Il inau­gure une for­mule in­édite sur un ap­pa­reil de ce ton­nage, dé­jà em­ployée sur quelques avions de ligne, celle du tri­réac­teur. Faute de dis­po­ser d’un ré­ac­teur dont l’uti­li­sa­tion en deux exem­plaires per­met­trait d’ob­te­nir les per­for­mances sou­hai­tées, Das­sault s’est tour­né vers le mon­tage de trois tur­bines grou­pées à l’ar­rière du fu­se­lage. Un pa­ri ris­qué car en rup­ture spec­ta­cu­laire avec le concept “à la Ca­ra­velle” uni­ver­sel­le­ment adop­té dé­sor­mais, avec les deux pro­pul­seurs ac­cro­chés de part et d’autre de l’ar­rière du fu­se­lage.

Ce n’est pour­tant pas cette nou­veau­té qui vaut au “Fal­con” 50.01 de com­por­ter une par­ti­cu­la­ri­té elle aus­si in­édite sur le pro­to­type d’un avion d’af­faires, l’ins­tal­la­tion de sièges éjec­tables pour le pi­lote et l’in­gé­nieur d’es­sais. Quatre ans plus tôt, Das­sault a vé­cu un drame avec la rup­ture en vol du pro­to­type du “Fal­con” 10, sans au­cune pos­si­bi­li­té d’éva­cua­tion pour son équi­page. Le 31 oc­tobre 1972, J. Tré­toux et J. La­deux dé­collent de Me­lunVilla­roche pour un vol de rou­tine dans le cadre du pro­gramme de cer­ti­fi­ca­tion du “Fal­con” 10. Est pré­vu un es­sai qui a dé­jà été ef­fec­tué sans pro­blème quelques an­nées au­pa­ra­vant sur le “Fal­con” 20 : la re­prise de contrôle après un bra­quage maxi­mal ac­ci­den­tel du vo­let com­pen­sa­teur (trim) du gou­ver­nail de di­rec­tion à la vitesse maxi­male au­to­ri­sée. Une ano­ma­lie qui dé­clenche un phé­no­mène de rou­lis se tra­dui­sant par une forte in­cli­nai­son, pou­vant théo­ri­que­ment être rat­tra­pée aux ai­le­rons mais aus­si, éven­tuel­le­ment, par une puis­sante ac­tion sur le gou­ver­nail de di­rec­tion. Dans ce cas, une sur­charge sur la struc­ture de l’ar­rière du fu­se­lage, avec risque de rup­ture, peut se pro­duire : c’est ce qui se passe sur le “Fal­con” 10.01.

Cet ac­ci­dent dra­ma­tique, le seul in­ter­ve­nu dans la mise au point des “Fal­con”, a trau­ma­ti­sé les in­gé­nieurs du bu­reau d’études de Mé­ri­gnac qui, pour le 50, cherchent une so­lu­tion de sau­ve­tage pour l’équi­page. D’au­tant qu’un autre in­ci­dent dont les consé­quences au­raient pu être fu­nestes s’est pro­duit en no­vembre 1973 alors que le pro­to­type du “Fal­con” 40 est en éva­lua­tion au Centre d’es­sais en vol. Une longue séance de dé­cro­chages dans toutes les confi­gu­ra­tions de vol doit se ter­mi­ner par une ex­pé­ri­men­ta­tion des­ti­née à voir ce qui se passe en vi­rage au cen­trage li­mite ar­rière de 28,5 %. Le pi­lote, ayant me­né l’avion à son in­ci­dence maxi­male et consta­té de fortes vi­bra­tions, dé­cide

DR/COLL. R. DE NAR­BONNE

Bor­deauxMé­ri­gnac, 7 no­vembre 1976 : le “Fal­con” 50.01, pre­mier tri­réac­teur de la fa­mille, est re­mor­qué hors de l’ate­lier “pro­to­types” de Das­sault. À no­ter la voi­lure, à bord d’at­taque rec­ti­ligne, qui se­ra très vite aban­don­née car in­suf­fi­sam­ment per­for­mante.

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