Une se­maine d’an­goisse sur les ter­mi­naux ira­niens

Le Fana de l'Aviation - - Les “mirage” Traquent Les Pétroliers -

Rap­port réa­li­sé par l’équi­page du re­mor­queur Fer­di­nand Ver­biest de la com­pa­gnie belge Scheldt To­wage sur les faits de guerre vé­cus du 5 au 12 oc­tobre 1987.

“Le 5 oc­tobre 1987, le Fer­di­nand Ver­biest était en as­sis­tance de la na­vette pé­tro­lière Mi­nab 2 au ter­mi­nal de La­van. À 12 h 25, nous avons été in­for­més par le pi­lote du pé­tro­lier que la si­tua­tion était “rouge 105” ( si­gni­fi ant “avion en­ne­mi dans es­pace aé­rien ira­nien”). Tout à coup, à 12 h 30, alors que nous étions en train de ser­vir le Mi­nab 2, des ca­nons an­ti­aé­riens sont en­trés en ac­tion et nous avons vu deux ap­pa­reils ira­kiens fondre du ciel et lar­guer leurs bombes. Nous ne les avions pas en­ten­dus ar­ri­ver. Ce n’est qu’après leur pas­sage que nous avons en­ten­du le bruit as­sour­dis­sant des ré­ac­teurs. Au­cun pé­tro­lier n’a été vi­sé ; les bombes ont tou­ché la je­tée et des ins­tal­la­tions pé­tro­lières. Le pé­trole des ré­ser­voirs tou­chés s’est dé­ver­sé en mer et a pris feu, me­na­çant le Fer­di­nand Ver­biest. Nous avons alors mis six lances en ac­tion pour com­battre les fl ammes et nous sommes res­tés en po­si­tion à 1 000 m de la je­tée. On nous a don­né l’ordre de ré­cu­pé­rer des sol­dats ira­niens ré­fu­giés au bout de la je­tée, mais nous avons re­fu­sé d’y al­ler compte te­nu du dan­ger. À 13 h 22, nous avons su­bi une nou­velle at­taque aé­rienne ( obus et ro­quettes). Nous nous sommes en­suite éloi­gnés et avons je­té l’ancre près des pé­tro­liers Mi­nab 2 et Mi­nab 4. À 14 h 10, la si­tua­tion est re­ve­nue à la nor­male ; – le 7 oc­tobre 1987, une nou­velle at­taque est sur­ve­nue à 4 h 50. Et à 5 h 10, alors que nous n’avions en­ten­du au­cun “105”, des ap­pa­reils ira­kiens sont re­ve­nus. Nous avons es­sayé de ma­noeu­vrer pour sor­tir de la zone mais la casse d’une pièce mo­teur nous en a em­pê­chés. À 7 h 30, nous avons dé­bar­qué tous les do­cu­ments de bord du re­mor­queur dans un ca­not, par pré­cau­tion, et avons com­men­cé les opé­ra­tions de ré­pa­ra­tion. Compte te­nu de la si­tua­tion tech­nique dif­fi cile, nous avons en­vi­sa­gé de re­joindre Shar­jah, mais la casse a pu être ré­pa­rée sur place. À 23 h 45, nous étions à nou­veau opé­ra­tion­nels ;

– le 8 oc­tobre 1987, les Ira­niens nous ont don­né pour ins­truc­tion de re­joindre le ter­mi­nal de Sir­ri, ce que nous avons fait. À 17 h 15, les ins­tal­la­tions pé­tro­lières de l’île de Sir­ri ont été prises pour cible par des avions. À 18 heures, un code “100” nous a in­for­més que la si­tua­tion était re­de­ve­nue nor­male ;

– le 11 oc­tobre 1987, à 7 h 05 du ma­tin, alors que nous étions près de la pla­te­forme pé­tro­lière Naess – à 20 milles [ 37 km] de Sir­ri –, nous avons re­çu un code “105”. À la de­mande des Ira­niens, nous sommes al­lés éva­cuer tout le per­son­nel s’y trou­vant, puis l’île de Sir­ri a été at­ta­quée de nou­veau par des bom­bar­diers ira­kiens ;

– le 12 oc­tobre 1987, à 12 heures, après avoir ser­vi le pé­tro­lier ja­po­nais Ka­shi­ma­san Ma­ru au ter­mi­nal de Sir­ri, nous avons re­çu l’ins­truc­tion de re­ga­gner La­van. Mais

nous avons es­ti­mé que le dan­ger était trop éle­vé pour la sé­cu­ri­té de notre équi­page et nous avons pris la dé­ci­sion de ne pas y al­ler. Nous en avons in­for­mé les au­to­ri­tés ira­niennes et sommes alors par­tis à Shar­jah pour nous mettre à l’abri et at­tendre d’autres ins­truc­tions.”

Fait le 12 oc­tobre 1987 par Wal­ter De­poo­ter ( ca­pi­taine), Luc Van Wi­che­len ( chef mé­ca­ni­cien) et Ro­nald Van Cam­pen­hout.

LUC VAN WI­CHE­LEN

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