L’his­toire des com­mandes de vol élec­triques Das­sault

Le Fana de l'Aviation - - Le Lancement Du Programme -

Les com­mandes de vol élec­triques de Das­sault ont

une his­toire que ra­conte Ber­nard Voi­sin : “Je suis de la pro­mo 1964 de sup’Aé­ro ; j’ai été em­bau­ché en fé­vrier 1966 aux es­sais en vol à Me­lunVilla­roche. J’ai en­suite par­ti­ci­pé au mis­sile MD620, qui fut mon pre­mier contact avec “le diable est dans les dé­tails”, ex­pres­sion qui ré­sume bien la suite de ma car­rière pro­fes­sion­nelle avec les études et mise au point des com­mandes de vol. J’ai tra­vaillé sur les pi­lotes au­to­ma­tiques du “Mi­rage” F1, du “Fal­con” 10 et du “Mer­cure” avant de re­joindre le pro­gramme du “Mi­rage” 2000. Son pre­mier vol en mars 1978 marque un point sin­gu­lier cri­tique et pas­sion­nant pour Das­sault, un point fon­da­teur qui ouvre un ho­ri­zon ré­vo­lu­tion­naire vers notre ave­nir. Mais com­ment ou­blier que ce pre­mier vol est aus­si l’abou­tis­se­ment de tout un pas­sé peu connu, en par­ti­cu­lier son évé­ne­ment fon­da­teur le 3 avril 1954 avec la mort de “Kos­tia” Ro­za­noff lors d’une pré­sen­ta­tion of­fi­cielle à ca­rac­tère trans­so­nique du “Mys­tère” IVB 01. L’ac­ci­dent, sur­ve­nu à 30 m au-des­sus de la piste de Me­lun-Villa­roche, est dû à une dé­faillance élec­trique de la fonc­tion ser­vo­com­mande de pro­fon­deur, équi­pe­ment de­ve­nu in­dis­pen­sable au re­gard des ef­forts aé­ro­dy­na­miques qui ca­rac­té­risent la zone trans­so­nique : le mur du son, grand, grand chal­lenge de cette époque. Mon­sieur Mar­cel Das­sault, ex­trê­me­ment at­teint par la mort de son chef pi­lote, com­prend que cette fonc­tion se­ra de plus en plus cri­tique et dé­cide que les avions qu’il construi­ra se­ront dé­sor­mais équi­pés de com­mandes de vol conçues, mises au point et fa­bri­quées par sa so­cié­té, ce qui n’était pas le cas pour le “Mys­tère” IVB 01. Il en confie la res­pon­sa­bi­li­té à Jo­seph Rit­zen­tha­ler, em­bau­ché en 1948, pa­tron du dé­par­te­ment mé­ca­nique où il a en par­ti­cu­lier dé­ve­lop­pé un re­lais pour hé­lices. Rit­zen­tha­ler fait alors ap­pel à Jo­sé San Mar­tin pour la par­tie hy­dro­mé­ca­nique et Claude Bei­gnet pour l’élec­tri­ci­té et la fu­ture élec­tro­nique, fonc­tion qu’il ne quit­te­ra qu’en 1993, date de son dé­part en re­traite. Claude Bei­gnet dé­fi­ni­ra, construi­ra et pa­tron­ne­ra sans in­ter­rup­tion la fonc­tion élec­tro­nique em­bar­quée des com­mandes vol, tou­jours avec pru­dence et dis­cer­ne­ment, bien que tou­jours at­ten­tif aux dé­ve­lop­pe­ments plus qu’im­pres­sion­nants des tech­no­lo­gies élec­tro­niques, et ce jus­qu’au pre­mier “Ra­fale” in­clus. Les étapes mar­quantes des évo­lu­tions qui ont conduit au “Mi­rage” 2000 01 passent par les com­mandes de vol élec­tro­mé­ca­niques de 1957 à 1973. L’an­cêtre le plus di­rect des com­mandes de vol élec­triques du “Mi­rage” 2000 est le “Bal­zac” 001 à dé­col­lage et at­ter­ris­sage ver­ti­caux. Il com­prend les pre­mières com­mandes de vol en­tiè­re­ment élec­triques tri­plex en charge de la par­tie dé­col­lage/ at­ter­ris­sage à vi­tesse nulle et des tran­si­tions as­so­ciées : pi­lo­tage élec­trique de cha­cune des huit vannes de sus­ten­ta­tion. Il ef­fec­tue son pre­mier vol sta­tion­naire le 12 oc­tobre 1962. La to­ta­li­té des tran­si­tions sont ac­com­plies le 29 mars 1963. Il n’y avait que des tran­sis­tors et il en fal­lait 30 au moins pour exé­cu­ter la fonc­tion am­pli­fi­ca­teur… Ce fut pro­ba­ble­ment par­mi les pre­miers vols mon­diaux à CDVE pour le dé­col­lage et l’at­ter­ris­sage. Ar­rivent à par­tir de 1974 et jus­qu’en 1983 les com­mandes qui per­mettent aux avions d’être in­stables.”

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