Pe­tit… mais très voyant !

Moins connu que le fa­meux Pi­per L-4, le Stin­son L-5 “Sen­ti­nel” joua un rôle tout aus­si es­sen­tiel pen­dant la Deuxième Guerre mon­diale, mais aus­si après, no­tam­ment au sein des es­ca­drons de re­cherche et de se­cours. Ce­lui res­tau­ré par “Pat” Har­ker leur rend h

Le Fana de l'Aviation - - Sommaire N° 580/mars 2018 - Par Xa­vier Méal

Quand un L- 5 rend hom­mage aux es­ca­drons de re­cherche et de se­cours de l’après- Deuxième Guerre mon­diale.

Il y a vingt ans, alors que je cher­chais un han­gar pour abri­ter des bouts de Vul­tee BT-13 à res­tau­rer, on m’en a pro­po­sé un sur l’aé­ro­drome d’Ano­ka Coun­ty-Blaine, au nord de Min­nea­po­lis, mais la condi­tion pour l’ob­te­nir était d’ache­ter aus­si l’avion qu’il conte­nait, un étrange Stin­son L-13, ra­conte James Pa­trick “Pat” Har­ker. J’ai donc ache­té le han­gar et le L-13, mais aus­si un pro­jet de Stin­son L-5 dont le ven­deur sou­hai­tait éga­le­ment se sé­pa­rer. Ce “pro­jet” était bien loin d’être “en état de vol” ou “pas loin d’être en état de vol”. Il consis­tait en un fu­se­lage nu, une pile de bois pour­ri qui avait été au­tre­fois des ailes, une gou­verne de di­rec­tion, et une gou­verne de pro­fon­deur. Tout ce qui était en bois était bon à je­ter, mais heu­reu­se­ment la sil­houette du L-5 était tou­jours dis­cer­nable. J’ai mis de cô­té ce pro­jet pen­dant des an­nées, car d’autres, comme le P- 82 “Twin Mus­tang”, ont pris tout mon temps.” En ef­fet, dans le grand han­gar de C&P Avia­tion (Ch­ris & Pat Avia­tion, Ch­ris étant le frère de “Pat” Har­ker), on peut voir un “Twin Mus­tang” en cours de res­tau­ra­tion, un B-25, un Grum­man “Al­ba­tross”, un T- 6 en en état de vol, ou en­core un Fie­se­ler “Storch”, un P-51D, un P-51H et un rare North Ame­ri­can O- 47 en at­tente de res­tau­ra­tion.

Un pe­tit ser­vi­teur dis­cret

3590 exem­plaires de Stin­son L-5 “Sen­ti­nel” de di­vers types sur les 4375 com­man­dés par les US Ar­my Air Forces furent li­vrés entre no­vembre 1942 et dé­cembre 1945. Les 275 pre­miers étaient ori­gi­nel­le­ment dé­si­gnés O-62, mais ils furent re­dé­si­gnés L-5 avant d’être li­vrés. Cer­tains furent par la suite ré­af­fec­tés à l’US Na­vy qui les dé­si­gna OY-1 et OY-2 quand ils étaient mo­di­fiés avec un cir­cuit élec­trique de 24 V, d’autres furent en­voyés aux Bri­tan­niques.

Au moins 21 des 785 L-5G dont la com­mande fut an­nu­lée furent construits et ven­dus di­rec­te­ment sur le mar­ché ci­vil après la guerre. L’avion, un bi­place de liai­son et d’ob­ser­va­tion, avait un fu­se­lage en tubes mé­tal­liques et en­toi­lé, et des ailes en bois, en­toi­lées. Le mo­teur était un Ly­co­ming O-435 de 185 ch. Le L-5 fut no­tam­ment dé­cli­né en ver­sion am­bu­lance L-5B qui per­met­tait l’em­port d’une per­sonne sur ci­vière. Il ser­vit en Eu­rope, pour la liai­son, mais aus­si pour la re­con­nais­sance pho­to­gra­phique, le contrôle de convois, le pa­ra­chu­tage

XA­VIER MÉAL

USAF

Le Stin­son L-5 ma­tri­cule 42-98572 sur la base d’Ha­mil­ton, au nord de San Fran­cis­co,en Ca­li­for­nie, en juin 1948.

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