Un tron­çon de De­woi­tine 338 de 1938 dé­cou­vert dans le Sud de la France

Le Fana de l'Aviation - - Actualites -

Jeu­di 29 mars, un tron­çon de fu­se­lage de De­woi­tine 338 de 8,50 m de long est ar­ri­vé par la route dans des lo­caux ( mis à dis­po­si­tion par la ville de Bla­gnac) de l’Aé­ro­thèque, le Con­ser­va­toire du pa­tri­moine aé­ro­nau­tique De­woi­tine à Air­bus, à Tou­louse. Sa dé­cou­verte avait été an­non­cée dans

Le Fa­na de l’Avia­tion n° 580 par Gilles Col­la­ve­ri, à la fin de son ar­ticle consa­cré à la re­cherche des ves­tiges du D. 338 Ville de

Tou­louse, mais re­monte en fait à la fin de l’an­née der­nière. Le De­woi­tine D. 338 est un avion de ligne fran­çais construit à 31 exem­plaires au mi­lieu des an­nées 1930. Jus­qu’à pré­sent, l’unique re­lique re­cen­sée était un siège de ca­bine pas­sa­gers. Le tron­çon dé­sor­mais abri­té à Bla­gnac a été re­trou­vé par les membres d’une équipe d’ar­chéo­logues aé­ro­nau­tiques ama­teurs bap­ti­sée “Les Pan­das”, dont le chef d’or­chestre est Jean- Louis De­lattre. Sur un fo­rum spé­cia­li­sé, il a ain­si re­la­té en tout dé­but d’an­née la dé­cou­verte : “Il y a quelques mois, choi­sis­sant dans mon car­royage du Sud de la France une nou­velle zone à ex­plo­rer, nous dé­ci­dons avec l’équipe de dé­tec­tion des “Pan­das” de par­cou­rir de nou­veau les gar­rigues pro­ven­çales. Une fois sur le ter­rain, alors que nous cher­chions tout autre chose – cha­cun ar­pen­tait et fouillait dans son coin – l’ami Vincent Fa­raut, fin li­mier de l’équipe, nous ap­pelle en hur­lant qu’il vient de trou­ver “un truc”… Im­mé­dia­te­ment, à tra­vers les la­piaz tour­men­tés, chênes verts et ar­ge­las, quelle ne fut pas notre stu­pé­fac­tion de­vant une sec­tion de cel­lule de De­woi­tine 338 !” Aver­ti, Claude Dan­nau se rend sur place, prend des pho­tos, et pu­blie dans Le Trait

d’Union, la re­vue bi­mes­trielle de la branche fran­çaise d’Air- Bri­tain, un ar­ticle dans le­quel il écrit : “Après exa­men at­ten­tif et en­quête, il s’avère que lors du fer­raillage de ces avions à Ma­ri­gnane, ce fu­se­lage a été conser­vé pour ser­vir de lo­cal. Des ou­vriers connais­sant la construc­tion aé­ro­nau­tique l’ont conso­li­dé et amé­na­gé, en lui in­cor­po­rant même des pan­neaux pro­ve­nant d’une dé­rive de l’hy­dra­vion SE.200 ! Plus tard, il a été ven­du à un fo­rain qui en a fait son ha­bi­ta­tion, po­sé sur des plots en bé­ton DR qui ont évi­té une trop im­por­tante cor­ro­sion. Tout le toit a été pro­té­gé par du pa­pier gou­dron­né. Il a en­suite été cé­dé à son ac­tuel pro­prié­taire et se trouve en­core en condi­tion cor­recte. L’iden­ti­té n’a pas en­core été re­trou­vée, faute de plaques per­met­tant de l’iden­ti­fier. Les traces de co­cardes des deux cô­tés peuvent être re­liées à un service dans le trans­port FAFL [ Forces

aé­riennes fran­çaises libres]. La struc­ture du plan­cher est en­core exis­tante, une mince dalle pro­tec­trice ayant été cou­lée des­sus. Il reste aus­si des lam­beaux de la toile du re­vê­te­ment intérieur d’ori­gine.” À l’heure ac­tuelle, les tra­vaux en­ga­gés par l’Aé­ro­thèque, pré­si­dée par Jean- Pierre Sal­se­nach, visent uni­que­ment à iden­ti­fier l’avion – deux iden­ti­tés pos­sibles sont en cours d’in­ves­ti­ga­tion. L’Aé­ro­thèque en­tend mettre sur pied un grand pro­jet so­li­de­ment struc­tu­ré pour as­su­rer la pré­ser­va­tion de ce ves­tige aé­ro­nau­tique unique.

AÉ­RO­THÈQUE

Le tron­çon de fu­se­lage de D.338 s’en­vole vers Bla­gnac…

Les 31 D.338 pro­duits furent tous, à un mo­ment ou à un autre de leur vie, ex­ploi­tés par Air France.

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