DES AVIONS HY­PER C­BLÉS

Com­mandes élec­triques de vol et autres or­di­na­teurs de ges­tion des nom­breux sys­tèmes em­bar­qués passent tous par de nom­breux ré­seaux de câ­blage. Pas d'avions sans câbles au XXIe siècle.

Le Fana de l'Aviation - - Sommaire - Par Alexis Ro­cher

En ma­tière de câ­blage, les chiffres donnent le ver­tige : 24 km sur le F-16, pre­mier chas­seur à com­mandes élec­triques, 67 km sur un 737-700, 275 sur un Boeing 747-400 et 530 km sur l’Air­bus A380. Le câble est au coeur de l’in­dus­trie aé­ro­nau­tique du XXIe siècle.

Les gros câbles dits de puis­sance servent no­tam­ment à dé­mar­rer les ré-

ac­teurs des avions, les câbles de trans­mis­sions de don­nées sont uti­li­sés pour les com­mandes de vols no­tam­ment mais aus­si pour les loi­sirs à bord qui dé­pendent aus­si des câbles op­tiques. Les câbles ré­sis­tants au feu sont ca­pables de conti­nuer à trans­mettre leurs don­nées au cock­pit pen­dant un cer­tain temps, en cas d’in­cen­die.

A la main !

Ces câbles sont re­grou­pés en har­nais qui doivent être dé­rou­lés, connec­tés, et ins­tal­lés dans la ca­bine, sous le plan­cher, sous les sièges, au pla­fond et même dans les cloi­sons de l'ap­pa­reil. Cloi­sons qui sont elles-mêmes iso­lées par une couche de laine de verre. En usine, ils sont dis­po­sés sur des tables ap­pe­lées ga­ba­rits, où se trouve des­si­né préa­la­ble­ment le plan gé­né­ral. No­tons que 70% des pe­tites mains qui oeuvrent dans l’as­sem­blage du câ­blage est fé­mi­nin, car ré­pu­té plus mé­ti­cu­leux.

Sur le Boeing 787, une cin­quan­taine de four­nis­seurs mon­diaux ap­pro­vi­sionnent Sa­fran avec plus de 180 km de câbles et de gaines pro­tec­trices, et 330 000 com­po­sants (connec­teurs, contacts, coques, etc.), qui per­mettent à l'équipe Sa­fran d'ins­tal­ler en­vi­ron 1 500 har­nais, pan­neaux élec­triques, boîtes de jonc­tion et conduits de train d'at­ter­ris­sage sur chaque avion. Sa­fran Elec­tri­cal & Po­wer a li­vré au prin­temps 2017 son mil­lio­nième har­nais élec­trique pour le Boeing 787. Sur le Co­mac C919, il a four­ni 52 km de câ­blage et 725 har­nais élec­triques.

Les avions de type A 320 ou A 330 étaient équi­pés de câbles 100 % en cuivre. L'A 380 uti­lise des câbles 70% en cuivre et 30 % en alu­mi­nium, qui est un ma­té­riau plus lé­ger. L'A 350 a des câbles 50 % en cuivre et 50 % en alu­mi­nium. Ain­si, alors qu'un A 320 compte 200 km de câ­blage (contre 67 km pour un 737 à com­mandes clas­siques), l'A 350, qui est un grand ap­pa­reil, en ac­cueille 350 km, grâce au gain de poids.

Des câbles im­pri­més

Les câbles, to­ta­le­ment in­con­tour­nables au­jourd’hui, se­ront-ils tou­jours pré­sents à l'ave­nir ? Air­bus s’est as­so­cié à Al­tran pour mettre au point une tech­no­lo­gie qui per­met­trait d’en éli­mi­ner une par­tie dans les avions, car ils sont lourds, coû­teux, et né­ces­sitent en­core une large part d’in­ter­ven­tions ma­nuelles. Le tan­dem a dé­ve­lop­pé une encre, com­po­sée de po­ly­mères et de par­ti­cules d’ar­gent, en me­sure de trans­mettre don­nées et puis­sance élec­trique. ■

Tous les câbles sont réunis en usine sous forme de har­nais ins­tal­lés sur des ga­ba­rits. Pas d’avions mo­dernes sans des ki­lo­mètres de câbles ! (Pierre Sois­sons/Sa­fran)

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