AVIONS FUR­TIFS. PLUS EF­FI­CACES ET PLUS DIS­CRETS

Rendre un avion fur­tif... C’est un im­pé­ra­tif dans la guerre aé­rienne mo­derne. Re­tour sur la re­cherche de la dis­cré­tion.

Le Fana de l'Aviation - - Sommaire - Par Mi­chel Bé­ni­chou

La mort qui chu­chote. » Tel était, se­lon la Royal Air Force, le sur­nom don­né par les Al­le­mands, pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale, au Bris­tol Beau­figh­ter parce que ses mo­teurs étant peu bruyants. On ne l'en­ten­dait pas ve­nir...

Rendre les avions aus­si dis­crets que pos­sible a tou­jours été la pré­oc­cu­pa­tion des mi­li­taires. De nos jours, on parle beau­coup de fur­ti­vi­té. Au dé­but du XXe siècle, on par­lait de ca­mou­flage pour dire la même chose. Néan­moins, avec le per­fec­tion­ne­ment des sys­tèmes de dé­tec­tion à grande por­tée, il est ap­pa­ru né­ces­saire d'adop­ter des mé­thodes de ca­mou­flage ra­di­ca­le­ment nou­velles.

Avant d'al­ler plus loin, pi­naillons un peu sur les mots : fur­tif, pas plus que ca­mou­flé, n'a ja­mais si­gni­fié in­vi­sible. La fur­ti­vi­té au sens où elle est en­ten­due de nos jours est un moyen de se rendre moins vi­sible par les sys­tèmes de dé­tec­tion en usage. Le prin­ci­pal est le ra­dar au­quel, dès son ap­pa­ri­tion, l'ad­ver­saire aé­rien a cher­ché à échap­per en évo­luant sous ses lobes d'émis­sion, ou en brouillant cette émis­sion.

Pour qu'un ra­dar dé­tecte quelque chose, il faut que cette chose ren­voie dans sa di­rec­tion les ondes qu'il émet en écou­tant celles qui lui sont re­tour­nées ; dans la pra­tique une pe­tite par­tie des ondes émises sont ren­voyées. L'idée, née, semble-t-il, aux États-Unis au cours des an­nées 1970, est de ré­duire ce re­tour au maxi­mum. Une pre­mière so­lu­tion consiste à don­ner à l'ob­jet sus­cep­tible d'être dé­tec­té par un ra­dar, des formes qui ren­voient les ondes dans plu­sieurs di­rec­tions, sauf celle du ra­dar. Un exemple, sim­pliste peut-être mais très com­pré­hen­sible, est ce­lui de la boule de billard qui re­bon­dit contre une bande ; si celle-ci est bien per­pen­di­cu­laire au ti-

reur, la boule lui est re­tour­née di­rec­te­ment. Si la bande est oblique par rap­port au ti­reur, elle est ren­voyée dans une di­rec­tion qui l'éloigne de lui. C'est ain­si que le pre­mier avion fur­tif, le Lock­heed Mar­tin F-117, fut construit « à fa­cettes », comme un as­sem­blage de sur­faces planes in­cli­nées dans des di­rec­tions dif­fé­rentes, sans for­mer d'angle droit. L'avion of­frait une SER, sur­face équi­va­lente ra­dar, très ré­duite. Il était aus­si vi­sible par un ra­dar que l'au­rait été une grosse bille mé­tal­lique, mais, on le com­prend bien, sous cer­tains angles tout par­ti­cu­liè­re­ment, ce qui lui im­po­sait de suivre une tra­jec­toire pré­cise cal­cu­lée se­lon la po­si­tion des ra­dars.

C'était une so­lu­tion ex­trême im­pos­sible à gé­né­ra­li­ser, mais très riche d'en­sei­gne­ments car, dès lors les

Le Lock­heed F-117, dont les formes furent étu­diées pour le rendre dis­cret face aux ra­dars. Sur la pho­to ci-des­sous, les tech­ni­ciens ap­posent le re­vê­te­ment spé­cial qui concou­rait à pié­ger les ondes des ra­dars. (Usaf)

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