À CHE­VAL SUR SES TRA­DI­TIONS

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Com­bien d’équi­dés ont ga­lo­pé dans Deau­ville de­puis 1863, date de la construc­tion du pre­mier hip­po­drome ? Grâce à l’en­tre­mise du comte Hoc­quart de Tur­tot (An­toine Hoc­quart de Tur­tot fut directeur des champs de courses de Deau­ville et créa le PMU en 1931), d’Elie de Bri­gnac et du duc de Mor­ny, la ville est de­ve­nue sans conteste cham­pionne du monde hip­pique. « Le che­val a tou­jours été pré­sent dans la ville, s’amuse An­toine Sin­ni­ger, directeur du Pôle in­ter­na­tio­nal du che­val. Le maire, Phi­lippe Au­gier, a eu la bonne idée d’as­sai­nir ce ma­ré­cage dont per­sonne ne s’oc­cu­pait pour ren­for­cer en­core cet atout. »

Sur cette en­clave de 24 hec­tares der­rière l’hip­po­drome, 9 seule­ment sont bâ­tis et amé­na­gés, tan­dis que 15 sont consa­crés aux pad­docks, pistes de ga­lop et ba­lades. Le Pôle or­ga­nise 80 jours de com­pé­ti­tions par an, dis­pense plus de 13 000 heures de cours aux 400 li­cen­ciés, ac­cueille 60 che­vaux en pen­sion et pro­pose du dres­sage, du saut d’obs­tacles, du concours com­plet, du pa­ra­dres­sage (pour han­di­ca­pés), des pro­me­nades sur la plage et du po­lo in­door. Les équi­dés se meuvent sur des sols de nou­velle gé­né­ra­tion, bé­né­fique pour leurs ten­dons. Le club est à l’équi­libre après des an­nées d’in­ves­tis­se­ment. Aux com­mandes de­puis sa création en 2010, An­toine Sin­nin­ger est un spé­cia­liste du monde hip­pique : il a tra­vaillé à l’Ecole na­tio­nale d’équi­ta­tion de Sau­mur pen­dant vingt-trois ans. Avec sa voix de fu­meur, il note qu’« il existe 1 000 box dans la ville in­tra-mu­ros, et ce n’est ja­mais as­sez ».

Che­vaux de po­lo, de course, de ma­nège, de pro­me­nade, de re­prise, d’obs­tacles, year­lings, ont tous ren­dez-vous à Deau­ville, sur­tout du­rant le mois d’août, haute sai­son du­rant la­quelle les plus grandes équipes de po­lo viennent dis­pu­ter deux tour­nois de très bon ni­veau sur deux ter­rains au centre de l’hip­po­drome. Cer­tains joueurs viennent d’Ar­gen­tine, ac­com­pa­gnés de leurs pe­ti­se­ros et de leurs po­neys. Cer­tains soirs, ils font des asa­dos, grillades à ciel ou­vert, près des box, re­cons­ti­tuant l’am­biance lan­gou­reuse et char­mante de la pam­pa. Le ma­tin, te­nant à la longe jus­qu’à cinq mon­tures, ils les font ga­lo­per sur le sable de Deau­ville. Leur dex­té­ri­té ex­cep­tion­nelle ne vient pas de l’air nor­mand : tous - par­fois clo­nés - ont été dres­sés à dure école au­tour de Bue­nos Aires. Les matchs de po­lo sont gra­tuits du­rant la se­maine, il ne faut pas les man­quer. Cette an­née, la ville ac­cueille la 137e sai­son du po­lo qui s’achè­ve­ra par une coupe d’or le 27 août.

Pôle in­ter­na­tio­nal du Che­val, 14, ave­nue Ox-and-Bucks (02.31.14.04.04 ; Pole-in­ter­na­tio­nal-che­val.com).

An­toine Sin­ni­ger, directeur du Pôle in­ter­na­tio­nal du che­val, ou­vert toute l’an­née, à Saint-Ar­noult, près de Deau­ville (Cal­va­dos).

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