S’IMA­GI­NER DANS TOILE UNE DU DOUA­NIER ROUS­SEAU

Le Figaro Magazine - - Collections Secretes - JEAN-MARC GONIN

Sur la route Cho­go­ria, une des voies d’ac­cès au mont Ke­nya, une cas­cade sur la ri­vière Ni­thi ra­fraî­chit les mar­cheurs dans un am­phi­théâtre de ver­dure.

Cette Afrique-là se mé­rite. Pour ga­gner les cimes du mont Ke­nya qui se dresse à 5 199 m, il faut non seule­ment af­fron­ter la très haute al­ti­tude et son oxy­gène ra­ré­fié, mais éga­le­ment su­bir la co­lère des élé­ments. En ce mois de juin, qui marque la fin de la sai­son des pluies, les der­niers nuages noirs se donnent ren­dez-vous chaque jour au­tour du point cul­mi­nant du Ke­nya, deuxième plus haut som­met d’Afrique après le Ki­li­mand­ja­ro (5 895 m) qui s’élève, lui, en Tan­za­nie. Le vol­can a beau se trou­ver exac­te­ment à l’équa­teur, ses flancs abrupts sont co­pieu­se­ment ar­ro­sés. Au fur et à me­sure qu’on les gra­vit, on passe de la pluie à la grêle avant de trou­ver la neige, vers 4 200 m, au pied du gla­cier Le­wis. De ce châ­teau d’eau na­tu­rel d’où des­cendent des di­zaines de tor­rents dé­pend l’ap­pro­vi­sion­ne­ment d’en­vi­ron 2 mil­lions de Ke­nyans. Mais son hy­dro­gra­phie ex­cep­tion­nelle et son cli­mat unique offrent sur­tout au mont Ke­nya une flore re­mar­quable ré­par­tie en huit étages de vé­gé­ta­tion entre son pied et son som­met.

Notre ran­don­née dé­bute à 2 650 m, à la Si­ri­mon Gate, une des portes du Parc na­tio­nal du mont Ke­nya. Les terres culti­vées s’ar­rêtent à ce ni­veau pour lais­ser place à une fo­rêt dense. La piste s’en­fonce entre les arbres. De hauts ha­ge­nias aux branches tor­tu­rées d’où pendent des mousses vert sombre veillent sur le ran­don­neur. Ici et là, on aper­çoit les vi­sages noirs en­ca­drés de blanc des singes co­lobes ac­cro­chés aux ra­mures. Ils laissent pa­res­seu­se­ment pendre leur longue queue en pa­nache, blanche elle aus­si. Des bouses d’élé­phants si­gnalent la pré­sence des pa­chy­dermes sur les pre­miers flancs du vol­can éteint. Ils sont at­ti­rés par la pro­fu­sion de bam­bous. A cette sai­son, ils mangent les jeunes pousses dont ils raf­folent.

Quand l’al­ti­tude s’ac­croît, les arbres dis­pa­raissent. Place à une sorte de ma­quis qui fait la part belle aux bruyères géantes et aux lo­bé­lies géantes en forme de cierge et dont les feuilles servent à ré­cu­pé­rer et en­fer­mer l’eau. Elles peuvent at­teindre plu­sieurs mètres, no­tam­ment si elles sont de la va­riante in­flo­res­cente (Lo­be­lia te­le­kii) à la sil­houette bar­bue qui les fait res­sem­bler à des er­mites che­ve­lus. On re­père aus­si des fleurs – de cou­leur vio­lette ou fram­boise – qui servent de per­choir aux oi­seaux. Au pre­mier bi­vouac, à 3 300 m, une pe­tite an­ti­lope nom­mée cé­pha­lophe de Grimm tourne au­tour du cam­pe­ment pour as­sou­vir sa cu­rio­si­té. Plus har­di en­core, un fran­co­lin de Jack­son, sorte de per­drix afri­caine, s’ap­proche des tentes à la re­cherche de nour­ri­ture.

C’est à l’étage su­pé­rieur que la na­ture du mont Ke­nya at­teint toute sa ma­jes­té. Des plantes que l’on ne ren­contre qua­si­ment nulle part ailleurs. Adap­tées à ce mi­lieu dif­fi­cile, voire hos­tile, entre 3 500 et 4 500 m, elles poussent entre les ro­chers vol­ca­niques noirs dans les val­lons et les pier­riers. In­dis­cu­ta­ble­ment, les plus in­so­lites sont les sé­ne­çons géants qui vont ac­com­pa­gner notre marche jus­qu’au plus haut re­fuge. Leurs troncs puis­sants qui s’évasent au som­met, telles des coupes re­po­sant sur un pied, ac­cueillent un feuillage vert in­tense. Ces feuilles épaisses comme celles d’une plante grasse res­semblent à une fleur dont les pé­tales font face au so­leil. Les pousses mortes du sé­ne­çon res­tent au­tour du tronc comme des ren­fle­ments qui l’isolent et le pro­tègent du froid gla­cial de la nuit.

Hor­mis quelques oi­seaux, la faune se fait rare à une hau­teur pa­reille. Néan­moins, des léo­pards vivent au­tour de 4 000 m. Des touffes de poils et des dé­jec­tions si­gnalent leur pré­sence. Et, pour se nour­rir, ils chassent les da­mans du Cap, de pe­tits mam­mi­fères, à mi-che­min entre la mar­motte et le co­chon d’Inde, qui ha­bitent les an­frac­tuo­si­tés ro­cheuses.

Au pied des points culmi­nants du mont Ke­nya,

les pointes Ba­tian (5 199 m) et Ne­lion (5 188 m), le re­fuge Ship­ton (4 200 m) ac­cueille les ran­don­neurs pour leur der­nière halte. A l’aube, le so­leil vient frap­per leurs faces ver­ti­cales que des alpinistes gra­vissent ré­gu­liè­re­ment. Des né­vés sont vi­sibles à l’ombre des barres ro­cheuses tan­dis que la sur­face blanc et gris du gla­cier Le­wis – qui ne cesse de se ré­trac­ter sous l’ef­fet du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique – sur­plombe un abrupt pier­rier qu’il faut grim­per pour at­teindre le troi­sième plus haut som­met, la pointe Le­na­na (4 985 m). Pen­dant la nuit, une fine couche de neige est tom­bée sur toute la zone, ren­dant l’as­cen­sion en­core plus rude. La ré­ver­bé­ra­tion de so­leil de l’équa­teur, ver­ti­cal, sur ces cris­taux, aveugle ceux qui af­frontent les pentes.

Nous sommes mon­tés par le nord du mont Ke­nya, nous re­des­cen­dons par sa face est, dite voie de Cho­go­ria. Plus →

AU PIED DU MONT KE­NYA, LE PARC NA­TIO­NAL DE ME­RU A RE­TROU­VÉ VIE

→ longue, elle est moins raide et re­çoit beau­coup plus d’eau. Lacs, cas­cades et ma­ré­cages rythment le re­tour vers la val­lée. Ce sont les mêmes plantes que sur l’autre ver­sant, mais la flore y est plus dense. Les fa­meux sé­ne­çons poussent de par­tout. Ils laissent en­suite la place à un in­ter­mède ro­cailleux nom­mé le « Temple », un ver­ti­gi­neux sur­plomb ro­cheux qui do­mine le lac Mi­chael­son au fond du­quel gît l’épave d’un avion de tou­risme. D’étranges for­ma­tions ro­cheuses sem­blables à des cham­pi­gnons d’une di­zaine de mètres de haut ponc­tuent cet es­pace lu­naire.

La fin de la des­cente passe par de dé­li­cieuses cas­cades, dites Gates Wa­ter­falls. Une na­ture exu­bé­rante en­toure les trous d’eau et longe le cours du tor­rent où nagent des truites. En cer­tains points, il ne manque qu’un léo­pard – ils vivent dans la zone mais sont ra­re­ment aper­çus – pour s’ima­gi­ner dans une toile du Doua­nier Rous­seau.

La fin de la ran­don­née em­prunte un es­pace fo­res­tier dense où vivent élé­phants et buffles. De hauts et nobles cam­phriers mous­sus poussent sur ces pentes plus douces où l’eau abonde. Avant de re­ga­gner la val­lée, de ver­doyants pla­teaux tra­ver­sés par un puis­sant tor­rent fi­nissent d’agré­men­ter la longue marche du mont Ke­nya. A 2 950 m, les ca­banes de Cho­go­ria Ban­das offrent un ré­con­fort mé­ri­té après quatre jours en haute al­ti­tude. Chaque mai­son­nette pos­sède sa che­mi­née et le feu de bois per­met d’ou­blier les ri­gueurs du froid et de l’hu­mi­di­té su­bies sur un des toits de l’Afrique.

EN CIN­QUANTE ANS, LA PO­PU­LA­TION LIONS DE EN AFRIQUE A CHU­TÉ DE 80 %

Quelques heures de route suf­fisent pour at­teindre le Parc na­tio­nal de Me­ru, si­tué au pied du mont Ke­nya. Avec ses 870 km2, cette zone pro­té­gée re­vient de loin. Créé il y a cin­quante ans, le parc connut le bra­con­nage sys­té­ma­tique de ses élé­phants, rhi­no­cé­ros et lions au cours des an­nées 1980, no­tam­ment du fait de bandes ar­mées ve­nues de So­ma­lie. Dé­ci­mée, la faune a dû être ré­ins­tal­lée dans le parc de Me­ru au prix d’ef­forts ma­té­riels et fi­nan­ciers consi­dé­rables. Me­née conjoin­te­ment, à par­tir de 1999, par le Ke­nya Wild­life Ser­vice, char­gé des parcs et des ré­serves du pays, et deux or­ga­nismes fran­çais, l’Agence fran­çaise de dé­ve­lop­pe­ment et le Fonds fran­çais pour la na­ture et l’en­vi­ron­ne­ment, l’opé­ra­tion a été cou­ron­née de suc­cès. Etroi­te­ment sur­veillé jour et nuit par des ran­gers ar­més, le Parc na­tio­nal de Me­ru a re­trou­vé vie. Plu­sieurs mil­liers d’ani­maux ont été sé­lec­tion­nés et cap­tu­rés dans d’autres ré­serves avant d’y être trans­fé­rés.

Un sanc­tuaire pour les rhi­no­cé­ros a vu leur po­pu­la­tion se mul­ti­plier.

Rhi­no­cé­ros blancs et noirs par­courent leur vaste en­clos. Et ils ar­borent tous leur corne, alors qu’on leur sciait au­tre­fois cet ap­pen­dice pour dis­sua­der les bra­con­niers. Les trou­peaux d’élé­phants se sont ré­gé­né­rés. An­ti­lopes et ga­zelles abondent. Dans les nom­breux cours d’eau vivent hip­po­po­tames et cro­co­diles. Cu­rio­si­té lo­cale : Me­ru abrite des gi­rafes et des zèbres d’une race particulière. Les gi­rafes ré­ti­cu­lées, dont le pe­lage est ta­che­té de formes qua­si géo­mé­triques de cou­leur sombre, ne se trouvent que dans cette zone, de même que les

zèbres de Gré­vy – du nom du cé­lèbre Jules, l’homme po­li­tique fran­çais, qui en re­çut un en ca­deau et qu’il confia au Jar­din des Plantes, aux rayures plus fines et de sta­ture plus pe­tite que ceux des zones mé­ri­dio­nales du pays. Contrai­re­ment à la cé­lèbre ré­serve du Ma­sai Ma­ra (voir plus loin), le Parc na­tio­nal de Me­ru ar­bore une vé­gé­ta­tion abon­dante et re­çoit des pré­ci­pi­ta­tions im­por­tantes. Les ani­maux évo­luent donc par­mi les arbres, les bos­quets et sou­vent dans une épaisse fo­rêt. Ce cô­té vert et luxu­riant (ain­si que la ra­re­té des tou­ristes) en fait un es­pace agréable où l’on dé­couvre sou­vent les ani­maux sau­vages au der­nier mo­ment et sans su­bir une co­hue de vé­hi­cules au­tour d’eux.

Mais on ne peut par­ler de ce parc sans évo­quer la lionne El­sa, pro­mue star mon­diale grâce à un livre adap­té au ci­né­ma. Or­phe­line, la lionne fut adop­tée par un couple de Bri­tan- niques, Joy et George Adam­son – qui tra­vaillaient dans le Parc de Me­ru – en 1956. Ils par­vinrent non seule­ment à l’éle­ver, mais aus­si à la ré­adap­ter en­suite à la vie sau­vage. Au point qu’elle eut à son tour des lion­ceaux qu’elle vint leur pré­sen­ter après leur nais­sance. Cette histoire, re­la­tée dans un livre par Joy Adam­son, de­vint un best-sel­ler avant d’être adap­tée au ci­né­ma en 1966. Le film fut cou­vert de ré­com­penses et les ac­teurs prin­ci­paux qui in­car­naient le couple, Vir­gi­nia McKen­na et Bill Tra­vers, dé­ci­dèrent plus tard de créer une fon­da­tion, bap­ti­sée Born Free comme le titre du film, pour dé­fendre la vie sau­vage, no­tam­ment les lions, dans le monde. Au­jourd’hui, Born Free est pré­si­dée par Will Tra­vers, le fils des deux ac­teurs. Nous l’avons ren­con­tré au parc de Me­ru alors qu’il y ins­pec­tait les opé­ra­tions de sa fon­da­tion dé­diées aux lions. « Après le tour­nage du film, mon père a réa­li­sé un do­cu­men­taire consa­cré à la ving­taine de lions uti­li­sés pour le film. Et il s’est pas­sion­né pour leur conser­va­tion tout en se liant d’ami­tié avec George Adam­son. Born Free est né ain­si. » Will Tra­vers consi­dère que les lions ne sont pas as­sez pro­té­gés et qu’ils sont « sous-re­pré­sen­tés » par com­pa­rai­son avec les élé­phants et les rhi­no­cé­ros. « Il y a cin­quante ans, ex­plique-t-il, l’Afrique comp­tait 100 000 lions. Au­jourd’hui, ils ne sont plus que 20 000. La po­pu­la­tion d’élé­phants, elle, est de plus de 400 000 in­di­vi­dus et celle des rhi­no­cé­ros, d’en­vi­ron 25 000. »

Se­lon Will Tra­vers, les lions sont à la fois vic­times de la trans­for­ma­tion de leur en­vi­ron­ne­ment que l’agri­cul­ture frag­mente et dé­friche, des ven­geances consé­cu­tives aux at­taques contre le bé­tail et du poi­son dé­po­sé par les fer­miers dans des car­casses de chèvres ou de mou­tons. « Ici, dit-il, nous ten­tons de re­peu­pler une zone de 4 000 km² – dont le parc – car nous consi­dé­rons qu’un mil­lier de lions pour­raient y vivre. »

Se­lon le re­cen­se­ment que Born Free a réa­li­sé en 2016 →

→ dans le parc de Me­ru, ce­lui-ci ne comp­te­rait que 59 lions… Will Tra­vers et ses équipes luttent aus­si contre la pose de pièges par les bra­con­niers. « Il y a deux ans, ra­con­tet-il, nous avons ré­cu­pé­ré 1 400 pièges, l’an der­nier 200 et cette an­née, nous n’en sommes qu’à 50. Donc ça marche. » Si le re­peu­ple­ment fonc­tion­nait, la dé­marche de Born Free vien­drait consa­crer le re­gain com­plet du parc de Me­ru, que l’on avait cru si­nis­tré au mi­lieu des an­nées 1990.

Der­nière étape, la Ré­serve na­tio­nale du Ma­sai Ma­ra, aux confins de la Tan­za­nie.

Le lieu est plus cou­ru, donc les tou­ristes net­te­ment plus nom­breux qu’à Me­ru. Mais, en cette fin du mois de juin, la ré­serve connaît un des spec­tacles les plus ex­tra­or­di­naires de l’an­née : la grande mi­gra­tion des her­bi­vores qui passent de la rive sud à la rive nord de la ri­vière Ma­ra pour pro­fi­ter des pâ­tu­rages où l’herbe a pous­sé à la fa­veur de la sai­son des pluies. Zèbres et gnous ne se dé­placent pas de la même ma­nière. Les pre­miers avancent en trou­peaux de quelques di­zaines d’in­di­vi­dus. Ils font de nom­breuses haltes et se montrent pru­dents et mé­fiants face à la foule des pré­da­teurs. Les se­conds font de la mi­gra­tion ex­press : par­fai­te­ment ali­gnés, ils ga­lopent sans s’ar­rê­ter en sui­vant un chef de file qui les conduit des col­lines vers la ri­vière. Il n’existe que quelques points de pas­sage sur le Ma­ra où les ani­maux peuvent dé­va­ler la pente sur une rive et re­mon­ter de l’autre cô­té. Sur le reste du cours, la ri­vière coule entre deux fa­laises d’une di­zaine de mètres de haut im­pos­sibles à fran­chir.

Ce ma­tin-là, les gnous ont choi­si un gué à proxi­mi­té d’une prai­rie. La pente qui des­cend vers l’eau est raide et partagée en son mi­lieu par un gros ro­cher gris. Une tren­taine d’ani­maux com­mencent à la dé­va­ler avant de se ra­vi­ser une pre­mière fois en voyant l’eau. A une ving­taine de mètres du gué, deux cro­co­diles se sont glis­sés dans le cou­rant. On ne voit dé­pas­ser que leurs yeux, leurs na­rines et les écailles de la queue qui on­doie dans le cou­rant. Les gnous res­tent sur la berge. Il fau­dra que les zèbres se joignent au groupe pour dé­clen­cher la tra­ver­sée. Ar­ri­vés au bord, ils hé­sitent aus­si. Mais leur seule pré­sence in­cite les gnous à y al­ler. Et le mou­ve­ment se met en branle. Les pre­miers ani­maux se lancent su­bi­te­ment dans l’eau. Un chaos indescriptible s’en­suit dans le Ma­ra : les gnous qui n’étaient pas en­core sur la berge dé­valent la pente, se re­trouvent sur le dos des autres, tré­buchent sur leurs voi­sins. En quelques mi­nutes, des cen­taines d’ani­maux tra­versent le cou­rant. Les zèbres se sont mê­lés au flot. Les deux cro­co­diles res­tent à bonne dis­tance. Vi­si­ble­ment, ils n’ont au­cune en­vie d’être pié­ti­nés par ce trou­peau de fu­rieux. Le pas­sage dure de longues mi­nutes entre nuages de pous­sière et écla­bous­sures. Pe­tit à pe­tit, la co­hue s’es­tompe. Des zèbres qui avaient pré­fé­ré at­tendre ar­rivent en fin de co­lonne. C’est le mo­ment que choi­sit un­des­cro­co­di­les­pours’ap­pro­cher.Sou­dain,un­des­zè­bres­tré­bu­che­dansl’eau.Le­sau­rien­luia­sai­si­le­pos­té­rieur­gauche.Mais le zèbre ne tombe pas. Il prend ap­pui sur ses autres membres et se li­bère d’une ruade. Le cro­co­dile a ra­té sa proie. Gnous et zèbres ne sont pas au bout de leurs peines. Ils ont certes at­teint les verts pâ­tu­rages qu’ils convoi­taient. Mais d’autres pré­da­teurs tout aus­si re­dou­tables les guettent par­mi les herbes hautes : les lions. A cette heure-ci, les her­bi­vores n’ont pas grand-chose à craindre. Les fauves – lions, gué­pards ou léo­pards – sont nour­ris. Ils ont chas­sé pen­dant la nuit. Le dan­ger sur­vien­dra à la tom­bée du jour quand les lionnes, chas­seuses re­dou­tables qui opèrent en groupe – au­ront be­soin de viande pour elles et leurs lion­ceaux. Les mil­liers de gnous et de zèbres dis­per­sés par­mi les herbes hautes leur en four­ni­ront l’oc­ca­sion. ■

DANS UN CHAOS INDESCRIPTIBLE, LES ANI­MAUX SE LANCENT DANS L’EAU

Le Parc na­tio­nal du mont Ke­nya et sa ré­serve fo­res­tière sont ins­crits de­puis 1997 au pa­tri­moine mon­dial de l’Unes­co.

Scène de la vie sau­vage dans les plaines du Ma­sai Ma­ra. Un im­pa­la scrute l’ho­ri­zon, ses fe­melles ser­rées au­tour de lui. Plus loin, un lion pa­resse sur un lit d’herbe tendre. Le fes­tin at­ten­dra.

Ve­nus de Tan­za­nie, des mil­liers de zèbres et de gnous suivent les pluies, pro­messes de nou­velles pâ­tures. De juin à oc­tobre, cette grande mi­gra­tion fait le spec­tacle dans le Ma­sai Ma­ra.

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