Dans la tête ima­gi­naire de... Grace Kel­ly

Le Figaro Magazine - - Entrées Libres -

Ce­la fe­ra trente-cinq ans, le 14 sep­tembre pro­chain, que la prin­cesse de Mo­na­co a trou­vé la mort à la suite d’un ac­ci­dent de voi­ture, sur­ve­nu la veille au vo­lant de sa Ro­ver. Os­ca­ri­sée en 1955 pour son rôle dans Une fille de la pro­vince,

hé­roïne d’Al­fred Hit­ch­cock dans trois clas­siques du cinéma, im­mor­ta­li­sée par An­dy Wa­rhol, l’épouse amé­ri­caine de Rai­nier de­meure une in­dé­mo­dable étoile de Hol­ly­wood. Ren­contre au pa­ra­dis.

Comment ex­pli­quez-vous votre po­pu­la­ri­té tou­jours in­tacte au­près du pu­blic ?

Je le dois d’abord à ma fa­mille, qui de­meure d’une fi­dé­li­té sans faille à ma mé­moire. J’en veux en­core pour preuve la ré­cente ini­tia­tive d’Al­bert, qui a ra­che­té ma mai­son d’en­fance si­tuée à Phi­la­del­phie pour y pré­sen­ter des ex­po­si­tions cultu­relles. Ah, Al­bert ! J’avais re­çu 200 000 or­chi­dées le jour de sa nais­sance.

Il y a aus­si vos films…

Si j’en juge par les échos, c’est sûr qu’ils res­te­ront da­van­tage dans les es­prits que le long­mé­trage qu’Oli­vier Da­han a consa­cré à ma vie.

Que pen­sez-vous de la prin­cesse Char­lène, qui vous a suc­cé­dé ?

Elle tient ma­gni­fi­que­ment son rang. An­cienne cham­pionne de na­ta­tion, elle au­rait été très com­plice avec mon père, qui avait dé­cro­ché trois mé­dailles d’or aux Jeux olym­piques en avi­ron.

Que vous a-t-il dit quand vous vous êtes re­trou­vés au pa­ra­dis ?

Quand j’étais jeune, il me trou­vait trop dans la lune. Plus tard, il n’a pas ap­prou­vé ma pas­sion pour la scène. Mais je n’ai ja­mais ou­blié son édu­ca­tion « à la prus­sienne », dé­diée au culte de l’ef­fort. En tant que prin­cesse, je ne pense pas avoir tra­hi son enseignement. Il m’a donc dit qu’il était fier de moi.

Vous sou­ve­nez-vous de votre ar­ri­vée dans la prin­ci­pau­té ?

Comme si c’était hier ! C’était le 12 avril 1956. J’avais dé­bar­qué du pa­que­bot Cons­ti­tu­tion avec mes 56 va­lises et mes 4 malles. Mêmes sou­ve­nirs im­pé­ris­sables de ma pre­mière ren­contre avec Rai­nier. Ce jour-là, il y a eu une panne d’élec­tri­ci­té dans mon hô­tel, je n’avais pas un cha­peau as­sor­ti à ma robe… et mon fu­tur ma­ri est ar­ri­vé en re­tard. Le ren­dez-vous était presque par­fait.

Quand il vous a re­jointe, lui avez-vous re­pro­ché de vous avoir in­ter­dit de pour­suivre votre car­rière ?

C’est de l’histoire an­cienne ! Mais il est vrai qu’il avait pro­non­cé ces pa­roles : « Plus de cinéma pour ma­de­moi­selle Kel­ly ! » Quand il a lâ­ché du lest, je suis res­tée fi­dèle à Mo­na­co en dé­pit d’un rôle dans

Pas de prin­temps pour Mar­nie. Je sou­hai­tais ex­clu­si­ve­ment me consa­crer à ma fa­mille, à mes obli­ga­tions puis à ma fon­da­tion.

De quoi par­lez-vous avec Hit­ch­cock ?

Le sus­pense doit res­ter en­tier.

Avec Cary Grant ?

Du bai­ser que nous avons échan­gé dans La Main au col­let. Nous avions de l’al­lure, non ? Cary n’ar­rive pas à croire que je suis de­ve­nue ar­rière-grand-mère.

Avec Ga­ry Coo­per ?

On échange peu. Il pré­fère me fre­don­ner Do Not For­sake Me, Oh My Dar­lin’ (Si toi aus­si tu m’aban­donnes,

en fran­çais), le gé­né­rique du Train sif­fle­ra trois fois.

Fré­quen­tez-vous James Ste­wart, votre par­te­naire dans « Fe­nêtre sur cour » ?

Quand je veux être in­for­mée des ra­gots qui cir­culent sur moi, je fais aus­si­tôt ap­pel à lui.

Le ciel bleu de la Ri­vie­ra ne vous manque-t-il pas ?

J’aime mieux le vert, qui me rap­pelle mes ra­cines ir­lan­daises. Lors de l’ac­cou­che­ment de Ca­ro­line, j’avais re­peint la bi­blio­thèque du pa­lais dans cette cou­leur pour lui por­ter chance.

Le cli­mat est-il se­rein avec de Gaulle ?

Ce­la se passe entre gens cour­tois. Mais il pré­fère la com­pa­gnie de Ja­ckie, et moi celle de Si­na­tra.

Quels nou­veaux « ar­ri­vants » ont toute votre sym­pa­thie ?

Prince, évi­dem­ment.

Que vous a dit saint Pierre en ar­ri­vant ?

Nous vous ren­dons grâce.

PRO­POS MI­RA­CU­LEU­SE­MENT RE­CUEILLIS PAR PIERRE DE BOISHUE

Avant de de­ve­nir prin­cesse de Mo­na­co, en 1956, Grace Kel­ly in­car­na l’hé­roïne hit­ch­co­ckienne par ex­cel­lence avec « Le crime était presque par­fait »,

« Fe­nêtre sur cour » et « La Main au col­let ».

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