“LA RI­CHESSE DU PAYS BASQUE EST DANS SA DI­VER­SI­TÉ”

Le Figaro Magazine - - Collecions Secrétes -

Né à Saint-Jean-de-Luz, Bixente Li­za­ra­zu n’a ja­mais réel­le­ment quit­té la ré­gion. Si sa car­rière de foot­bal­leur pro­fes­sion­nel l’a me­né à Bor­deaux, Bil­bao puis Mu­nich pen­dant huit an­nées (pé­riode qu’il qua­li­fie de « fa­bu­leuse à vivre » car il y a ga­gné tous les titres pos­sibles), l’en­fant du pays re­tourne, dès qu’il en a l’oc­ca­sion, sur la terre de ses ori­gines. Au­jourd’hui consul­tant spor­tif pour TF1 et TMC, il par­tage son temps entre la ca­pi­tale et les en­vi­rons de SaintJean. Il y re­trouve sa fa­mille et un équi­libre idéal, pui­sant ses forces dans la na­ture foi­son­nante du pays et l’iden­ti­té pré­gnante de son peuple. Ar­chi­tec­ture, gas­tro­no­mie, sport, langue… Rien ici ne se fait vrai­ment comme dans le reste de la France. Il nous a re­çus avant d’en­ta­mer une an­née par­ti­cu­liè­re­ment char­gée avec, en point de mire, la Coupe du monde 2018, à par­tir du 14 juin, en Rus­sie. Pre­mier ren­dez­vous d’im­por­tance : le 31 août, à Pa­ris, où la France ren­con­tre­ra les Pays-Bas en match de qua­li­fi­ca­tion.

Comment dé­fi­nis­sez-vous votre lien avec le Pays basque ?

Il est avant tout fa­mi­lial, gé­né­ra­tion­nel, puisque j’y suis né. C’est une terre avec une culture forte. J’ai eu la chance de dé­cou­vrir d’autres ré­gions fa­bu­leuses comme la Po­ly­né­sie, l’In­do­né­sie ou le Bré­sil, mais je reste pro­fon­dé­ment mar­qué par cette iden­ti­té. Dès que je rentre, je re­trouve des sen­sa­tions, des odeurs fa­mi­lières, une res­pi­ra­tion spé­ci­fique qui me font me sen­tir libre, chez moi, comme dans un re­fuge. C’est mon équi­libre. Je tra­vaille à Pa­ris prin­ci­pa­le­ment et je re­viens chaque se­maine pas­ser deux jours pour me dé­con­nec­ter de tout, me re­po­ser et me re­char­ger. J’ai re­mar­qué que tous les en­droits qui mêlent mer et mon­tagne pos­sèdent une éner­gie par­ti­cu­lière.

Quelle est la meilleure sai­son pour l’ap­pré­cier ?

Le Pays basque se pra­tique à l’an­née. Pas seule­ment en été. D’ailleurs, il est tout à fait pos­sible de se prendre des seaux d’eau sur la tête en plein mois d’août. Pour être hon­nête, je l’aime sur­tout quand il n’y a per­sonne. Donc, pas pen­dant la trêve es­ti­vale. En au­tomne, la lu­mière sur la mer et la mon­tagne est tout sim­ple­ment ma­gni­fique. En hi­ver, les pistes de ski nous tendent les bras. Au prin­temps, la vé­gé­ta­tion se re­met en route dans une ex­plo­sion de cou­leurs et de par­fums. Ce qui est fa­bu­leux, c’est que l’on peut être confron­té aux quatre sai­sons dans la même jour­née. Il faut donc sa­voir adap­ter ses ac­ti­vi­tés aux ca­prices du temps. Par bon­heur, on dis­pose d’énor­mé­ment d’ac­ti­vi­tés dif­fé­rentes. Il est pos­sible de vi­si­ter un vil­lage ty­pique dans l’ar­riè­re­pays ou une ci­dre­rie au Pays basque es­pa­gnol le ma­tin puis re­ve­nir sur­fer les vagues ou jouer à la pe­lote basque l’après­mi­di. Et fi­nir par un res­tau­rant gas­tro­no­mique dans la soi­rée. La côte est par­fai­te­ment adap­tée aux fa­milles et aux en­fants, loin du cli­ché plage et boîte. La ri­chesse de la ré­gion est dans sa di­ver­si­té.

Vous res­tez un hy­per­ac­tif du sport ?

Le sport est ef­fec­ti­ve­ment une ad­dic­tion pour moi. On pour­rait dire une ma­la­die qui me fait du bien. J’ai eu la chance d’avoir des pa­rents qui m’ont lais­sé as­sou­vir ma pas­sion pour le football et de­ve­nir pro­fes­sion­nel. Mais, pen­dant la pause hi­ver­nale, j’ai tou­jours pra­ti­qué d’autres dis­ci­plines de ma­nière lu­dique comme le surf, la voile, la plon­gée sous-ma­rine, le ski ou en­core le tennis. Tous les sports sont fa­ci­le­ment ac­ces­sibles ici. Au­jourd’hui, je trouve dans le jiu-jit­su bré­si­lien (il a été cham­pion d’Eu­rope vé­té­ran en 2009, ndlr) un art de com­bat au corps à corps fas­ci­nant consis­tant à uti­li­ser l’éner­gie de l’ad­ver­saire. Ce­la m’au­rait ser­vi dans ma car­rière de foot­bal­leur. Je passe aus­si beau­coup de temps à faire du vé­lo ou à cou­rir sur les pentes du mas­sif de la Rhune. C’est ma mon­tagne fé­tiche, à seule­ment vingt mi­nutes de Saint-Jean-de-Luz et un re­père

im­por­tant que l’on aper­çoit de­puis la mer. J’aime dé­mar­rer mes ba­lades de­puis les vil­lages de Sare ou d’Ain­hoa. Je n’en fi­nis pas de la re­dé­cou­vrir.

La na­ture semble vous te­nir à coeur…

Cette ré­gion offre une qua­li­té d’air et d’eau ex­cep­tion­nelle. Il faut pré­ser­ver ce­la. De­puis 1990, je suis membre de la Sur­fri­der Foun­da­tion, une as­so­cia­tion pour la pro­tec­tion des lit­to­raux et des océans. Elle est ba­sée à Biar­ritz, mais elle lutte pour la sau­ve­garde de tous les lit­to­raux, pas seule­ment ceux de la Côte basque. Il s’agit d’un en­jeu glo­bal. Nous de­vons trou­ver un juste com­pro­mis entre l’ac­ti­vi­té hu­maine et les dé­chets qu’elle gé­nère, car la pla­nète n’est pas ex­ten­sible à l’in­fi­ni. Je ne veux don­ner de le­çons à per­sonne, mais il me semble juste de m’in­ves­tir dans une cause aus­si es­sen­tielle.

Bouche-à-oreille Les adresses na­ture de Bixente Li­za­ra­zu : « La route de la cor­niche à Hen­daye pour ses cou­chers de so­leil splen­dides ; le mont Jaiz­ki­bel qui do­mine le vil­lage es­pa­gnol de Fon­tar­ra­bie pour ses ba­lades avec vue sur la mer ; le mas­sif de la Rhune, pour ses pay­sages de mon­tagne. »

Bixente Li­za­ra­zu pra­tique de nom­breux sports dont le surf, vé­ri­table ins­ti­tu­tion régionale.

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