LA PE­LOTE : TOUT UN ART !

Le Figaro Magazine - - Collecions Secrétes -

Un noyau en la­tex ou en buis, un peu de co­ton ou de laine, et du cuir de chèvre ! Voi­là tout ce qu’il faut pour confec­tion­ner la pe­lote, c’est-à-dire la balle uti­li­sée dans les jeux de pe­lote basque.

« Sans ou­blier beau­coup de sa­voir-faire », ajoute An­der Ugarte, der­nier fa­bri­cant tra­di­tion­nel. Ar­dent dé­fen­seur de l’iden­ti­té basque, l’homme s’at­tache à réa­li­ser des balles par­faites, dans le res­pect d’une tra­di­tion sé­cu­laire, comme un rem­part à la perte d’iden­ti­té qui, se­lon lui, me­nace son peuple. Dé­tails ré­vé­la­teurs, son ré­pon­deur té­lé­pho­nique et son site in­ter­net sont en basque. Et, s’il parle le fran­çais, il lui pré­fère le basque, voire le cas­tillan.

Il nous a conté l’histoire de ce sport ré­gio­nal, né dans les fau­bourgs de San Se­bas­tián sous l’im­pul­sion de jeunes gens dé­lais­sant la cam­pagne pour par­ti­ci­per à la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle. Cette évo­lu­tion du jeu de longue et courte paume se pra­ti­quait sur la mu­raille qui cein­tu­rait la ville, seul ter­rain de jeu ac­ces­sible pour la po­pu­la­tion. Pe­tit à pe­tit, les règles ont évo­lué en in­té­grant les élé­ments na­tu­rels, dont les murs (la ces­ta pun­ta se joue sur trois murs). En pa­ral­lèle, les gants de cuir ont mué en chis­te­ra et les pe­lotes se sont mi­nia­tu­ri­sées pour al­ler de plus en plus vite. C’est ici que l’on a eu l’idée de rem­pla­cer le noyau de buis par du la­tex afin d’aug­men­ter le re­bond. Cette pe­lote porte en elle toute l’âme du peuple basque. Celle de la ces­ta pun­ta est la plus ra­pide, toute en la­tex et re­cou­verte de deux couches de cuir. Il faut une heure pour ter­mi­ner une balle ven­due 5 eu­ros en moyenne. Comme au tennis, elles sont chan­gées ré­gu­liè­re­ment en com­pé­ti­tion, tous les 3 ou 4 points. Tout va bien pour An­der Ugarte, qui four­nit les pro­fes­sion­nels de toutes les dé­cli­nai­sons de la dis­ci­pline : grand chis­te­ra, pa­le­ta, xare, main nue, re­bot… Mais il es­time que les nou­veaux ve­nus ne res­pectent pas le ca­hier des charges. Le sa­voir-faire est en train de dis­pa­raître. On compte sur lui pour per­pé­tuer la tra­di­tion. (Pun­pa­pe­lo­ta.com).

Bouche-à-oreille Les conseils d’An­der Ugarte : « Le mont Xol­do­ko­gai­na, pour ses ran­don­nées dans le der­nier pa­ra­dis ; le res­tau­rant Os­ta­la­mer à Saint-Jean-de-Luz, pour sa vue sur l’Océan et les Py­ré­nées, et le col d’Ibañe­ta, lieu my­thique où dis­pa­rut le che­va­lier Ro­land. »

An­der Ugarte, der­nier fa­bri­cant tra­di­tion­nel de pe­lote basque.

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