L’af­fiche/Les passe-temps d’Eric Neu­hoff

Le Figaro Magazine - - Sommario -

Mine de rien, il signe dé­jà son hui­tième al­bum ! Une lon­gé­vi­té que Ra­phaël doit sû­re­ment à sa pro­pen­sion à va­rier les plai­sirs. Sur An­ti­cy­clone (Co­lum­bia), le mu­si­cien de 41 ans s’em­ploie en­core à sur­prendre son pu­blic, puis­qu’il y aban­donne sa gui­tare au pro­fit d’un pia­no. Ré­sul­tat : onze titres, plus pla­nants qu’à l’ac­cou­tu­mée mais tout aus­si convain­cants dans le re­gistre pop-variété. Un disque nour­ri par ses ré­centes escapades en Inde et en Ita­lie, en­re­gis­tré en live sous la di­rec­tion de Gaëtan Roussel, au fil du­quel il se penche sur les tour­ments de l’âme hu­maine et sur les maux de notre pla­nète. Sur le plan per­son­nel, il s’offre un duo tendre avec la mère de ses deux en­fants, l’ac­trice Mé­la­nie Thier­ry. Il s’au­to­rise aus­si à bap­ti­ser un mor­ceau Re­tour­ner à la mer, du nom de son ou­vrage ré­cem­ment ré­com­pen­sé par le prix Gon­court de la nou­velle. La scène a dé­jà re­pris ses droits (Brest et Nantes ce week-end, le Ca­si­no de Pa­ris la se­maine pro­chaine). Cha­leur as­su­rée un peu par­tout en France…

PIERRE DE BOISHUE

SPEC­TACLE

LPHILO-THÉÂTRE

’au­teur Fa­brice Ro­ger-La­can a le rare mé­rite de trai­ter sur le mode lé­ger des pro­blèmes graves, voire mé­ta­phy­siques. Il y a chez lui du Di­de­rot et du Gui­try. Avec

La Vraie Vie * il met haut la barre. La conver­sa­tion tourne au­tour de cette ques­tion : qu’est-ce que la vraie vie ? C’est la pensée, dit l’un. Non, ce sont les gènes, ré­pond l’autre. Non, dit le troi­sième, c’est mé­tro­bou­lot-do­do, et un en­fant si on peut le faire.

Et à l’ap­pui de ci­ter Hegel, So­crate, Nietzsche, etc. Diantre ! C’est très amu­sant, mais on n’a pas la ré­ponse. Dom­mage ! Pour faire pas­ser la pi­lule phi­lo­so­phique, l’au­teur et le met­teur en scène – Ber­nard Mu­rat, qui joue aus­si le vieux sage avec beau­coup de drô­le­rie – ajoutent à la pièce un grain de fo­lie sur­réa­liste que jouent avec en­train Léa Dru­cker, Anne Be­noît et Guillaume de Ton­qué­dec.

PHI­LIPPE TES­SON * Théâtre Edouard-VII.

EX­PO

DOUCE RUS­SIE

Il est russe, n’avait ja­mais été ex­po­sé en France, et ses pho­tos en noir et blanc rap­pellent celles de Car­tier-Bres­son et Kou­del­ka, des maîtres dont il se re­ven­dique. Emil Ga­taul­lin a pas­sé son en­fance dans un pe­tit vil­lage à l’écart de Mos­cou et c’est cette Rus­sie ru­rale, in­tem­po­relle, loin des cli­chés oc­ci­den­taux d’une industrialisation ef­fré­née, qu’il dé­voile avec poé­sie *. Ses images ne sont ni nos­tal­giques, ni idéa­li­santes : juste des tranches de vie, une dé­cla­ra­tion d’amour à son pays, une er­rance romantique sur une terre in­con­nue où le temps s’est ra­len­ti. D’un ins­tant ba­nal, il crée un mo­ment ma­gique et en­chan­teur. Un ta­lent à dé­cou­vrir ! CYRIL DROUHET * « To­wards Ho­ri­zon », Ga­le­rie Cos­mos (Pa­ris VIIe), jus­qu’au 21 oc­tobre.

EX­PO

ZORN, CET IN­CON­NU

Le vi­si­teur sort du Pe­tit Pa­lais (Pa­ris VIIIe) l’oeil en fête. Non seu­le­ment on y dé­couvre une oeuvre mal connue ici, celle du Sué­dois An­ders Zorn, mais l’ar­tiste est un vir­tuose – de l’éclai­rage et du ca­drage. Même à l’aqua­relle, que l’au­da­cieux traite en grands formats, il ex­celle à cap­ter le cla­po­tis des vagues dans l’ar­chi­pel de Stock­holm, la lu­mi­no­si­té du port d’Al­ger, les re­flets du so­leil sur la blonde che­ve­lure d’une bai­gneuse au bord d’un lac de sa ré­gion na­tale, la Da­lé­car­lie. A la Belle Epoque, ins­tal­lé à Pa­ris, il por­trai­tu­rait la grande bour­geoi­sie, le monde des arts, de l’in­dus­trie. Ami et concur­rent de Bol­di­ni et de Sargent, il était re­cher­ché, cé­lé­bré. Le maître n’avait pas été ex­po­sé chez nous de­puis 1906. Re­tour en grâce.

LAU­RENCE MOUILLEFARINE

MU­SIQUE

UN MI­RACLE

Ré­cem­ment, les Je­sus and Ma­ry Chain se sont re­trou­vés pour en­re­gis­trer un nou­vel al­bum, ex­cellent contre toute at­tente. C’est au tour du Dream Syn­di­cate de ré­ac­ti­ver la légende après trente ans de si­lence. Avec suc­cès, ce qui n’est pas le cas de tous – voir les Pixies. Me­né par Steve Wynn, ce groupe avait été le cham­pion d’une scène californienne nom­mée « Pais­ley Un­der­ground » au dé­but des an­nées 80. En gros, de très jeunes hommes et femmes in­té­res­sés par le Velvet Un­der­ground, les Byrds, Neil Young, le psy­ché­dé­lisme et Bob Dy­lan plus que par les groupes de leur temps. Ré­ac­tion­naire mais in­tel­li­gem­ment, le Dream Syn­di­cate avait brillé le temps de trois al­bums dont le pre­mier, The Days of Wine and Roses (1982), reste un clas­sique in­éga­lé. Puis Steve Wynn était par­ti en so­lo le temps d’une car­rière très ho­no­rable. Avec son an­tique for­ma­tion re­cons­ti­tuée, il sort un grand al­bum * qui n’est ni un co­pier-coller, ni une tra­hi­son de ce pour quoi il était tant ai­mé.

NI­CO­LAS UNGEMUTH * How Did I Find My­self Here ? (An­ti/Boo­gie Drug­store).

MU­SIQUE SPEC­TACLE EX­PO

MU­SIQUE EX­PO

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