Les week-ends de... Ber­nard Ma­grez

IL MARCHE EN SO­LI­TAIRE

Le Figaro Magazine - - Sommario - STÉ­PHANE REYNAUD

Avrai dire, c’est le genre d’homme que l’on ima­gine dif­fi­ci­le­ment au re­pos. Trop af­fai­ré pour se lais­ser al­ler au far­niente. « J’ai plus de quatre-vingts ans et je n’ai ja­mais pris de va­cances. Il n’est pas évident que ce­la change », dit-il. Ber­nard Ma­grez, pro­prié­taire de plus de qua­rante do­maines dans le monde, dont quatre grands crus clas­sés, a construit un em­pire vi­ti­cole en pre­nant soin de ne sur­tout pas le­ver le pied. En sep­tembre der­nier, il an­non­çait en­core de nou­velles ac­qui­si­tions. L’homme a ses loi­sirs : une col­lec­tion d’art contem­po­rain de pre­mier ordre, une autre d’ob­jets li­tur­giques, un goût af­fir­mé pour les livres an­ciens, le lancement d’un prix lit­té­raire de pres­tige (re­mis ré­cem­ment à Mi­lan Kun­de­ra pour l’en­semble de son oeuvre)… Tou­te­fois, le ty­coon s’au­to­rise un break heb­do­ma­daire. « Mes week-ends, ce sont des di­manches à L’Herbe, sur la pres­qu’île du cap Fer­ret. J’y vais seul ou avec mon épouse. Mes en­fants ont leurs ha­bi­tudes ailleurs. Le ma­tin, je tra­vaille, et l’après-mi­di, je marche sur les plages. J’em­porte le mi­ni­mum : un sac à dos, une bou­teille d’un litre et de­mi d’eau, ain­si qu’une pointe Bic et un car­net, au cas où j’au­rais une idée à no­ter. Ce qui ne manque ja­mais d’ar­ri­ver. Je prends mon temps, je re­garde les vagues, je ré­flé­chis. Il n’y a ja­mais

Je prends mon temps, je re­garde les vagues, je ré­flé­chis

grand monde. Par­fois, je vois des street ar­tistes qui re­couvrent les an­ciens block­haus de mo­tifs abs­traits. Je vais leur par­ler, je leur de­mande quel est le mes­sage qu’ils veulent faire pas­ser. Ils me ré­pondent, ou pas. »

Le bas­sin d’Ar­ca­chon est une vieille his­toire. « Mes pa­rents avaient une ca­bane cô­té bas­sin. Nous y al­lions en ca­mion Ber­liet pen­dant la guerre. De­puis Bor­deaux, il fal­lait deux heures et de­mie. Mon frère et ma soeur ont conser­vé la mai­son. Quant à moi, j’ai fait construire un peu plus au nord. » Ces der­nières an­nées, le cap Fer­ret, lieu de vil­lé­gia­ture tra­di­tion­nel des Bor­de­lais, est de­ve­nu à la mode. Ber­nard Ma­grez n’a pas pour au­tant chan­gé ses ha­bi­tudes. Au­cune chance de le sur­prendre à la ter­rasse d’un café avec une bande d’amis. « Ce n’est pas mon tempérament. Vous sa­vez, même l’été, je re­trouve le si­lence de la plage. Ce­la me va très bien. Je suis un so­li­taire. »

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