Le match : Who’s Who vs Bot­tin mon­dain

Le Figaro Magazine - - Sommario - GHISLAIN DE MONTALEMBERT

La 49e édi­tion du Who’s Who in France se­ra pu­bliée le 19 oc­tobre. Quand on a réus­si dans la vie, c’est là qu’il est bon de fi­gu­rer ! Grands pa­trons, mi­nistres, en­tre­pre­neurs, écri­vains à suc­cès, di­rec­teurs de mu­sée, spor­tifs de haut ni­veau, mé­de­cins, cher­cheurs, uni­ver­si­taires, stars des four­neaux ou des mé­dias… En 2 000 pages, ce vo­lu­mi­neux an­nuaire rouge ras­semble la quin­tes­sence de l’élite pro­fes­sion­nelle fran­çaise (22 100 membres, dont 83,64 % d’hommes). Cette an­née, 805 nou­velles per­son­na­li­tés y fi­gu­re­ront pour la pre­mière fois, à l’ins­tar de Si­beth Ndiaye, conseillère presse et com­mu­ni­ca­tion de l’Ely­sée, de Na­tha­lie Boy de la Tour, pré­si­dente de la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel (LFP) ; ou en­core de nombre d’élus sor­tis de l’ano­ny­mat par la vague Ma­cron. « Cette édi­tion est très po­li­tique. Il a fal­lu ré­di­ger en ur­gence 397 fiches sur les nou­veaux dé­pu­tés, pour la plu­part in­con­nus du grand pu­blic », confie An­toine Hé­brard, pro­prié­taire du Who’s Who qu’il a ra­che­té en 1984 à Ma­rie-Thé­rèse La­fitte, veuve du fon­da­teur. Mais le pré­sident de HM Edi­tions est un col­lec­tion­neur. En 2001, An­toine Hé­brard s’est aus­si por­té ac­qué­reur du Bot­tin mon­dain. L’autre ré­fé­rence en ma­tière de beau monde, même si cette fois-ci, il ne s’agit pas d’élite pro­fes­sion­nelle mais d’élite so­ciale. Fort de ses 44 000 no­tices, ce re­cueil de 2 100 pages consti­tue la bible de ce que l’on ap­pe­lait au­tre­fois la « bonne so­cié­té ». On s’y ré­fère pour connaître le nom de jeune fille de ma­dame, le cercle de mon­sieur, l’âge des en­fants, etc., mais aus­si pour vé­ri­fier les règles du sa­voir­vivre (comment s’adres­ser à un évêque ou à une prin­cesse de sang ?), les plans des théâtres, des quar­tiers de Pa­ris… De gé­né­ra­tion en gé­né­ra­tion, la bonne bour­geoi­sie y cô­toie les aris­to­crates, même si ces der­niers ne re­pré­sentent plus que 30 % des ins­crits. C’est une ins­ti­tu­tion fa­mi­liale. On y est de père en fils, par tra­di­tion ou par ha­bi­tude. Et c’est bien com­mode pour ceux qui cultivent l’entre-soi. « Le Bot­tin mon­dain est l’an­cêtre de Fa­ce­book, s’amuse An­toine Hé­brard. C’est le tout pre­mier ré­seau so­cial ! » Comment re­joindre ces vé­né­rables ins­ti­tu­tions ? Pour le Who’s Who, grâce à son tra­vail et son in­tel­li­gence. Y fi­gu­rer est une sorte de la­bel mé­ri­to­cra­tique. Pour le Bot­tin mon­dain, il suf­fit de naître dans la bonne fa­mille ; ou de mon­trer que l’on par­tage le mode de vie et les va­leurs des autres membres, ce qui est beau­coup plus sub­til et in­cer­tain. Mais fi­na­le­ment le mieux est en­core de fi­gu­rer dans les deux annuaires. C’est le cas de 5 à 10 % des ins­crits : ceux-là ont tout com­pris aux élites à la fran­çaise !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.