ÇA FAIT FROID DANS LE DOS !

Le Figaro Magazine - - Quartiers Libres -

Comme pour ces pe­tites ha­bi­ta­tions où l’avant est plus soi­gné que l’ar­rière, le vê­te­ment contem­po­rain pri­vi­lé­gie plu­tôt ce qui se voit, l’ap­pa­rat. Poches à ra­bats, re­vers cran­tés, échan­crure et dia­logue avec la cra­vate, mou­choir de po­chette… Le cos­tume est com­po­sé pour être vu de face. Le dos, lui, est né­gli­gé. Même les manches, avec leurs bou­tons dé­li­cats, leurs cou­dières, re­çoivent un meilleur trai­te­ment.

La face ca­chée ne l’a pour­tant pas tou­jours été. Sous l’An­cien Ré­gime, les pa­rures et bro­de­ries en­or­gueillis­saient le dos. Les dé­coupes prin­cesses par­tant de la taille et tour­nant vers les omo­plates fa­cet­taient le buste au plus près du corps, et les sous­taches sou­li­gnaient ces lignes de force. Les bou­tons de taille, les re­plis des basques et les di­verses poches (cou­sines des poches car­niers) com­plé­taient le ta­bleau.

Dans les an­nées 1920, ap­pa­rais­sait la mar­tin­gale, cein­tu­ron cou­su dans les cou­tures, qui marque ho­ri­zon­ta­le­ment la taille. Plus ou moins épaisse, avec ou sans bou­ton, la mar­tin­gale per­met au dos de blou­ser un peu, des plis peuvent être mar­qués au fer. En de­hors de cet es­sai as­sez réus­si, l’his­toire a ces­sé de s’écrire de­puis long­temps. De nos jours, si des te­nues fé­mi­nines pro­posent quelques or­ne­ments et fer­moirs, force est de consta­ter que, pour les hommes, nul ne semble plus y prê­ter at­ten­tion : les vestes sont trop courtes, les épaules tombent af­freu­se­ment… Le pire est peut-être le jean qui pré­sente, sur­tout sur les mes­sieurs qui veulent pa­raître tren­te­naires, un fond de cu­lotte af­fais­sé. Tout est plat, ava­chi, mal fi­chu et laid. Diantre, re­gar­dez-vous dans une glace sous tous les angles !

Tout est plat, ava­chi, mal fi­chu

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