Fran­çois Fillon place la so­li­da­ri­té au coeur de sa cam­pagne de ren­trée

Le Figaro - - POLITIQUE - JEAN-BAP­TISTE GARAT @Fi­ga­rat

APRÈS quelques jours de congé en fa­mille, Fran­çois Fillon a re­trou­vé, à l’oc­ca­sion du ré­veillon de fin d’année, le ter­rain de la cam­pagne pré­si­den­tielle. Sa­me­di soir, c’est à An­gers que le vain­queur de la pri­maire de la droite s’est ren­du. D’abord pour sa­luer les bé­né­voles et les convives d’un dî­ner de ré­veillon or­ga­ni­sé par des as­so­cia­tions ca­ri­ta­tives. Puis il a re­joint les sa­peurs-pom­piers de la ca­serne de la ville et les po­li­ciers de garde au PC sé­cu­ri­té. Ces ren­contres sont ve­nues illus­trer les voeux que l’ancien pre­mier mi­nistre avait pos­tés quelques heures plus tôt sur les ré­seaux so­ciaux. « La France n’est pas épar­gnée par les dif­fi­cul­tés, a-t-il ex­pli­qué dans un mes­sage en­re­gis­tré à son do­mi­cile de So­lesmes dans la Sarthe. Ces dif­fi­cul­tés vous les con­nais­sez. C’est le drame du chô­mage et de la pré­ca­ri­té. C’est la pau­vre­té qui aug­mente. C’est le pou­voir d’achat qui stagne. C’est aus­si le ter­ro­risme qui, à de mul­tiples re­prises, a frap­pé et en­deuillé notre pays. »

Sans at­tendre de connaître la to­na­li­té des voeux pré­sen­tés par Fran­çois Hol­lande, Fran­çois Fillon avait éga­le­ment pa­ré aux at­taques que le chef de l’État lui a adres­sées. « Je suis can­di­dat pour construire avec vous une na­tion libre et puis­sante, a-t-il dé­fen­du. Le mur des cri­tiques ne nous ar­rê­te­ra pas. » Le dé­pu­té de Pa­ris n’a d’ailleurs pas l’in­ten­tion de lais­ser plus longtemps son pro­jet « ca­ri­ca­tu­ré » par ses ad­ver­saires et no­tam­ment par ceux qui l’ac­cusent de vou­loir af­fai­blir le sys­tème de so­li­da­ri­té fran­çais.

Un pro­jet pour tous les Fran­çais

Si Fran­çois Fillon ne ré­pond pas di­rec­te­ment au chef de l’État, ses sou­tiens n’ont pas man­qué de le faire. Ber­nard Ac­coyer, le se­cré­taire gé­né­ral de LR, a dé­plo­ré que Fran­çois Hol­lande ait « choi­si de se com­por­ter da­van­tage en chef de par­ti qu’en pré­sident de tous les Fran­çais, en se lais­sant al­ler à des at­taques mal­ve­nues ».

Après son ins­tal­la­tion dans son nou­veau QG de cam­pagne lun­di, dans le XVe ar­ron­dis­se­ment, Fillon se ren­dra, mar­di ma­tin, dans un centre Em­maüs du XIXe, tou­jours avec la vo­lon­té de prou­ver que son pro­jet de re­dres­se­ment bé­né­fi­cie­ra à tous les Fran­çais, y com­pris ceux dans les si­tua­tions les plus pré­caires. Un mes­sage qu’il de­vrait rap­pe­ler mar­di soir, au 20 heures de TF1.

Fran­çois Bay­rou a, lui, mis en garde tous les can­di­dats contre les pro­messes in­te­nables. Il ne faut « se lais­ser em­por­ter ni par les illu­sions ni par les ex­cès »,

pour évi­ter, « après, le sen­ti­ment de dé­cep­tion », a-t-il ex­pli­qué dans une vi­déo pu­bliée le 31. Le pré­sident du Mo­Dem, qui ré­flé­chit en­core à l’op­por­tu­ni­té de sa can­di­da­ture ou à celle d’un ral­lie­ment à Fran­çois Fillon, a rap­pe­lé son sou­hait de voir pré­ser­vée « notre so­cié­té de so­li­da­ri­té ».

Dans ses voeux, Ni­co­las Du­pontAi­gnan ren­voie gauche et droite dos à dos en condam­nant la « po­li­tique des­truc­trice de­puis vingt ans de notre sys­tème de san­té, de notre école, de nos em­plois, de notre sé­cu­ri­té ». Le can­di­dat dé­cla­ré à la pré­si­den­tielle s’est éga­le­ment dit « cer­tain que l’on peut re­dres­ser le pays sans faire souf­frir les Fran­çais ». Dans une to­na­li­té proche, Ma­rine Le Pen a an­non­cé que 2017 se­rait l’année du « com­bat » contre les « can­di­dats du re­non­ce­ment », « les can­di­dats de la bru­ta­li­té so­ciale, ceux qui veulent cas­ser la san­té, qui veulent cas­ser toute forme de so­li­da­ri­té et de jus­tice ». Comme un avant-goût de la cam­pagne pré­si­den­tielle qui s’ouvre.

DR

Fran­çois Fillon pré­sente ses voeux aux Fran­çais dans un mes­sage en­re­gis­tré à son do­mi­cile de So­lesmes.

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