Fi­sh­bach, le chant ma­gné­tique

Der­nier coup de coeur de l’année écou­lée avec cette ar­tiste de 25 ans, qui sort fin jan­vier un al­bum entre chan­son fran­çaise et élec­tro­pop.

Le Figaro - - CULTURE - OLI­VIER NUC onuc@lefigaro.fr

D Àe­puis un pre­mier EP, en no­vembre 2015, la de­moi­selle est l’ob­jet d’une at­ten­tion sou­te­nue. In­tri­gante jus­qu’à en être dé­ran­geante, sin­gu­lière, an­dro­gyne et exal­tée, la chan­teuse Fi­sh­bach re­cèle un po­ten­tiel énorme, ap­puyé par de si­dé­rantes ap­pa­ri­tions scé­niques. ta mer­ci, son pre­mier al­bum, est l’un des plus at­ten­dus de l’année nouvelle. Sa ré­cente créa­tion – dans le cadre des Trans­mu­si­cales de Rennes – a confir­mé tous les es­poirs pla­cés en elle. Comme avant elle Yann Tier­sen, Gaë­tan Rous­sel ou Jeanne Ad­ded, Fi­sh­bach a su convaincre le pu­blic exi­geant du fes­ti­val le plus dé­fri­cheur de France. « Pour la pre­mière fois, je m’y suis fait ac­com­pa­gner d’amis mu­si­ciens et nous avons créé un nou­veau spec­tacle pour faire vivre les chan­sons de l’al­bum. C’était une ex­pé­rience très in­tense et très pro­duc­tive », ex­plique-t-elle au­jourd’hui, consciente d’avoir fran­chi un cap. Après trois an­nées de pres­ta­tions en so­li­taire, la jeune femme es­père pou­voir pré­sen­ter sa for­mule aux quatre coins de la France. « J’ai­me­rais conti­nuer à faire vivre ce spec­tacle, al­ler le jouer par­tout », avoue-t-elle avec gour­man­dise.

Âgée de 25 ans seule­ment, Flo­ra Fi­sh­bach a gran­di entre la Nor­man­die et Char­le­ville-Mé­zières, ville d’Ar­thur Rim­baud, au sein d’une fa­mille mo­deste : père rou­tier, mère ai­de­soi­gnante. Un foyer où la mu­sique ne te­nait pas une place ma­jeure.

Pre­mier en­vol

«Nous avons une cul­ture “fran­chouillarde” que j’aime beau­coup. Mais ma fa­mille est très ou­verte et m’a lais­sée faire mes propres choix», re­con­naît-elle. Comme beau­coup d’ado­les­cents, c’est par en­nui qu’elle s’est mise à ex­plo­rer les sons du monde, pio­chant al­lé­gre­ment sur la toile. « La mu­sique m’a très vite émue. Quand j’ai eu 14 ans, In­ter­net en­trait dans la mai­son, c’était de la fo­lie. Je me suis cher­chée et for­gée, ac­com­pa­gnée de ces dé­cou­vertes. » Pa­ral­lè­le­ment, un Pyg­ma­lion la prend sous son aile et lui offre un pre­mier en­vol. « J’ai ren­con­tré un type qui ai­mait com­men­cer des pro­jets mu­si­caux avec des non-ini­tiés. C’était une ren­contre, une au­dace. Nous avons for­mé un duo punk. C’était pour moi un mode d’ex­pres­sion fa­bu­leux à 17 ans, alors que je m’en­nuyais dans mes Ar­dennes», se sou­vient-elle.

On l’a dé­jà rap­pro­chée de Jeanne Mas pour les gim­micks an­nées 1980, de Fran­çoise Har­dy pour sa mé­lan­co­lie, mais la ré­fé­rence qui re­vient le plus sou­vent est Ca­the­rine Rin­ger. Pour son tem­pé­ra­ment scé­nique plus qu’en termes d’in­fluence mu­si­cale. « C’est nor­mal que les gens aient be­soin de ré­fé­rences quand ils parlent de mu­sique. Celle-ci est flat­teuse: j’aime beau­coup la dame», avoue Fi­sh­bach, qui n’au­ra bien­tôt plus be­soin de ré­fé­rences pour exis­ter.

« À ta mer­ci » (En­tre­prise/So­ny Mu­sic), sor­tie le 27 jan­vier. Le 14 mars à La Ci­gale (Pa­ris XVIIIe).

SADAKA ED­MOND/SIPA

Fi­sh­bach en concert au Théâtre du Rond-Point, lors du fes­ti­val La Touche fran­çaise, le 5 fé­vrier 2016.

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