Né­go­cia­tions ten­dues sur les trois dé­bats en une se­maine avant le pre­mier tour

Le Figaro - - POLITIQUE - M. S.

TROIS dé­bats en une se­maine. Les sept can­di­dats à la pri­maire de la gauche se pré­parent à un sprint té­lé­vi­suel. Le top dé­part est fixé au 12 jan­vier, pour la pre­mière émis­sion or­ga­ni­sée par TF1, RTL et le ma­ga­zine L’Obs. Les deux autres sui­vront dans la fou­lée les 15 et 19 jan­vier, avant le pre­mier tour le di­manche 22. Les jour­na­listes Gilles Bou­leau, Éli­za­beth Mar­ti­choux et Mat­thieu Crois­san­deau ani­me­ront la toute pre­mière émis­sion qui por­te­ra d’abord sur les ques­tions d’éco­no­mie et de so­cié­té, de Ré­pu­blique et de laï­ci­té, et en­fin celles tou­chant à l’in­ter­na­tio­nal et à la sé­cu­ri­té.

Comme pour la pri­maire de la droite, chaque dé­tail tech­nique a été né­go­cié et ar­bi­tré entre les mé­dias or­ga­ni­sa­teurs et les équipes des can­di­dats. Il a fal­lu com­po­ser avec les exi­gences de cha­cun. « Le re­pré­sen­tant de Valls vou­lait que la ques­tion du ter­ro­risme soit abor­dée à chaque dé­bat! On voyait bien la com­bine, trai­ter le ré­ga­lien uni­que­ment sous le prisme sé­cu­ri­taire, mettre en va­leur l’ancien mi­nistre de l’In­té­rieur puis pre­mier mi­nistre qui a gé­ré les at­ten­tats…», fait sa­voir l’en­tou­rage d’un can­di­dat. « Il s’ap­puyait sur un son­dage qui mon­trait que les Fran­çais sont pré­oc­cu­pés par le ter­ro­risme. Certes. Mais moi je lui ai rap­pe­lé que pour les gens de gauche, la prio­ri­té se si­tuait du cô­té du so­cial et de l’éco­no­mie», abonde Ch­ris­tophe Pier­rel, porte-pa­role de Vincent Peillon. Même ré­ti­cence du cô­té de Be­noît Ha­mon. «On ne va pas faire le dé­bat de la pri­maire de la gauche sur le ter­ro­risme. À un moment don­né, il faut pré­sen­ter un vrai pro­jet de so­cié­té», ap­puie son di­rec­teur de cam­pagne Ma­thieu Ha­no­tin. Les can­di­dats au­ront un peu plus de temps que ceux de la pri­maire de la droite pour ré­pondre, à sa­voir 1 mi­nute 30 au lieu de 1 mi­nute. En tout, les can­di­dats s’ex­pri­me­ront en­vi­ron 17 mi­nutes cha­cun. Le dé­bat à sept, très sac­ca­dé, est un exer­cice dif­fi­cile. Pour cette pre­mière édi­tion, c’est Ma­nuel Valls qui par­le­ra le pre­mier, Fran­çois de Ru­gy le der­nier. Sur le pla­teau, Be­noît Ha­mon se­ra au centre, Ar­naud Mon­te­bourg tout à gauche et Syl­via Pi­nel tout à droite, comme l’a dé­ci­dé le ti­rage au sort du 20 dé­cembre. Les pu­pitres se­ront les mêmes que ceux uti­li­sés pour la droite. «Ce pre­mier dé­bat va vé­ri­ta­ble­ment en­clen­cher la pri­maire, il doit don­ner en­vie de la gauche, si on est chiants on va perdre ! », com­mente Fran­çois Kal­fon, le di­rec­teur de cam­pagne d’Ar­naud Mon­te­bourg. Le can­di­dat du « made in France » a d’ailleurs consa­cré une par­tie de la trêve des fêtes à «pas­ser ses fiches thé­ma­tiques au ta­mis » et à ré­flé­chir à ses pre­mières ph­rases in­tro­duc­tives. «Il y a pen­sé trente fois. Il va y tra­vailler en­core jus­qu’au der­nier moment », as­sure Kal­fon.

Dans cette cam­pagne éclair, les can­di­dats sont conscients que les dé­bats se­ront dé­ci­sifs. Fran­çois Fillon s’était ré­vé­lé très bon dans cet exer­cice. « Il faut des ph­rases per­cu­tantes. La force de Mon­te­bourg se­ra sa co­hé­rence, il n’a pas chan­gé de pied de­puis 2011», jure l’en­tou­rage du can­di­dat, dans une al­lu­sion à Ma­nuel Valls. Presque tous ont pré­vu des exer­cices de si­mu­la­tion. Vincent Peillon, lui, s’en­traî­ne­ra avec des com­mu­ni­cants. «Mais il faut évi­ter d’être dans la com’ fa­çon Eu­ro RSCG des an­nées 1980», pré­vient son en­tou­rage. Les audiences se­ront un pre­mier in­dice de l’in­té­rêt des Fran­çais pour ce scru­tin.

Des ren­dez-vous dé­ci­sifs

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