Cli­mat de con­corde

« Les adieux de Ca­the­rine La­borde » TF1 | 20 h 50 | Di­manche

Le Figaro - - TÉLÉVISION - Fran­çois Au­bel fau­bel@lefigaro.fr

Les dé­pres­sions n’avaient plus de se­crets pour Ca­the­rine La­borde. Elle en sa­vait les tra­jec­toires, les ef­fets, l’im­pé­tuo­si­té par­fois. De­puis 1988, sil­houette fra­gile, douce voix de pin­son, elle fai­sait la pluie et le beau temps à la té­lé­vi­sion. Elle en a vu pas­ser, des masses d’air ora­geuses dans le ciel de TF1. Mais un beau jour d’hi­ver, un di­manche où la pluie ver­gla­çait les routes du nord de la France, comme une maî­tresse d’école qui re­plie le ta­bleau, range ses cartes et re­ferme à ja­mais la porte de sa classe, elle a dis­tri­bué son der­nier bul­le­tin. À 65 prin­temps, elle ne vou­lait pas de­ve­nir « la grand-mère de la mé­téo ». Alors, elle a trou­vé les mots juste pour se pla­cer hors du temps : « Je m’en vais, je pars avec le froid, mais aus­si avec ces sou­ve­nirs que vous m’avez don­nés au fil des an­nées. Cette confiance en moi qui me manque tel­le­ment. Cet amour et cette bien­veillance qui ne vous ont ja­mais quit­tés. C’étaient des mo­ments for­mi­dables, des mo­ments joyeux, des mo­ments de ca­ma­ra­de­rie. Je vous em­porte avec moi. Vous m’ou­blie­rez. Moi, non. Je vous aime. » Pas de per­tur­ba­tion ni de sar­casme à l’ho­ri­zon, sa sor­tie est sa­luée una­ni­me­ment. Même Cy­ril Ha­nou­na a ver­sé sa pe­tite larme sur Twit­ter : « Je t’aime trop, Ca­the­rine La­borde ! Tu m’as trop ému ! » D’où vient ce ré­chauf­fe­ment sou­dain de nos coeurs, cette en­vie d’em­bras­ser ten­dre­ment cette pe­tite gueule d’at­mo­sphère ? Sans doute du fait que la Bor­de­laise de­meu­rait l’un des der­niers ba­ro­mètres fiables de nos exis­tences. L’une des seules, alors qu’un avis de tem­pête me­nace cette année pré­si­den­tielle, à mettre d’ac­cord les Fran­çais. Tous les Fran­çais. Ca­the­rine La­borde va re­trou­ver une autre scène, celle du théâtre. Cet été, elle a dé­jà joué L’Église de Louis-Fer­di­nand Céline, au Fes­ti­val d’Avi­gnon. Une re­traite ac­tive pour la­quelle on lui sou­haite sin­cè­re­ment, et tant pis si ce­la semble un peu fa­cile, bon vent !

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